Le monde en 2015 – du changement à prévoir

Jean-francoislepindeforweb

Dans le cadre de la rentrée 2015 au Cégep de Chicoutimi, le politologue, journaliste et animateur de Radio-Canada M. Jean-François Lépine a présenté sa conférence Le Monde en 2015. Il a brossé un tableau des changements à prévoir dans le monde en matière économique, politique, géographique et en éducation.

Lépine a débuté en parlant de l’importance pour la population d’avoir une ouverture sur le monde. « Moi je dis tout le temps en caricature : dans une maison, quand il n’y a pas de fenêtres, il fait noir et ça pue », explique-t-il pour démontrer l’importance dans la maison québécoise ou canadienne d’avoir des fenêtres pour s’ouvrir sur le monde. Le monde est en grand changement selon lui et il faut avoir confiance en l’avenir.

Tout au long de sa présentation, le politologue a dépeint les modifications à prévoir dans les 50 prochaines années dans le monde, nous vous présenterons les plus importantes selon nous.

« La Chine va devenir la première économie de la planète. L’Inde, après, va devancer le Japon, qui va descendre au 3e rang. L’Inde va aussi devancer la Chine en termes de population » présente le journaliste. Il explique ce changement par la politique d’un enfant par famille en Chine qui va amener une réduction de la population dans ce pays.

« Les pays émergents constituent 80 % de la croissance mondiale. […] D’ici 2025, il y aura 1 milliard de nouveaux consommateurs qui vont s’ajouter sur la planète, et viendront pour la plupart des pays émergents », ajoute-t-il. L’importance de la classe moyenne va changer dans les pays émergents, d’où l’augmentation du nombre de consommateurs dans le monde. Ce qui causera cette montée des pays émergents vient du « carburant » comme l’appelle M. Lépine, soit des populations jeunes. Par exemple en Égypte, 60 % de la population a moins de 25 ans. « Quand on a des populations jeunes, ce sont des populations qui achètent des maisons, fondent des foyers, ont des enfants, bref qui consomment et qui bâtissent quelque chose pour l’avenir, qui investissent » décrit M. Lépine.

Avec les croissances de ces pays émergents, s’ils consomment comme nous, des conséquences sont à prévoir. « D’ici 2030, la demande en eau sera 40 % supérieure à l’offre. Même chose pour le pétrole. Aujourd’hui, on est en surabondance de pétrole sur la planète c’est pourquoi les prix baissent, mais on prévoit que dans les prochaines vingt années, avec la croissance mondiale, le pétrole va redevenir une denrée très rare et les prix vont augmenter à nouveau » indique le journaliste. Il croit donc que pour contrer cette croissance massive, on aura besoin de solutions alternatives, puisqu’on atteindra environ 2,7 milliards de personnes riches (classe moyenne) qui consomment. Nous n’aurons pas la capacité de soutenir cette consommation colossale.

L’éducation sera la clé

Actuellement, en Asie, il y aurait un peu plus de 5,5 millions d’étudiants qui ont besoin de place dans des collèges ou dans des universités. « La croissance est telle là-bas que les universités n’arrivent pas à se développer au rythme des besoins. Est-ce que nous, on ne pourrait pas aller au Vietnam, au Bangladesh, partout, pour justement offrir des places dans nos universités et institutions d’enseignement, où il y plutôt un problème de croissance démographique », propose-t-il.

En Inde, on dénombre 700 universités et 35 000 collèges, et ça ne suffit pas pour répondre à la demande. De plus, le contrôle sur les examens y est inadéquat, donc leurs écoles fournissent des diplômés pour la plupart incompétents. « En Inde, on forme chaque année, 700 000 ingénieurs, dont on dit qu’à peine 3 % sont en mesure de vraiment travailler dans le domaine du génie quand ils sortent de l’université. Tandis que pour la Chine c’est un problème de manque de places dans leurs écoles », déclare-t-il.  Selon le journaliste, le Canada et le Québec devraient profiter de cette situation et faire du recrutement dans ces pays émergents.

« Je suis très inquiet du fait que [le Québec] désinvestis dans l’éducation. […] À mon avis, c’est extrêmement irresponsable. Ce qu’on a réussi en éducation est l’une de nos plus grandes richesses au Québec. Ces coupes sont donc vraiment préoccupantes » nous a fait part M. Lépine. D’ici 2020, il y aura 80 millions de diplômés universitaires de 25 à 34 ans dans le monde, dont 41 % en Chine et en Inde, et 25 % en Europe et aux États-Unis. On pourra donc observer un déplacement de la population éduquée dans le monde.

M. Lépine termine sur l’éducation en parlant des compressions. « Au sujet des mesures du gouvernement Couillard, je pense que dans une réflexion sur les finances publiques, il y a des choses auxquelles on ne devrait pas toucher. Je pense qu’on ne doit pas toucher au financement des universités, des collèges et des écoles. C’est trop fondamental, il y a une trop grande nécessité dans nos institutions d’enseignement d’évoluer constamment. On enseigne à des enfants qui vont utiliser des technologies qu’on ne connait pas pour résoudre des problèmes qu’on ne connait pas. Comment peut-on éduquer des enfants dans ce contexte? Sinon qu’en s’informant de plus en plus ».

Audrey-Anne Maltais – Rédactrice web – CEUC

Une réflexion sur “ Le monde en 2015 – du changement à prévoir ”

  1. Une économie saine dans un pays ou une province pour assurer sa survivance doit avoir des industries de pointe et des secteurs de biens et services autour de ces industries. Les industries de productions manufacturières sont en difficultés dans tous les secteurs ou presque.
    Les autres secteurs sont en souffrance en raison de l’expatriation de nos industries. Les biens de consommation sont fabriqués ailleurs et vendu ici (bas prix et durabilité moindre). Tant que nous ne fabriquerons pas nos produits nous seront en déficit net et par conséquent nous allons couper sans fin car nous devenons un pays pauvre. Les étrangers viennent chercher les ressources naturelles pour fabriquer leur produits et nous les vendre par la suite. Tant que ce problème ne sera pas résolu je ne vois pas d’enrichissement au québec. Tant que les ressources quitteront le pays pour alimenter les usines chinoises nous allons devenir de plus en plus pauvre et un pays du tier monde. Donc les choix douloureux à venir devraient inciter les finissants des universités à voler vers d’Autres lieux que le Québec s’ils veulent envisager une meilleure carrière.

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