//King Dave de Podz : voir plus loin que les apparences

King Dave de Podz : voir plus loin que les apparences

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L’affiche du film « King Dave » PHOTO : GO FILMS

La plus récente œuvre de Podz, King Dave, n’est ni plus ni moins que l’achèvement d’une collaboration de près de 7 ans entre Alexandre Goyette, acteur et scénariste et lui-même. Un film impressionnant de par la maîtrise d’un long plan-séquence de 91 minutes nous tenant littéralement captif de l’histoire mais aussi bouleversant de par le scénario et l’interprétation puissante d’Alexandre Goyette. Coupant le souffle avec sa cadence effrénée, King Dave, est aussi une réflexion sur les contrecoups de nos choix, puisant dans les vertiges de l’abandon, de la douleur et de la sensation d’un vide sans contour.

Le scénario, issu de la pièce de théâtre éponyme d’Alexandre Goyette, est une vertigineuse escalade dramatique où s’entrechoque une suite de décisions conduisant Dave à perdre le contrôle de sa vie. Habité par l’adrénaline, suite à un vol de radios de voitures pour une gang de rue, Dave, le King, se retrouve à faire le party dans un bar pour souligner sa bonne shot. Lorsqu’il, s’aperçoit que sa blonde (Karelle Tremblay) se fait « pognasser » le cul par un negger, rien ne va pouvoir arrêter sa soif de vengeance mélangée à un sentiment d’abandon immense, celle d’un petit cul qui vient de loin, blessé jusqu’à la moelle. Au fil de sa quête, Dave va découvrir les mensonges de l’amour et de l’amitié qui décuplera sa violence détournant en une seule nuit le cours de son existence.

Dave est situé au cœur de l’action se déroulant en une folle poursuite nocturne où les déplacements s’alternent de son appart dépouillé au bus de ville en passant par le métro et par différents quartiers de Montréal à Laval. Un king renversant qui se raconte dans un argot de la rue spectaculaire livrant une brutalité sans pareille et une vulnérabilité mise à nue par la transparence de ses pensées partagées directement à la caméra. D’ailleurs, ce dialogue avec le public créé une proximité intime avec Dave nous impliquant à le suivre dans sa quête mais aussi dans les méandres de ses obsessions intérieures.

King Dave arrive à nous étonner même si au premier abord l’histoire peut sembler banal; celle d’un jeune homme taught, qui navigue entre le passé et le présent, aspirés par ses impulsions violentes dans une spirale d’évènements dramatiques. Mais grâce à un texte brillamment écrit et interprété par Alexandre Goyette et à un plan-séquence où les déplacements autour de Dave et des autres personnages accentuent  le réalisme du scénario, il est impossible de trouver cette histoire redondante. Un scénario aussi ponctué des ups and downs du King où toutes les situations rencontrées au cours de la nuit, aussi catastrophes soient-elles, le nourriront à aller encore plus loin, à notre plus grand plaisir d’une certaine manière. Encore une fois, Podz traite d’une dure réalité de façon séduisante et intelligente qui arrive à faire grandir en nous un sentiment d’empathie à l’égard d’un taught, d’un petit voyou, d’un criminel mais surtout, à l’égard d’un jeune homme anéanti. Un film qui permet de voir plus loin que les apparences que je m’empresserai de voir une seconde fois au cinéma pour vivre pleinement la force du long plan-séquence réalisé par Podz. Le film sera à l’affiche dès le 15 juillet au Québec.