//Pink Water : lorsque la rivière change la vie des femmes

Pink Water : lorsque la rivière change la vie des femmes

Pink water8

« J’étais kayakiste de sécurité pour des voyages de rafting et au début de la section les filles appréhendaient, il y en n’avait même qui pleuraient avant de commencer parce qu’elles étaient trop stressées. Pour moi, de voir les étoiles dans leurs yeux à la fin du rapide, c’était une grande satisfaction et j’avais envie de le voir encore dans les yeux de d’autres filles. », me raconte emballée Shéril Gravel sur les raisons qui l’ont poussée à créer la communauté Pink Water avec des amies. Une organisation à but non lucratif qui s’est donnée comme défis d’engendrer le dépassement de soi et de fortifier l’estime personnelle des femmes par le biais des sports d’eau vive.

Pink water7

Certaines pourraient être perplexes; comment franchir des rapides peut changer la perception que les femmes ont d’elles-mêmes ? Tout est dans le sentiment de satisfaction ressenti suite à l’expérience sur la rivière où chaque femme affronte ses propres appréhensions. Shéril, membre fondatrice de l’organisation, remarque que pour plusieurs femmes les sports d’eau vive sont considérés comme des sports extrêmes voire dangereux. Cette conception répandue génère un sentiment de peur chez elles pouvant les amener à croire que « ce n’est pas pour elles. » L’équipe organisatrice de l’événement « Challenge Pink Water » cherchent à déconstruire les préjugés éloignant les femmes des sports d’eau vive pour qu’elles puissent goûter aux effets bénéfiques de la rivière. « On essaie de leur faire comprendre qu’au contraire il est possible de faire du kayak et d’être extrêmement prudente et que ce n’est pas plus dangereux que de faire du vélo de montagne. À partir du moment où s’est appris adéquatement, que l’on a toutes les informations nécessaires, on peut être capable de franchir les rapides selon son niveau et son expérience. »

Pink water2

C’est alors que pour n’importe qui, femmes ou hommes, en kayak de rivière, en luge ou en rafting, l’eau vive procure presque indéniablement un dépassement de soi. Selon elle, la pratique de ces sports permet de dépasser la question : « est-ce que je vais être capable de le faire ? », de développer de nouvelles aptitudes et d’affronter de nouveaux défis. Pour Shéril, les impacts positifs se vont voir aussi au fil de l’exercice : « Puis là tu t’entraînes avec acharnement et avec passion pour être capable, un jour, de franchir ce type de rapide là ou te faire tel figure en kayak. Cela prend beaucoup de pratique mais ça amène de la confiance en soi applicable dans n’importe quel domaine de notre vie ». Enfin, vivre l’eau vive offre la possibilité d’apprendre à profiter du moment présent, juste cet aspect vaut le coup d’occuper les cours d’eau un moment.

Pink Water1La communauté Pink Water qui s’est aussi donnée comme objectif d’attirer plus de femmes dans la pratique des sports d’eau vive a plus qu’atteint son but. Aujourd’hui grâce à son événement d’initiation le « Challenge Pink Water » plus de 200 femmes se donnent rendez-vous afin d’affronter les eaux agitées de la grande Mistassibi, une des rivières les plus intenses au Québec. Le temps d’un week-end, des femmes de niveau débutant (avec peu ou sans expérience) ou plus avancé expérimenteront une variété de sports d’eau vive (selon  le forfait) au cœur de la nature combinée à des ateliers diversifiés : massage, yoga, entraînement physique, etc. dans une formule tout inclus. Les organisatrices tiennent à préciser que la fin de semaine est aussi créée pour que les filles puissent relaxer, se faire du bien et choisir les activités qu’elles veulent. Un week-end qui génère à chaque année des sensations fortes. « Les filles sont tellement contentes de leur journée, faut le vivre pour le comprendre. Le sentiment que ça génère fait en sorte que l’engouement dans la soirée du samedi est d’autant plus intéressant », me relate Shéril. C’est justement ce qui motive les organisatrices à répéter l’expérience année après année, cette « impression d’apporter quelque chose aux filles et voir leur satisfaction ». Une chose est certaine, l’entendre me confier, la passion dans la voix, « ça changé ma vie et ça changé la vie des filles qui m’entouraient » convainc même la plus craintive à suivre le courant, des fois que ça ne ferait pas mal.

 Pink water6