//Les doctorant.e.s en psychologie en boycott de leur internat

Les doctorant.e.s en psychologie en boycott de leur internat

Les doctorant.e.s en psychologie annoncent le début du boycott de leurs stages et internats pour protester contre l’absence de rémunération.

La Fédération Interuniversitaire des doctorant.e.s en psychologie (FIDEP) avait prévenu dès décembre 2015 de cette mesure annoncée pour la rentrée 2016, afin de permettre au Ministère de réagir à ses demandes. En juillet dernier, la Ministre responsable de l’enseignement supérieur Hélène David annonçait finalement avoir mandaté Luc Granger, ancien vice-président de l’Ordre des psychologues du Québec et de la Société Canadienne de psychologie, pour définir des recommandations. Le ministre Barrette a quant à lui affirmé attendre ce rapport prévu pour la mi-octobre avant de statuer. Trop peu trop tard pour la FIDEP, qui a choisi de maintenir et d’acter le boycott en ce début septembre.

FIDEP_Parcelles du quotidien photographie
Source: Facebook FIDEP, Parcelles du quotidien Potographie

Le conflit qui oppose les deux camps est en cours depuis plusieurs années. Les doctorant.e.s en psychologie doivent effectuer un internat de 1600 heures à la fin de leur parcours universitaire. Dans la majorité des cas, aucune rémunération n’est prévue pour cette année d’internat, alors que les doctorants effectuent un travail de première ligne avec près de 12 000 patients québécois chaque année. En comparaison, un interne en médecine touche 45 000$ pour une première année, selon la FIDEP. La moyenne canadienne pour les internes en psychologie serait de 31 000$. Ce bénévolat involontaire est unique en Amérique du nord.

La conséquence principale pour les étudiants est une montée de l’endettement qui ne les encourage pas à joindre le service public après leur formation, puisque les conditions salariales y sont désavantageuse par rapport à la pratique privée. Parmi les solutions proposées par la FIDEP en plus d’une rémunération classique, des bourses pour l’année d’internat en échange d’une année de pratique dans le réseau public sont envisagées.

 

Déjà touché par une pénurie de psychologues, les réseau de la santé doit maintenant composer avec ce boycott, une situation déplorée par l’Association des psychologues du Québec (APQ), l’un des multiples organismes à avoir affirmé son appui aux démarches de la FIDEP. L’accès aux soins en santé mentale ne s’en trouvera évidemment pas amélioré. Rappelons qu’un patient peut attendre jusqu’à douze mois avant de recevoir des services en santé mentale dans le système public. À terme, la FIDEP espère qu’une meilleure rémunération des internes améliorerait grandement la qualité des services. À l’UQAC, la Clinique universitaire de psychologie a annoncé qu’elle ne prendra pas de nouveaux patients.

La Fédération représente sept associations étudiantes en psychologie aux cycles supérieurs, donc celle de l’UQAC. Les 700 étudiants présents dans le réseau public estiment effectuer 80% du travail d’un psychologue professionnel. Seulement 25% des psychologues québécois travaillent dans le réseau public de la santé.

Rapport de la FIDEP: Étude sur les conditions scolaire, économique et professionnelle des doctorants en psychologie