//Débat du Parti Québécois: culture et éducation

Débat du Parti Québécois: culture et éducation

Alors que les candidats Cloutier et Lisée se talonnent à la tête de la course à la chefferie du Parti Québécois, Le Devoir tenait hier un ultime débat à Québec sur les thèmes de la culture et de l’éducation. Deux sujets souvent négligés dans les campagnes politiques mais dont il est ressorti bien peu de vision.

On peut saluer l’initiative du Devoir d’avoir centré ce dernier événement de la course sur ces thèmes. On a rarement l’occasion d’entendre les politiques sur les problèmes de diffusion de la culture, la survie des musées ou encore sur les différentes facettes de la vie citoyenne. Dans l’austère contexte libéral, les propositions des péquistes sont généralement rafraîchissantes. Malheureusement, trop souvent la solution aux différents problèmes a semblé se borner à gonfler les investissements, à accroître les financements. Une solution magique qui, une fois au pouvoir, n’est jamais si simple à appliquer. On connaît la chanson…

Néanmoins, le débat a concerné à plusieurs reprises le monde de l’éducation supérieure. Martine Ouellet propose un changement radical avec une gratuité scolaire totale du primaire au post-doctorat, une proposition chiffrée à 600 millions de dollars qui, selon elle, s’amortiraient au bout de quelques années par plus d’emplois mieux rémunérés, donc plus d’impôt. Alexandre Cloutier s’est montré plus conservateur sur le sujet, en proposant la gratuité pour la partie plus pauvre de la population. Selon madame Ouellet, cette approche créerait cependant des inégalités difficilement conciliables. Celle-ci a également souligné que le financement de la recherche provenait largement du fédéral et qu’un Québec souverain aurait un meilleur contrôle sur cet aspect de la vie universitaire.

D’autre part, tous les candidats se sont entendus pour revoir l’encadrement de la démocratie étudiante : préserver la liberté d’expression et d’association, privilégier le vote secret et protéger le droit de grève. Jean-François Lisée a dénoncé l’ouverture à la judiciarisation des luttes étudiantes lors du printemps 2012. Même unité des candidats sur la nécessité d’une éducation à la citoyenneté afin de favoriser une démocratie en meilleure santé.

Globalement, ce débat à la chefferie du Parti Québécois, plutôt morne et consensuel, a suscité peu de remous, avec des pointes à deux mille spectateurs lors de la diffusion en direct et bien peu de réactions sur les médias sociaux. Paul Saint-Pierre Plamondon a réitéré sa foi en un gouvernement stratège. Le jeune candidat a bien rempli son rôle de promouvoir des positions moins « sexy » mais pertinentes. Martine Ouellet a sans doute été la plus claire avec des idées concrètes. Elle a semblé également être la plus au fait des réalités du terrain sur les différents sujets abordés. Jean-François Lisée a voulu projeter une attitude rassembleuse, avec son humour habituel. Quant à Alexandre Cloutier, il nous a donné l’impression d’être peu spontané, d’enchaîner les formules et d’être très conscient de lui-même… pour dire les choses poliment.

Le vote des membres débute ce mercredi. Nous connaîtrons le nouveau chef du Parti Québécois dans la soirée de vendredi.