//l’AFPC fait du harcèlement au travail une priorité

l’AFPC fait du harcèlement au travail une priorité

En mai dernier, consultant ses membres pour établir la thématique de la semaine de valorisation du milieu universitaire, l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) a reçu un message clair et unanime : le harcèlement au travail est une problématique prioritaire. Magali Picard, vice-présidente exécutive régionale de l’AFPC pour le Québec, était de passage aujourd’hui à l’UQAC pour aborder la question dans le cadre d’une tournée de sensibilisation et consultation. Elle est venue dans nos studios pour dresser un portrait de la situation.

Magali Picard, AFPC. Photo: Courtoisie
Magali Picard, AFPC. Photo: Courtoisie

Notre entrevue avec Magali Picard

Dénigrement, manipulation, blagues ou gestes déplacés, le harcèlement au travail peut prendre de multiples formes. Selon l’étude interne de l’AFPC, plus de 60% de femmes disent vivre du harcèlement de la part de leurs supérieurs, alors que 50% des hommes le vivraient de la part de collègues. Devant ces statistiques préliminaires impressionnantes, l’Alliance veut identifier comment elle peut soutenir ses membres et faciliter le processus de dénonciation de ces comportements. Madame Picard constate l’urgence d’agir :

« On va cesser de se préoccuper du fléau et on va s’en occuper. Il y a 20-25 ans, lorsque j’ai commencé mon militantisme, les sondages étaient à peu près similaires. On évolue comme société, on a beaucoup plus de moyens à notre disposition, mais les statistiques restent les mêmes. »

L’AFPC ne compte pas imposer de stratégies aux milieux de travail. Elle est en mode consultation pour définir avec sa base les approches à mettre de l’avant. En plus de sensibiliser le grand public à la problématique du harcèlement lors de sa tournée des universités québécoises, madame Picard vient également proposer des pistes de solution. À titre d’exemple, l’AFPC met de l’avant la création d’un ombudsman, indépendant des institutions et responsable du harcèlement en milieu universitaire.

Si les obstacles à la dénonciation d’un harcèlement en milieu de travail peuvent s’avérer nombreux, madame Picard invite les victimes à s’adresser aux instances auxquelles elles sont affiliées que ce soit leur syndicat ou leur association étudiante. On y trouve généralement le personnel qualifié pour répondre à la problématique. L’important selon Magali Picard est de ne pas se taire, de ne pas accepter l’inacceptable.

Harcèlement dans le monde municipal

Questionnée sur le climat de travail malsain à l’Hôtel de ville de Saguenay, dénoncé par la conseillère Josée Néron et remis en question par ses adversaires politiques, madame Picard considère que la façon d’agir de madame Néron a été la bonne.

Magali Picard à propos de la sortie de Josée Néron

« Je pense qu’elle n’avait pas le choix de faire ce qu’elle a fait. Je ne connais pas la situation dans tous ses détails, mais ce que je peux vous dire c’est que dans un contexte comme le sien, elle a aussi une responsabilité comme élue. Si elle avait gardé cette situation-là pour elle, si elle avait accepté, elle aurait envoyé un message. Ils sont nombreux à l’Hôtel de ville, si elle l’a vécu, il y a d’autres gens autour qui devaient subir cet environnement là. Elle avait la responsabilité de dire que ce n’est pas acceptable, dans aucun milieu de travail. »

Plan d’action

L’AFPC poursuit sa tournée des institutions universitaires de la province afin de définir un plan d’action. Madame Picard espère avoir terminé le processus de consultation et être prête à mettre en place une campagne politique sur le harcèlement avant la fin de 2017, après avoir fait approuver par les membres les approches privilégiées. Elle souhaite profiter de l’approche des élections pour faire réagir les autorités qui seront alors plus à l’écoute des revendications.