//Portraits de l’action communautaire autonome

Portraits de l’action communautaire autonome

En collaboration avec le Groupe de recherche et d’intervention régionales (GRIR), des organismes communautaires lancent cette semaine le livre Visages de l’action communautaire autonome. Le Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire (MEPAC) et la Corporation de développement communautaire du Roc (CDC du Roc) sont à l’origine de ce projet destiné à mettre en valeur le travail d’organismes sur le territoire. Caroline Jean du MEPAC et Géo Pelletier du CDC sont venues le présenter dans nos locaux.

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L’un des portraits réalisés par le photographe Nicolas Lévesque au Service alimentaire La Recette.

La publication origine d’un désir des organismes impliqués de mettre en valeur leurs actions dans leurs milieux respectifs. En cherchant le meilleur moyen d’y arriver, les responsables ont identifié la photographie comme vecteur informatif et visuel. Ainsi le photographe Nicolas Lévesque a visité les groupes communautaires pour documenter leur travail, ce qui a résulté en une exposition en collaboration avec l’ébéniste Jérôme Boudreault.

Notre entrevue intégrale avec Caroline Jean et Géo Pelletier

Cette exposition s’est promenée depuis son inauguration il y a 3 ans. C’est lors de son passage à l’UQAC que le GRIR a proposé d’en faire une publication. Celle-ci, fort bien présentée, comprend les photographies ainsi que des textes d’universitaires et d’acteurs du milieu communautaire. Articles théoriques, textes descriptifs du terrain, vulgarisation et même poésie, ces textes de natures diverses bonifient la mise en valeur du travail effectué par les organismes. Pour Caroline Jean, la démarche vise plusieurs objectifs.

« Le milieu communautaire est très présent, mais aussi très méconnu. Nous voulions lever le flou et spécifier ce qu’on fait. On aimerait que ce soit une porte d’entrée pour démontrer aux ministères et à l’appareil gouvernemental, qui nous finance et qui nous reconnaît peu, qu’on est là, qu’on existe et qu’on fait des projets en collaboration avec d’autres milieux. C’est un peu notre essence et ça doit être reconnu davantage que ce ne l’est actuellement.  »

Selon Géo Pelletier, le livre a été conçu pour être accessible au plus grand nombre. Il s’agit d’un outil qui sera diffusé dans les milieux communautaires et universitaires. On peut se le procurer auprès du GRIR, du MEPAC et de la CDC du Roc.

Qu’est-ce que l’action communautaire autonome?

Le gouvernement reconnaît trois types d’organismes communautaires. L’action communautaire autonome (ACA) en est un. Elle se définit par le fait que les initiatives réalisées par les organismes proviennent de la base. Les projets ne sont pas définis et exigés par le gouvernement, mais créés et adaptés pour et par le milieu. Caroline Jean précise :

«  La question qu’on se fait souvent poser c’est « Quelle est votre autonomie? Si vous êtes financés par le gouvernement, vous n’êtes pas autonomes. » Au contraire. Dans leur charte les organismes d’ACA sont libres de choisir quelles sont leurs actions et leur mission, et ce indépendamment d’une orientation gouvernementale. C’est plutôt l’inverse. Quand on parle d’autonomie, ce n’est pas une autonomie financière. C’est une autonomie de décision, une autonomie citoyenne. »

Caroline Jean défini l’action communautaire autonome

L’austérité dans le milieu communautaire

Dans un contexte où le financement des services sociaux et des organismes communautaires connaît un recul, la situation est difficile. Le milieu, habitué au sous-financement et à une reconnaissance minimale de ses actions, porte le poids des coupures. Si Géo Pelletier n’a pas eu vent d’organismes devant abandonner leur mission, elle reconnaît que la pression se fait sentir.

« Il y a des répercussions des coupures dans les services publics. La population a moins de service, n’a pas accès aux soins ou aux services habituels, alors ça déborde. Les services publics dirigent directement dans les organismes parfois. Les subventions ne sont pas indexées non plus. Ça a des impacts divers : des réductions d’heures d’ouverture voire même des fermetures de quelques mois. »

En plus des impacts sur ces services, les difficultés se répercutent également sur les conditions de travail des employés. En ce sens, l’ensemble des organismes communautaires du Québec invite à la grève dans le cadre d’une campagne visant la défense du milieu. Plusieurs regroupements de la région ont déjà reçu les mandats de grève, qui devraient se concrétiser les 8 et 9 novembre prochains.