//« Bravissimo! » à l’opéra Aïda de Verdi ◣

« Bravissimo! » à l’opéra Aïda de Verdi ◣

L’Opéra du Saguenay—Lac-Saint-Jean nous a offert du 8 au 10 mai derniers, à la Salle Pierrette Gaudreault du Mont-Jacob, l’opéra Aïda de Verdi. Nous étions présents à sa première représentation et lors du moment des saluts, la pièce a valu de la part du public des applaudissements à ne plus finir. À la suite des évènements, nous avons pu nous entretenir avec un membre du chœur, un chanteur baryton-basse, Jérôme Lavoie.

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Depuis quand l’opéra vous intéresse-t-il?

Je dirais que j’ai toujours été un grand amateur de la musique en général, en passant par le heavy métal à la musique classique. Mais mon premier contact avec l’opéra fut quand j’ai commencé des cours de chant classique avec mon professeur Alexandre Malenfant, il y a de cela environ trois ans. Au départ, je ne m’attendais pas à faire partie d’un opéra, du moins pas tout de suite. En fait, c’est grâce à mon professeur Alexandre, qui est aussi le directeur musical de l’Opéra du Saguenay—Lac-Saint-Jean, qui m’a suggéré de participer à son projet. J’ai accepté et j’ai découvert une nouvelle passion : l’opéra.

Quelles sont vos sources d’inspirations
ou de motivations dans ce domaine?

Courtoisie
Jérôme Lavoie

Je crois que pour moi et pour plusieurs personnes de notre opéra, la source principale de motivation est l’énergie et l’implication apportée par chacun des membres du groupe. Que ce soit les choristes, les solistes, les musiciens, le metteur en scène, les figurants, etc., chaque personne s’implique pour que le projet soit une réussite et chacun y donne du sien. L’opéra est un art où il y a beaucoup de gens sur scène et où la participation de tout le monde est primordiale.

Pour ce qui est de mes motivations, je dirais que c’est très gratifiant de voir le résultat de tous nos efforts, et ce, surtout une fois le spectacle terminé. L’expérience en vaut amplement la peine, malgré tout le temps que cela demande et le public nous le rend bien. Et que c’est avant tout, du moins dans mon cas, pour le plaisir de chanter et de partager ces moments magnifiques avec le groupe. Le simple fait de chanter en chœur est un acte de pur bonheur et je crois que c’est impossible de ne pas se sentir bien lorsque l’on chante à l’unisson dans un chœur comme celui-là, je trouve cela très bénéfique.

Depuis quand est-ce que vous vous exercez
pour l’opéra Aïda de Verdi?

Nous avons commencé à nous pratiquer (les chanteurs) à partir de l’automne 2014, au mois de septembre plus précisément. C’était la troisième année consécutive où je participais à un opéra sous la direction d’Alexandre Malenfant et le processus est sensiblement le même chaque année.

En premier lieu, nous pratiquons les parties chantées en apprenant les partitions en plusieurs segments lors de nos répétitions, qui ont lieu une fois par semaine jusqu’à janvier. La plupart du temps, la méthode que nous approchons est la suivante : au début de la pratique, tout le groupe est ensemble, puis nous faisons un réchauffement de nos voix en faisant quelques exercices vocaux, nous établissons les parties à pratiquer et nous nous séparons par pupitre avec un chef attitré à chacun de ceux-ci. C’est-à-dire que nous nous séparons en sous-groupes selon notre registre de voix, soit soprano, alto, ténor ou basse. Chacun des sous-groupes pratique leur propre partition, pour finalement se retrouver avec toutes les voix ensemble pour chanter les parties que nous venons d’apprendre.

En second lieu, à partir du mois de janvier, nous commençons à introduire la mise en scène, c’est-à-dire les parties plus théâtrales à celles de chants. C’est à ce moment que nous commençons à pratiquer deux fois par semaine plutôt qu’une, car il y a toujours beaucoup de changements à faire au niveau de la mise en scène. Les modifications et le fait d’adapter le chant à la mise en scène ne sont pas toujours aussi simples que l’on peut le croire, donc cela demande du temps et de la pratique. Ensuite vient l’insertion des décors, des costumes et des accessoires pour finalement nous donner un tout très intéressant et spectaculaire.

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Est-ce que vous parlez couramment l’italien?

En fait non, je ne parle pas du tout l’italien et je crois que la grande majorité de nos chanteurs ne le connaissent pas non plus. Je ne crois pas que ce soit une nécessité de parler une langue couramment pour la chanter, bien que cela soit certainement un atout pour aider à la prononciation et à la compréhension des textes, car après tout, il faut tout de même savoir ce que nous chantons lors d’un opéra pour bien transmettre l’émotion du personnage, et c’est bien certain que le fait de connaitre la langue chantée facilite l’apprentissage des paroles. Par contre, il est important de se familiariser avec la phonétique de la langue afin de bien prononcer chaque mot. Je trouve cela très intéressant d’apprendre une nouvelle langue et je prévois en apprendre d’autres pour justement perfectionner mon chant.

Est-ce votre première pièce en italien?

Aïda a été la seconde pièce que j’ai chantée en italien. À ma première année à l’opéra, j’ai joué dans la pièce de Madame Butterfly de Puccini qui était aussi en italien. Je m’étais donc déjà familiarisé à cette langue auparavant. Je ne pense pas que l’italien soit beaucoup plus difficile au niveau de la prononciation, peut-être plus au niveau de la compréhension et de l’apprentissage des textes, dans mon cas, à comparer au français. Par exemple, l’opéra de Carmen, auquel j’ai participé l’an dernier, est en français. J’avais un rôle plus important dans cet opéra, avec plus de textes à apprendre que les autres opéras que j’ai faits en italien, mais j’ai eu l’impression d’avoir plus de facilité à apprendre mon texte et à l’interpréter sur scène puisque je comprenais toutes les paroles. Donc, la langue chantée a certainement un impact sur l’apprentissage des textes, mais peut aussi être beaucoup plus difficile à chanter pour certaines personnes, comme de passer du français à l’allemand par exemple, car la prononciation et la phonétique sont complètement différentes l’une de l’autre.

Qu’est-ce que vous pensez de l’histoire d’amour
entre Aïda et Radamès?

J’aime bien les histoires d’amour dans les opéras. C’est toujours très passionné et tragique, avec plusieurs rebondissements en passant par toutes sortes de gammes d’émotions, dont la jalousie, l’envie, le don de soi et le sacrifice. L’opéra Aïda ne fait pas l’exception. C’est l’histoire d’un triangle amoureux entre la princesse Amneris, le héros de guerre Radamès et Aïda, où cette dernière doit faire un choix déchirant entre sa patrie et suivre son cœur.

Si vous aviez le droit de réécrire la fin de cette tragédie,
est-ce que vous la changeriez ou vous la laisseriez telle quelle?

Je ne suis pas écrivain et je n’ai pas la prétention de l’être, donc je ne changerais pas la fin de l’histoire et je la laisserais telle quelle. (rire) En fait, je crois que la fin tragique de l’histoire fait partie en quelque sorte de ce que doit être un opéra. La plupart ont tous des fins tragiques où les personnages principaux meurent de façon… tragique, c’est le mot le plus juste. Comme je le disais plus tôt, on passe par toutes sortes d’émotions dans un opéra : l’amour, l’esprit festif, la haine, la jalousie, les regrets… et la mort (malheureusement) y sont souvent présents.

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L’année dernière, nous avions droit à Carmen de Bizet, cette année, à Aïda de Verdi. Nous avons bien hâte de connaitre ce que nous réserve l’Opéra du Saguenay—Lac-Saint-Jean pour l’année prochaine! Encore une fois, félicitations à toute la troupe pour votre époustouflante performance!