//Notre Patrimoine religieux : condamné à disparaitre?

Notre Patrimoine religieux : condamné à disparaitre?

Saguenay – L’Église catholique est en pleine refonte. Des changements importants sont prévisibles ici dans la région. Déjà on a pu voir que plusieurs églises ont fermé, ont changé de vocation ou ont été vendues. Les dons pour soutenir le patrimoine religieux proviennent en grande majorité des personnes âgées et elles vieillissent, donc il est plus difficile d’assurer la survie des nombreux lieux de culte du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Monseigneur (Mgr) Rivest, évêque du diocèse de Chicoutimi était au Cercle de presse le mercredi 10 décembre pour discuter de plusieurs enjeux avec lesquels doit traiter l’Église catholique.

Mgr Rivest explique qu’effectivement on devrait voir d’autres églises fermer leurs portes au courant des prochaines années. « On ne dit pas aux gens de vendre leur église ou de fusionner avec une autre. Ce n’est pas le but, on parle de réorganisation pastorale. Mais, les gens vont nécessairement être amenés à se poser les vraies questions. Est-ce qu’on est encore capable de maintenir et d’entretenir cette église qui est patrimoniale, cette église qui est belle et à laquelle on tient. Il faut être capable de le faire. C’est là qu’arrivent les problèmes » précise l’évêque.

Une étude a été faite sur la viabilité des communautés religieuses du Saguenay-Lac-Saint-Jean. « Des communautés, je pourrais vous en nommer un paquet qui ne sera pas capable d’ici 5 ans de survivre. Déjà l’étude a été faite sur la viabilité. Elle a été faite sur 10 ans et ça nous a aidés à préparer un plan d’animation pour ces communautés-là. À part deux communautés, deux fabriques, toutes les autres n’avaient pas d’avenir après 10 ans, elles étaient toutes dans le rouge », ajoute Mgr Rivest. On dénombre 65 paroisses qui ont à maintenir 83 lieux de culte au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Par exemple à Chicoutimi, la paroisse Sacré-Cœur a 3 lieux de culte : l’église St-Antoine, l’église Christ-Roi et l’église St-Luc.

L’objectif du diocèse de Chicoutimi n’est pas de réduire le nombre de lieux de culte. L’objectif est de trouver le meilleur moyen possible pour réaliser leur mission. « Ceci étant dit est-ce que de maintenir notre patrimoine est devenu un obstacle majeur qui nous empêche de nous donner les moyens pour évangéliser », se questionne l’homme de Dieu.

Mgr Rivest indique que ce n’est pas facile pour les gens de comprendre qu’ils doivent abandonner leur église. « Ça fait mal, à moi le premier », affirme-t-il. Ni lui ni le diocèse n’a de plan B disant que d’ici 5 ou 10 ans il faudrait qu’il reste tel nombre d’églises dans la région. Il ne veut pas prendre ce genre de décision, selon lui c’est à la population de le faire.

« La loi m’oblige à le décider. Après toutes les consultations nécessaires. Mais il n’y a pas de plan qui dit qu’on s’en va vers tel nombre d’églises ou pas. C’est la population qui va le décider à partir de sa capacité à réaliser sa mission, avec les contraintes budgétaires qui sont réelles ici », plaide l’évêque.

La seule joie qu’ils peuvent tirer de cette perte de patrimoine c’est quand les églises qui ont été vendues ou laissées à la municipalité demeurent à la communauté. « C’est le plus beau modèle à notre point de vue. […] le meilleur modèle, celui que l’on favorise le plus, c’est justement ce partenariat entre nos communautés » ajoute Mgr Rivest.

En voici deux exemples qui devraient être signés aujourd’hui [10 décembre] et demain. L’église St-Stanislas au lac, qui sera multifonctionnelle. La municipalité l’a acheté pour 1$, en partenariat avec la fabrique. Alors les paroissiens vont pouvoir utiliser une partie de l’église pour leur culte et la communauté civile va pouvoir installer des services, des organismes dans ce milieu. La même chose arrivera à l’Ascension.

Audrey-Anne Maltais – Rédactrice web – CEUC