//Devenir Garou grâce au blogue de MC

Devenir Garou grâce au blogue de MC

Je suis devant mon écran d’ordinateur, mon salon est illuminé par un soleil éclatant, mon chat s’improvise dompteur de mouches, mais à deux cheveux d’en attraper une, il s’affale lourdement au sol accablé par la chaleur et le poids de son obésité morbide. J’ai chaud, Chaman, le chat sumo, a chaud, c’est le temps des vacances et je travaille trop devant cet écran d’ordinateur maudit. De ma fenêtre, je scrute l’horizon de montagnes et de bitume où roulent à cadence réduite des cyclistes désinvoltes armés de sacoches à vélos, à la recherche du temps perdu. Je chantonne doucement Bélanger : mais quand je roule à vélo, la tête dans les étoiles et dans le vide, le vent est doux, j'hallucine… Je roule à vélo, la nuit est claire, le chemin désert, je suis invincible, intouchable et immortel... 

À défaut de « vivre ma vie comme un gitan, gagner ma vie de l'air du temps, avoir la liberté pour drapeau, "Sans foi ni loi" pour credo », enfin à défaut de voguer librement dans la vie tel Garou… Je pars à l’aventure et je surfe sur les vagues des internets, de blogue de voyage en blogue de voyage, question de m’inspirer pour chevaucher une liberté quasi absolue à la fin de mes contrats de travail. Peut-être que… Pourquoi pas? Juste... Juste partir partout et nulle part à la fois.

Suivre MC en voyage solo

Okay. J’écris dans la barre de recherche de Google Chrome « blogue de voyage » et j’obtiens 605 000 résultats pour ces termes, j’angoisse. Je réfléchis alors et je me dis que si, j’espère trouver the best blogue de voyage dans cette jungle virtuelle, j’aurai encore le cul assis confortablement sur mon divan dans 50 ans, arthritique, vieille et fort probablement aveugle. Je vais plutôt naviguer sur Facebook, la vague est douce, qui sait ce que je pourrais découvrir. Ah! Une amie aime Le blogue de MC? Je glisse alors mon curseur,  clique sur le lien et me voilà dans son petit nid fictif acceptant de la suivre dans ses doux et parfois sportifs périples.

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Crédit photo: Dominique Lebel Photographe

MC pour Marie-Claude Paradis-Vigneault, est une bloggeuse originaire des Îles de La Madeleine, maintenant sédentarisée dans le grand et majestueux Saguenay-Lac-St-Jean. Avide de découvertes, elle voyage à pied, mais surtout à vélo et bien souvent en tant que solitaire sociable. Son blogue est un fourre-tout bien rangé où l’on retrouve ses intérêts pour la littérature, les sports, le voyage, le vélo et bien d’autres choses. Ses récits me parlent, s’adressant directement à moi dans une langue claire et spontanée m’invitant à enfourcher un vélo cheap pour rouler de Montréal jusqu’à New-York avec plus d’enthousiasme en poche que de cartes géographiques. À force de lecture dans son journal de bord virtuel, je m’interroge sur les motivations de ceux qui partent backpack solo en Europe, sur l’accessibilité réelle des voyages à vélo, sur le fait de voyager solo… Je prends alors la décision de contacter Marie-Claude, rien de mieux qu’une bonne discussion avec une passionnée de voyages, pour éclairer mes questionnements et me préparer à sortir de ma zone de confort.

Déconstruire les mythes

Les motivations à partir en solitaire à l’étranger sont plurielles aux parcours et aux personnalités de chacun. Lorsque Marie-Claude a quitté les Îles pour la première fois à 18 ans c’est le désir d’explorer sa propre identité (et apprendre l’anglais) qui l’amena à vivre 9 mois en Angleterre :


« Quand j’étais plus jeune, je faisais partie de plusieurs cercles d’amis, mais je savais, au fond de moi-même, que l’on a toujours tendance à faire des compromis sur nos valeurs et nos idées. J’avais alors la motivation d’être 100 % moi-même. Je savais alors que pour y arriver, je devais me retirer de mon milieu pour me retrouver dans un milieu où les gens n’ont pas d’attentes envers moi afin d’explorer différentes facettes de ma personnalité ».

Même si pour certains la quête identitaire est davantage liée au passage de l’adolescent à l’âge adulte pour M-C la volonté de se dépasser, le désir de sortir de sa zone de confort et la recherche de soi-même sont davantage liés à des étapes de vie qu’à des âges établis. Comme quoi la vie n’est pas une ligne droite, mais bien un parcours en zigzag l’être humain avance et recule librement.

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https://lebloguedemc.com/

Sachant que M-C a voyagé seule dans plusieurs pays – elle a parcouru à vélo la partie ouest de Cuba comptabilisant 735 km – je me demande pourquoi ne pas partager ces moments de dépaysement avec d’autres personnes. La réponse est toute simple, elle n’a tout simplement pas envie d’attendre après qui ce soit pour se lancer dans un projet. Elle saisit au vol les opportunités qui se présentent à elle plutôt que d’attendre tranquille à la maison. Certes, l’indépendance, d’esprit et d’action, a ses avantages! Faisant du pouce sur ses expériences à vélo, je lui exprime qu’à mon avis le cyclotourisme n’est pas un sport accessible à tous les portefeuilles. De même que le voyage. Est-ce réellement possible de voyager avec un budget léger surtout à vélo? Marie-Claude n’hésite pas une seconde en me racontant son deuxième voyage cyclotouriste de Montréal à New York :


« Quand j’ai commencé à faire du vélo en mode voyage, il y a une dizaine d’années, je suis partie avec une vieille bécane turquoise vraiment lourde que j’ai payée 150$. Mon équipement de camping, je l’avais emprunté à gauche et à droite et c’était assez sommaire… Alors, oui, tu peux partir de façon précaire. Ce n’est peut-être pas super confortable puis il te manquera quelques trucs, mais tout ce que tu as besoin pour faire du vélo ce sont tes jambes pour rouler, coup de pédale après coup de pédale.

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https://lebloguedemc.com/

Je le souligne parce que je sais que certaines personnes pensent que pour avoir un bon vélo il faut investir 1000$ ou encore 2000$, que le look du vélo est important et que l’on doit avoir le kit qui va avec, etc. Même que pour économiser, il est possible d’adhérer à Warmshower, un concept qui ressemble à du Couchsurfing mais qui s’adresse aux cyclistes. En allant sur le site, tu peux repérer, qui accueillent et à quel endroit. Par exemple, il y a des gens qui accueillent seulement pour une douche et d’autres qui permettent aux cyclistes de se tenter sur leur terrain tout ça gratuitement ». Certains hésitent encore fort probablement à s’aventurer hors des sentiers battus, à sillonner de nouvelles routes ou à partir sur un nowhere prétextant que ce n’est pas pour eux, même si le cœur, lui, en crève d’envie… De quoi avons-nous donc besoin pour quitter les murs du connu et explorer de nouveaux territoires? Selon M-C, l’ingrédient de base est inévitablement le désir, moteur de l’aventure.

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© Sebastian Devenish/Mike Horn

Le fait de puiser dans de nombreux ouvrages d’aventuriers de l’extrême est également un bon moyen de faire face aux différentes difficultés lors de voyages en solo. Par exemple, les époustouflants récits de Mylène Paquette ou encore de Mike Horn peuvent aider à se projeter lorsque l’on vit des moments difficiles et à se doter d’un cadre de référence pour mieux vivre notre aventure. En cas de découragement sur le chemin du voyage rien de mieux que de comparer nos légers déboires à des scénarios plus catastrophiques là  nos modèles ont su réussir et se dépasser. Cette dernière me raconte que lors de son parcours à Cuba, une pluie torrentielle et des vents intenses ont stoppé sa course à vélo, la laissant pantoise dans l’attente. La température ne s’améliorant pas et n’ayant pas d’autres choix que de continuer son parcours pour arriver à sa prochaine destination rapidement, M-C prit un taxi. Déception. La déception, celle de renoncer à son but initial, celui de rouler sur Cuba uniquement à vélo. Dès lors, ce sont ses expériences et ses lectures qui lui ont permis de relativiser, de renoncer et  d’accepter que les éléments de la nature sont plus forts et qu’il faut mieux travailler avec eux que contre eux.

Alors? Pour ceux et celles qui désirent maintenant s’aventurer en solo, comme M-C, faites donc durer le plaisir pour goûter à l’une des plus belles phases du voyage, l’organisation : « Le voyage commence avec la préparation 1 an ou 2 ans avant le grand départ. Quand tu le montes toi-même, tu le prépares longtemps et il dure longtemps ton voyage. »

Pour suivre les passions, les réflexions et les récits de voyage de MC et consulter ses albums souvenirs :

https://lebloguedemc.com/