//Le jour où j’ai décidé de me concentrer

Le jour où j’ai décidé de me concentrer

Par Alexandra Rivard

La concentration, c’est ma bête noire. Quand je regarde une page blanche, je me dis que rien n’est urgent et que je peux très bien tout faire plus tard. Lors de ma première année universitaire, le plus tard, c’était généralement à minuit, juste avant la date de remise. Après plusieurs nuits passées à avaler des tasses de café froid et à lire des articles qui n’avaient plus aucune signification pour moi à 3h du matin, j’ai décidé de changer de stratégie et d’affronter un problème qui revient toujours me chatouiller, mais que je chasse de mon mieux. Je vous fais un top 5 des trucs qui m’ont permis d’enfin me coucher paisiblement à 21h (je suis une marmotte), la veille d’une remise de travaux.

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Photo: Alexandra Rivard

1) Définir mes objectifs à l’avance

Prévoir ce qu’on veut faire,  ce n’est pas seulement se dire « Aujourd’hui, je vais lire tel livre. » Pour certains, cette technique sera efficace. Mais pour d’autres, l’objectif paraîtra trop gros et sera remis au lendemain, jour après jour. Je me fais toujours une petite liste des choses que je veux faire, comme lire tel et tel chapitre. La tâche paraît moins énorme et je perds moins de temps lorsque vient le moment de travailler, parce que je sais précisément ce que je dois faire.

2) Me créer un environnement qui stimule ma concentration

Je suis très facile à distraire, alors j’essaie généralement de mettre toutes les chances de mon côté : quand je veux me concentrer, j’ai mes énormes écouteurs sur les oreilles pour être certaine qu’aucun bruit ne viendra me déranger, outre la musique que j’ai choisie. J’ai aussi mes lieux préférés où la concentration me vient plus facilement, et mes petites habitudes, comme d’avoir toujours un café à portée de main. Les routines aident à la concentration et, naturellement, vous savez peut-être déjà laquelle vous convient le mieux et quelles sont les conditions les plus optimales pour vous.

3) Préparer ce dont j’ai besoin

Il vous faut un manuel, un cahier, trois crayons? Préparez-les à l’avance. La déconcentration survient rapidement lorsqu’on doit cesser de travailler pour aller chercher quelque chose dans une autre pièce. Personnellement, je me perds encore en route vers la cafetière, je m’arrête devant une pile de vêtements qui me rappelle que je dois faire le lavage, puis je ne reviens que vingt minutes plus tard devant ma dissertation, en ayant, bien sûr, oublié le crayon que j’allais chercher à l’origine.

4) Me débarrasser des parasites

Je ne parle pas ici de chasser votre coloc (sauf s’il chante à tue-tête du Céline). Ce qui fait souvent obstacle, ce sont les sites web, le téléphone, le désir de faire autre chose. Les parasites coupent notre concentration et peuvent prolonger notre travail de plusieurs heures. Ayant du mal à rester focalisée sur une tâche sans aller papillonner ailleurs sur le web, j’ai découvert certaines applications, tout aussi pratiques qu’irritantes. Rescuetime, disponible gratuitement sur mac, montre les statistiques des sites sur lesquels vous passez et émet une alerte lorsque vous avez dépassé le temps que vous avez alloué à ce site. SelfControl, dont l’icône terrifiante semble annoncer le pire, vous bloque l’accès à tous les sites que vous avez indiqués comme sources de distraction, pendant une durée précise. Par exemple, si j’ai bloqué Facebook, pas moyen d’y retourner sur mon ordinateur avant que les 30 minutes ne soient écoulées.

5) Faire l’effort initial

Impossible d’y échapper. Même si je sais ce que je dois faire, que je suis confortablement installée sur un futon et que tous mes livres sont à portée de main, je n’avancerai pas dans mes travaux si je ne fais pas l’effort de commencer. Là-dessus, pas de solution miracle.  L’écrivain Dany Laferrière conseillait d’inscrire « […] quelques phrases que vous ne serez pas obligé de garder plus tard. Cela vous permet de déborder un peu plus sur la nouvelle page qui ne sera plus blanche. » (p.43) Il est plus facile d’effacer quelques lignes que d’attendre des heures qu’elles apparaissent.

La concentration, c’est peut-être aussi votre bête noire. Mais ce sont tous les efforts fournis pour la dompter qui procurent la satisfaction finale de lancer son mortier à la remise des diplômes. Vous serez alors tellement doués pour vous concentrer que vous parviendrez à ne pas l’envoyer valser sur votre voisin. (Je plaide non coupable.)

Ce texte a été publié dans Le Griffonnier 114