//Une première recherche canadienne sur la cigarette électronique

Une première recherche canadienne sur la cigarette électronique

Pendant la période estivale, la toute première recherche clinique canadienne sur l’utilisation de la cigarette électronique avec ou sans nicotine pour favoriser l’abandon du tabac débutera. Les résultats à venir seront-ils en mesure de départager les opinions sur les dangers réels de « vapoter » ?

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http://globalnews.ca/news/2479197/alberta-teen-injured-after-he-says-e-cigarette-exploded/

Les multiples informations circulant sur la cigarette électronique sont souvent d’avis contraires, viennent non pas éclairer, mais plutôt semer le doute et même effrayer la population. On peut lire qu’elle « est bénéfique pour la santé publique » ou encore que « les composantes des liquides sont cancérigènes ». On arrive de moins en moins à s’y retrouver et c’est aux fumeurs que cette confusion peut gravement nuire en les repoussant à utiliser la cigarette électronique comme aide antitabagique. Pourtant, récemment la Santé publique du Royaume-Uni a affirmé que la fumée du tabac était 95 % plus nocive que la cigarette électronique. De même, les statistiques françaises révèlent que 400 000 personnes ont réussi à arrêter de fumer en utilisant la cigarette électronique. Emboîtant le pas aux études anglaises et françaises, le Canada viendra lui aussi donner son avis en effectuant une étude permettant d’émettre ses recommandations au public de plus en plus inquiet.

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© iStockphoto

La recherche, sous la direction de monsieur Eisenberg, cardiologue à l’hôpital juif de Montréal et professeur à l’université McGill, entouré de son équipe de chercheurs-es souhaitent démontrer ou non l’efficacité de la cigarette électronique dans le processus d’abandon de la cigarette. Une étude qualifiée de multicentrique, par son assistante Shauna McGee, qui regroupera 500 personnes au travers le Canada issues de 11 hôpitaux ou centres d’abandon du tabagisme. Au cours du processus, les participants, motivés à cesser de fumer, utiliseront sur une période de traitement de 12 semaines, une cigarette électronique de type pharmaceutique fourni par le milieu scientifique. Ensuite, la cigarette leur sera retirée et les participants décideront par eux-mêmes de se procurer ou non une cigarette électronique afin de continuer leur cheminement. Enfin, le suivi clinique s’échelonnant sur une fenêtre d’un an viendra valider ou invalider l’hypothèse de départ. Les objectifs de recherche sont d’analyser les cigarettes électroniques et leurs effets sur l’abandon du tabac et de cumuler des données sur la sécurité des cigarettes électroniques.

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Photo: APERCU/SIPA

Une recherche qui, d’après madame McGee, est devenue nécessaire suivant la popularité croissante de la cigarette électronique au Canada et le manque de données probantes quant à son efficacité. De même, « la littérature scientifique démontre que seulement 10 à 20 % des fumeurs ont du succès à long terme avec les aides antitabagiques conventionnels. D’après nous, le fait que la cigarette électronique imite davantage l’acte de fumer facilitera l’abandon du tabac, déclare-t-elle. » En regard de la loi 44, cette dernière comprend la nécessité de légiférer le commerce de la cigarette électronique puisque l’on n’en connaît pas encore assez sur ses impacts à long terme. Madame McGee et l’ensemble de l’équipe projettent avec enthousiasme un grand taux de succès pour les participants à cette recherche. Ils ne nous restent qu’à cultiver notre patience avant d’en connaître davantage sur la fameuse cigarette électronique.