//GUEULE DE BOIS AUTOMATIQUE

GUEULE DE BOIS AUTOMATIQUE

Des choses se meuvent en moi que je ne saurais décrire
l’odeur de cigarette colle à mon vieux perfecto
l’arôme des Export « A » verts n’arrive qu’à me rappeler le goût de sa bouche
je ne sais qu’errer en des lieux cents fois visités, serrer contre moi des cœurs malsains si familiers

 quelque chose s’éveil qu’il faut faire taire dans la violence
l’urgence d’agir et toujours la même carence de sens
les mots, le même mur
le cloaque de l’inconscient
je suis mûr pour des mensonges à redouter
je m’imagine volontiers omniscient
l’instant de douter

et l’angoisse se vautre en celui qui pense trop
elle pourtant si farouche devant l’ignorant désinvolte

J’échouerai à mon tour le dessein de mettre en forme l’indicible amoncèlement de passions, de pulsions, d’instincts qui m’habitent en ce jour alors que même la plus âcre fumée me ramène à l’instant où je caressais ses cheveux.

Paul Begin Duchesne (Études littéraires françaises – UQAC)