//La FIDEP obtient gain de cause

La FIDEP obtient gain de cause

Les internes en psychologie ont reçu une excellente nouvelle tout juste avant la pause des Fêtes. La Fédération interuniversitaire des doctorant.e.s en psychologie (FIDEP) a conclu une entente longtemps attendue avec le Gouvernement du Québec. Celui-ci reconnaît ainsi le rôle essentiel des internes en psychologie dans le réseau public.

Des membres de la FIDEP entourent la ministre Hélène David suite à l’entente survenue en décembre dernier. Source: FIDEP.org

La nouvelle est tombée le 21 décembre dernier, après une décennie de représentations politiques et quatre mois de boycott des internats. Dans une décision que la FIDEP a qualifié de grande victoire, la ministre de l’Enseignement supérieur Hélène David a annoncé l’instauration de 250 bourses de 25 000$ qui seront attribuées dès l’automne 2017. Afin de favoriser le retour des doctorant.e.s dans le réseau dès maintenant, une somme supplémentaire de 1.25 millions de dollars est investie. Enfin, les doctorant.e.s ont obtenu un congé parental leur permettant au besoin de retarder d’un an leur internat.

En retour, les doctorant.e.s en psychologie s’engagent à effectuer 150 heures en plus des 1600 que comprenait jusqu’ici l’internat, ou encore à travailler au moins deux ans dans le réseau public au début de leur carrière professionnelle.

Victoire

Cette entente met fin au boycott des internats entrepris à la rentrée 2016. Les représentants de la FIDEP se disent prêts à rattraper le temps perdu durant l’automne. « C’est une grande victoire pour les doctorantes et les doctorants en psychologie qui voient finalement leur travail reconnu et rémunéré! C’est aussi un grand pas vers une meilleure accessibilité aux soins de santé mentale au Québec. » a déclaré Eddy Larouche, président par interim de la Fédération.

Si la somme obtenue, totalisant 6,2 millions de dollars, est inférieure à la moyenne versée en salaire hors-Québec, le traitement fiscal des bourses permet une certaine équivalence satisfaisante aux yeux de la FIDEP. M. Larouche souligne que la satisfaction de ses membres est élevée.

Une conclusion longuement attendue

Rappelons que depuis 2006, un doctorat est nécessaire pour pratiquer la psychologie au Québec. La formation impose également une année d’internat effectuée la plupart du temps dans le réseau public de la santé. Or, contrairement à l’ensemble des internats en Amérique du Nord, les psychologues en devenir n’obtenaient aucune rémunération pour un travail évalué à 80% de la tâche d’un psychologue professionnel.

À l’UQAC, le boycott concernait une dizaine de doctorant.e.s en plus des stagiaires qui s’étaient joint.e.s au mouvement.

Déjà essoufflés par un long parcours académique, les doctorant.e.s devaient souvent combiner l’ultime étape de leur formation avec un emploi à temps plein. Cette situation compliquait leur entrée sur le marché du travail en plus de rendre la profession beaucoup moins attirante.

Pour Eddy Larouche, « Cette entente répond aux recommandations du rapport Granger, permettant aux internes de se consacrer à soulager la détresse psychologique des nombreux Québécois.es qui demandent de l’aide et ainsi améliorer l’offre en santé mentale au Québec »