//Google atteint sa majorité

Google atteint sa majorité

Le 27 septembre est la date de naissance officieuse du géant des moteurs de recherche, qui fête en 2016 ses 18 ans. Né en 1998 dans un garage de Californie, de la tête de deux étudiants de l’université de Stanford, Google allait révolutionner notre rapport à la recherche et au savoir. Avec la majorité de cet outil devenu emblématique d’internet,  il est assez amusant de se rappeler l’ère préhistorique où la recherche la plus triviale nécessitait encore de nombreuses démarches, souvent physiques.

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Bébé Google, en 1998. Source: The Wayback machine

Oui physique, car au milieu des années 1990, il fallait encore se déplacer, ne serait-ce qu’entre les rayons de la bibliothèque, pour trouver les sources et les recouper. Recueils de périodiques, ouvrages de référence plus ou moins à jour qu’il fallait photocopier pour emmener avec soi une citation, lourds dictionnaires à qui il fallait trouver une place. Il fallait rester à l’affût d’un texte sur un sujet qui nous passionne et sur lequel on tombait souvent par chance… « I’m feeling lucky », l’expression chère au moteur de recherche avait déjà tout son sens. L’image d’un groupe musical, la biographie d’un personnage important prenaient parfois l’apparence d’un précieux Graal.

Qui se souvient de la lecture ardue des fiches et des cotes de la bibliothèque? Des collections volumineuses de revues qui prenaient l’humidité? Internet a amorcé une profonde transition vers la dématérialisation. Google, porte d’entrée par excellence vers cette immense archive virtuelle, a rassemblé les outils et multiplié les points d’accès. Comment crever une ampoule? D’où viennent les drosophiles? Quel était le succès numéro 1 de la 2ième semaine de mars 1978? Quelques secondes suffisent et vous voilà repus.

Car si Google, et avec lui une foule de portails plus ou moins spécialisés, a réduit l’espace, il a aussi presqu’anéanti le temps. Le temps de ne pas savoir, de chercher, le temps d’apprendre et de digérer. Les déplacements, les consultations, le transport des données trouvées valorisaient-ils le savoir? La rareté de celui-ci semble aujourd’hui obsolète tant les sources sont nombreuses et toutes prêtes à être découvertes. Mais l’instantanéité des résultats,  la relativité de la valeur des sources, la multiplication des données et des producteurs de contenus ont engagé des transformations civilisationnelles que les chercheurs commencent à peine à étudier. Sans doute le font-ils sur Google, d’ailleurs, et grâce aux nombreuses applications qui s’y greffent.

Avec de telles implications si profondément immiscées dans notre quotidien, Google s’impose comme une « invention » qui change le monde. Il mérite bien qu’on trinque à sa santé!