//TransCanada au cœur des débats

TransCanada au cœur des débats

Trans-Alaska Pipeline - Atigun Pass

L’entreprise de construction de pipelines TransCanada se retrouve au cœur de l’actualité ces derniers jours avec la fuite de document concernant leur stratégie pour faire accepter à population leur projet de pipeline Énergie Est.

Le document d’une centaine de pages dévoilé par Greenpeace et fourni à Radio-Canada révèle que la compagnie est prête à tout pour faire accepter son projet évalué à 12 milliards de dollars, qui consiste à acheminer le pétrole des sables bitumineux vers l’Est. Le document a été réalisé avec la firme Edelman, joueur majeur en relations publiques au niveau mondial.

Les points majeurs que l’on a vus dans les médias concernent le recrutement de partisans. Selon Radio-Canada, la firme de relations publiques suggère à TransCanada de « créer de toutes pièces une mobilisation citoyenne en sa faveur. Son objectif pour l’année 2014 est de pouvoir compter sur 35 000 partisans qui se feront entendre en commentant des articles sur Internet, en écrivant des blogues ou des messages sur Twitter ou Facebook, en envoyant des lettres aux journaux, en appelant leurs élus ou en leur écrivant, voire en intervenant aux audiences du BAPE ». Il souhaite recruter le plus d’experts ou de personnes influentes dans leur communauté pour soutenir leur projet et ainsi convaincre les personnes réticentes.

Voici un extrait de la stratégie de communication de TransCanada et Edelman diffusé par la SRC :

« Nous allons travailler avec des tierces parties et les armer avec l’information dont elles ont besoin pour mettre de la pression sur nos opposants et les distraire de leur mission […] Nous pouvons [les] enrôler afin d’écrire dans les pages d’opinion des journaux ou des blogues. »

D’ un autre côté, le projet Keystone XL de pipeline entre le Canada et les États-Unis n’a pas obtenu le 18 novembre les appuis nécessaires par le Sénat. Les partisans du projet devaient obtenir 60 votes, cependant ils ont échoué par une seule voix. Les républicains promettent un nouveau vote lorsqu’ils seront au contrôle du Sénat américain.

Pour le Québec, le gouvernement provincial a décidé d’établir 7 conditions que TransCanada devra remplir si elle souhaite s’installer sur notre territoire. Les voici :

  • Les communautés locales devront être consultées afin d’assurer l’acceptabilité sociale du projet;
  • S’assujettir à une évaluation environnementale sur l’ensemble de la portion québécoise du projet, comprenant une évaluation des émissions de gaz à effet de serre;
  • Le projet d’oléoduc devra respecter les plus hauts standards techniques pour assurer la sécurité des citoyens et la protection de l’environnement et seront, en ce sens, suivis par une unité de vigilance permanente;
  • Le projet doit satisfaire à la loi en ce qui a trait aux Premières Nations, à leur participation et à leur consultation, le cas échéant;
  • Le projet devra générer des retombées économiques et fiscales pour tout le Québec, notamment en matière de création d’emploi dans les régions où il sera installé;
  • TransCanada devra garantir un plan d’intervention et de mesures d’urgence selon les standards les plus élevés et assumer son entière responsabilité au niveau économique et environnemental en cas de fuite ou déversement terrestre et maritime incluant un fonds d’indemnisation et une garantie financière prouvant sa capacité à agir en cas d’accident;
  • Les approvisionnements en gaz naturel pour le Québec sont un enjeu qui devra être sécurisé avant d’approuver tout projet d’oléoduc.

Il reste à voir si la compagnie canadienne respectera ces conditions, car elle avait déjà mentionné ne pas voir la nécessité d’une évaluation environnementale québécoise, étant donné que l’organisme fédéral de l’Office national de l’énergie a déjà le mandat de le faire.

Audrey-Anne Maltais – Rédactrice Web – CEUC

Source : Radio-Canada