//Halte à la culture du viol

Halte à la culture du viol

Demain 26 octobre, plusieurs marches se tiendront simultanément au Québec pour dénoncer la culture du viol. À Chicoutimi, le rassemblement prévu pour 17h30 débutera à l’UQAC pour ensuite défiler vers le centre-ville.

Ce mouvement survient dans le sillage des événements de la semaine dernière à l’Université Laval, de la dénonciation d’un député de l’Assemblée Nationale et des réactions qui s’en sont suivies. Toutefois, la mobilisation contre la culture du viol remonte bien au-delà. On se souvient par exemple des révélations de l’an dernier à propos de femmes autochtones alléguant avoir été abusées par certains agents de la Sûreté du Québec.

Marielle Couture, figure connue des luttes féministes et sociales dans la région, fait partie du comité organisateur de la marche au Saguenay. Selon elle, la mobilisation s’est faite très rapidement, via les médias sociaux, dans la foulée des événements de la semaine dernière.

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Visuel de l’événement conçu par Maude Bergeron / Les Folies passagères

« L’objectif principal c’est de briser le silence. Dans l’actualité récente il y a beaucoup d’événements qui font en sorte qu’il y a un ras-le-bol collectif. Beaucoup de femmes ont besoin de prendre la parole pour dénoncer cette banalisation de ce qu’on appelle la culture du viol. C’est une prise de parole et une occasion de sensibiliser les gens. Les propos du député de Dubuc Serge Simard ont soulevé une certaine colère, particulièrement dans la région. Ça a été très rapide sur les réseaux sociaux. Je pense que c’était le temps de sortir de chez nous pour prendre la parole rapidement. »

Marielle Couture donne des détails sur le déroulement de la marche

Au départ de la marche, quelques femmes s’adresseront aux militant.E.s, dont Josée Néron de l’Équipe du renouveau démocratique (ERD), Michelle Martin, intervenante sociale, ainsi que Caroline Jean du Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire (MEPAC).  La marche prendra ensuite la direction du poste de la Sécurité publique de Saguenay situé près de l’Hôtel de Ville.

Il est important pour Marielle Couture de spécifier que les hommes sont les bienvenus lors de cette action, tout comme les enfants. En effet, les hommes ont un rôle à jouer dans la dénonciation de cette culture et dans la lutte vers l’égalité. La culture du viol peut être perçue comme une attaque contre la masculinité. C’est une façon erronée de voir les choses selon l’organisatrice.

« Ce qui est parfois difficile à comprendre, c’est que ce n’est pas une question personnelle. Les féministes ne se battent pas contre les hommes, elles se battent contre un système, c’est une lutte qui est politique. Il faut qu’on marche ensemble!»

Le viol, une culture?

Le concept de culture du viol, s’il est reconnu par une certaine part de la population, est encore nié par bien des gens, dont plusieurs chroniqueurs. C’est sans doute un problème d’éducation populaire. Mais ceci s’explique également par la personnalisation des débats.

Marielle Couture sur la culture du viol

« La culture du viol c’est la banalisation de tout ce qui est agression dans les discours, dans les jokes sexistes et dans les processus autour de la violence faite aux femmes. Il y a quelque chose dans l’ambiance sociale qui fait qu’on accepte des choses qui sont inacceptables. Toutes ces petites choses-là font en sorte qu’on parle d’une culture parce que c’est répandu et banalisé. Le pire dans tout ça c’est qu’on l’intègre socialement comme femme. On intègre le fait que c’est pas grave et que c’est normal.»

Notre entrevue intégrale avec Marielle Couture

Ailleurs en région

Le mouvement national de dénonciation de cette culture se manifeste également du côté du Cégep de Saint-Félicien, où le comité femmes lance le volet régional de la campagne Ni viande ni objet initiée du côté de Sherbrooke. Une activité de sensibilisation était tenue ce mardi et d’autres actions sont à surveiller.

Marche de dénonciation contre la culture du viol à Chicoutimi

Mercredi 26 octobre à 17h30, UQAC.