//ATELIER AMER

ATELIER AMER

Sa pupille béante, si sombre
il n’y eu jamais tant de teintes dans ce jais
l’œil étreint ce froid, la mer peut-être rageait
je me perdais en fractions des nombres
l’étirement cérébral, soudain
la névralgie générale, enfin
des yeux à moitié fermés sur l’ouvrage à répéter
accoudé au comptoir dans l’overdose de ratés
qui s’élève en nuages
mon corps se confond en bran de scie


il y a le papier vide, le cendrier plein de botchs.
l’odeur violente et la blancheur amère, et si?
il me reste une impression qui se mêle à l’odeur fumé du scotch
ma vie se morcèle si bien qu’il ne me reste qu’un peu de sciure d’existence
cette pièce en est pleine, c’est ma potence
mon visage est ce masque stratifié sur lequel les regards, les mots, les sourires se heurtent
une contreplongée opaque m’aveugle, mes angoisses s’en foutent.
néons artificiels, particules suspendus
un tabouret comme seul refuge, un tabouret éternel, où est-tu?
je n’ai rien en banque qu’un peu d’avance sur mon temps que je dépense dans les bars pour l’oublier un peu
les kaléidoscopes au fond des coupes, des bouteilles, des verres
Les machines stridentes au royaume des poussières

Paul Begin Duchesne (Études littéraires françaises – UQAC)