//We are wolves : Pas wrong pantoute

We are wolves : Pas wrong pantoute

Le trio We are wolves est de passage dans la région cette fin de semaine, pour un concert au Sous-Bois vendredi et à Dolbeau le lendemain. Conversation avec Alex Ortiz, guitariste et chanteur de la formation.

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We are wolves. Alex Ortiz au centre. Photo: Courtoisie

We are wolves lançait fin septembre son cinquième album, intitulé Wrong. Toujours finement réalisée et festive, cette nouvelle production est certainement plus teintée de pop et de new-wave que les précédentes. Alex Ortiz ne cache pas avoir ressenti une certaine inquiétude avant le lancement de Wrong : la crainte que cette mouture plus accessible ne leur soit reprochée par les puristes de la première heure.

« Étrangement j’étais assez nerveux, je savais très bien d’emblée que l’album était différent de ce qu’on avait fait auparavant. J’anticipais des commentaires du genre « Vous avez changé, vous êtes rendus trop pop, sell-out ». Donc j’étais un peu fébrile. Mais je suis content, la réception est bonne. »

Notre entrevue avec Alex Ortiz

We are wolves revendique la liberté de naviguer entre les genres. La fusion entre le très électrique et le très électronique n’est-elle pas l’une de ses signatures? Wrong alterne entre une froideur polaire et la chaleur d’une piste de danse. L’authenticité est par ailleurs l’une des lignes directrices du groupe, ce qui se ressent fort bien en spectacle. Il s’agit d’excellents musiciens dotés d’un charisme certain. Leurs prestations comportent toujours une dimension imprévue et spontanée de l’ordre du happening. Ce dont leurs fans, très fidèles, raffolent.

« Je pense que quand on embarque tous les trois sur scène, il y a un côté théâtral  mais il n’y a rien de stagé, rien de déterminé. C’est improvisé de A à Z et dans l’idée d’une expérience animale, un rituel presque sectaire, dans lequel on s’embarque avec la foule dans un délire commun. C’est pas notre buzz de vouloir faker les affaires. »

Alex Ortiz parle de la présence scénique de We are wolves

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Wrong, le cinquième album de la formation, est paru en septembre dernier.
Blues du vieux routier

Le groupe se situe à une période paradoxale de sa carrière. Jouissant d’une solide réputation, d’un respect considérable parmi les critiques, les musiciens ou les fans, We are wolves pâti néanmoins d’une industrie à courte vue, privilégiant systématiquement la saveur du mois. Et malgré cette réputation, le groupe est bien loin de se procurer une villa à L.A… Perdus dans la quantité, il nous est souvent plus difficile de suivre le développement d’un artiste dans la durée.

« La reconnaissance, il y a quelque chose d’intéressant à ça. Ça permet d’être animé, de vouloir pousser davantage. Ça fait longtemps qu’on fait ça, c’est pas comme si on générait de l’argent et qu’on pouvait en vivre de façon excentrique. On arrive à survivre, à peine. Souvent les gens se font une idée du band, ça fait longtemps qu’ils en entendent parler, ils ne vont pas écouter ce qui se passe aujourd’hui. Ils sont tellement sur-stimulés par les nouveaux bands qui sortent à tous les jours, glorifiés par le NME et le Pitchfork. »

Même sentiment mitigé à propos de la diffusion de la musique en continu sur le web. Elle permet une diffusion inégalée de la musique, dans des endroits des plus insoupçonnés, mais elle tend à faire oublier la valeur du travail artistique.

« C’est à double tranchant. On n’est plus dans les années 1970, où tu pouvais vivre de ta musique. Mais tu peux être découvert par n’importe qui n’importe où. Il y a quelque chose de vraiment beau et particulier avec ça, mais aussi de déchirant pour ce que ça représente d’économique et d’artistique. »

 La fête au Sous-Bois

Malgré la dureté de ces réalités, le nouvel album est d’une grande qualité et il sera intéressant d’en entendre la transposition sur scène. Les riffs accrocheurs, les claviers riches et l’étrange voix d’Ortiz résonneront magnifiquement dans la petite salle de Chicoutimi. L’osmose entre le groupe et son public y trouvera un contexte idéal pour se déployer. L’aspect pop et dansant des nouvelles chansons ne peut que décupler le plaisir, ce vendredi.

WE ARE WOLVES – première partie Lesbo Vrooven

Au Sous-Bois de Chicoutimi, vendredi 2 décembre, 22h

Au Vox Populi de Dolbeau-Mistassini, samedi 3 décembre, 22h30