Please Please Me

Mes doigts parcourent tes mèches épaisses. Je caresse tes lèvres tiédies du bout des miennes.

« Oh yeah I’ll tell you something, I think you’ll understand… »

L’aiguille luit d’un doux éclat alors qu’elle pénètre l’ourlet de ta bouche. La lueur est rougeâtre lorsqu’elle émerge. Je l’extraie tranquillement, sans me presser.

« When I say that something, I wanna hold your hand! »

Paisible, je laisse la chanson franchir mes lèvres. Elle est nouvelle pour chaque œuvre,  mais toujours dans le même ton. La semaine dernière, c’était « I want to break free ».

Je me redresse pour juger mon travail. Je m’améliore. Alors qu’auparavant la couture était mon point faible, les joints sont à présent beaucoup plus réguliers.

Je m’amuse à faire tourner la lame de mon couteau sous la lumière. Comme j’ai dû couper le courant avant d’entrer, l’éclairage est plutôt voilé. J’ai dû me contenter de quelques bougies. L’ambiance obtenue, par contre, est plaisante, dans le genre romantique.

« Oh please, say to me, you’ll let me be your man… »

Le métal effleure ton front, à la naissance de tes cheveux. J’appuie la lame, laisse le fil s’enfoncer, et sans forcer je glisse la pointe sur le pourtour de ton crâne. Une fois que cela est fait, je cesse de cajoler ta chevelure pour la saisir, et détache la peau de l’os.

« I wanna hold your hand. »

Je prends tes doigts entre les miens. Je resserre peu à peu le poing, jusqu’à ce que le concert commence. Un par un, ils cèdent, et laissent échapper leur mélodie.

« And when I touch you I feel happy inside… »

Je plonge mon outil dans le haut de ta cuisse, et le coule le long de ta jambe. Je ressens jusqu’aux tréfonds de mon âme la fermeté voluptueuse de ton muscle. Frisson. Je fais de même avec l’autre.

«  It’s such a feeling that, my love, I can’t hide, I can’t hide, I can’t hide! »

L’arôme est irrésistible, je cède. Je courbe l’échine et lèche ton sombre nectar. Sous ma dent, ta viande résiste et cède. Une telle fraîcheur n’a pas de prix.

Laisser un commentaire