« Va à l’université et tu vas avoir un bel emploi avec un bon salaire »

diplôme_3

C’est ce qu’on nous dit depuis qu’on se trouve sur les bancs de l’école. C’était peut-être le cas dans le temps de nos parents ou de nos grands-parents, mais aujourd’hui, est-ce qu’il vaut encore la peine d’aller chercher des diplômes universitaires? Est-ce qu’ils ont la même valeur qu’auparavant?

Le texte publié en 2010 par Mircea Vultur, chercheur à l’INRS affirme que : « Pour ce qui est du Québec, de 2001 à 2006, le taux d’emploi des titulaires d’un grade universitaire de 25 à 64 ans a diminué de 84 % à 82 %, alors que le taux d’emploi des personnes du même groupe d’âge, peu importe le niveau de scolarité atteint, a augmenté. Pour le Canada, on constate la même tendance : valeur constante ou diminution du taux d’emploi des diplômés universitaire au cours des 25 dernières années.» Nonobstant le salaire, le taux de placement pour un DEC ou un DEP serait donc plus élevé.

Une étude faite par le magazine L’Actualité (Édition du 15 novembre 2014) nous indique que selon M. Vultur : « Aujourd’hui, il y a une surabondance de diplômés, et le marché du travail n’arrive pas à absorber toute cette main-d’œuvre.» Ils ont aussi mis en lumière un portrait-robot du travailleur de demain et le dernier point abordé était qu’il aurait de nombreux contacts. Au cours de la recherche pour l’écriture de ce texte, j’ai pu lire à plusieurs reprises qu’un bon moyen de trouver un emploi est d’avoir un réseau professionnel. On parle de réseau professionnel ou amical. Ce que j’ai pu en déduire, c’est que de nos jours, ce ne sont plus nos compétences qui nous permettent de nous trouver un emploi, mais le fait d’avoir un contact dans l’entreprise que l’on vise. Ça prend des contacts aujourd’hui pour avoir un bon emploi.

Qui plus est, selon Adecco Canada, le taux de chômage des jeunes est actuellement d’environ 14 %, ce qui est à peu près le double du taux de chômage global du pays. Plusieurs facteurs en seraient la cause.

« Les baby-boomers sont un de ces facteurs. Après l’effondrement des cours de la bourse, ils ont été nombreux à perdre leur emploi et à devoir accepter des postes qui normalement auraient été dévolus à des travailleurs plus jeunes. De plus, comme ils vivent plus longtemps, ils retardent leur retraite. En raison de ces développements, les représentants de la génération Y doivent affronter des travailleurs très chevronnés. On se retrouve alors dans une lutte inégale du genre David contre Goliath, mais à une différence près : cette fois, Goliath triomphe. Comme les possibilités sont alors quasi nulles, certains jeunes ne trouvent aucun travail. Dans d’autres cas, ils doivent accepter des emplois pour lesquels ils sont surqualifiés. C’est le cas surtout des diplômés des collèges et des universités. Pour les jeunes, le sous-emploi, comme on l’appelle, peut être tout aussi dommageable que le chômage.» (Adecco Canada, 2014)

Si on regarde quelques offres d’emploi sur internet, on peut voir qu’en grande majorité, les employeurs recherchent des candidats qui ont de l’expérience, généralement plus de 3 ans. Comment peut-on faire, en tant que jeune diplômé quittant les bancs de l’école pour se faire de l’expérience si personne n’engage quelqu’un sans expérience? On nous dit de nous impliquer durant nos études, mais lorsqu’on recherche un emploi, notre expérience scolaire semble insuffisante lorsqu’on la compare à un autre candidat qui a 10 ans de métier.

Audrey-Anne Maltais – Rédactrice web – CEUC

Source : 
Adecco Canada 
Magazine l’Actualité. 
Vultur, Mircea. 2010. « Les diplômés universitaires et le marché du travail : données et analyses à partir de l’exemple canadien et québécois », dans P. Andea et S. Kilyeni (ed.), Lifelong Learning : Support for Economic Growth, Editura Orizonturi Universitaires, Timisoara, p. 291-299.

Une réflexion sur “ « Va à l’université et tu vas avoir un bel emploi avec un bon salaire » ”

  1. Très intéressant cet article. Il faut aussi souligner les difficultés à trouver un emploi pour les personnes « trop » scolarisées. Parfois, certains employeurs refusent d’embaucher des gens qui ont des maîtrises et des doctorats parce qu’elles leur coûtent « trop cher » à rémunérer.

    Dans mon parcours, j’ai aussi remarqué que le salaire de personnes ayant un baccalauréat est parfois inférieur à celui de détenteurs de DEC ou de DEP. La scolarisation n’est donc pas directement reliée au salaire. Je crois que les domaines et les secteurs d’activités qui jouent un rôle prépondérant sur les salaires.

Laisser un commentaire