//La face cachée de Tinder

La face cachée de Tinder

On ne peut parler des interactions et de la communication en 2017 sans discuter de la fameuse application de rencontre Tinder. En effet, sa popularité semble toujours croître ; pourtant, elle s’est constitué une mauvaise réputation, et les gens qui ne l’utilisent pas jugent souvent ses utilisateurs. J’étais de ceux-ci, je trouvais son principe trop superficiel. De plus, comme tout le monde, je croyais qu’on ne pouvait trouver une relation durable sur cette application, qu’elle n’avait été conçue que pour trouver des histoires d’un soir. Puis, je l’ai essayée. Et la vision que j’entretenais à l’égard de celle-ci a totalement changé.

Par Noémie Simard

Je m’étais toujours dit que jamais je ne m’inscrirais sur Tinder. Je critiquais l’application ouvertement, devant tous, utilisateurs ou non. Puis, mes amies m’ont dit que je ne pouvais avoir une opinion si tranchée sans l’avoir essayée de prime abord – j’étais totalement de leur avis. Alors, pour me donner raison, j’ai décidé de m’inscrire. Aussi, je dois dire qu’une partie de moi me disait que je ne pouvais tomber sur de pires spécimens que dans la réalité, où plusieurs de mes premières dates non tinderéenne s’étaient révélées désastreuses (notamment à cause d’un religieux intense et dépendant affectif, à cause d’un drogué si drogué que ça ne paraissait plus et aussi à cause d’un sadomasochiste à l’égo surdimensionné). Mes critères étaient élevés, je ne le cache pas. Le moindre défaut sur le profil d’un autre me faisait « swiper » à gauche.

Ce que je condamnais, soit l’aspect superficiel de Tinder, j’y goûtais et je le pratiquais sans remords; après tout, juger arbitrairement l’autre sexe sur des points plus ou moins pertinents et très subjectifs était le fonctionnement primaire de l’application. D’ailleurs, je savais que la population masculine ne se gênait pas de traiter mon propre profil pareillement. Cependant, il faut préciser que les jugements que j’effectuais n’étaient jamais méchants, seulement il fallait suivre le fonctionnement de l’application. Ainsi, ils se basaient sur ce que je recherchais chez un homme, j’étais particulièrement difficile parce que je ne croyais pas rencontrer quelqu’un qui me plairait vraiment. Plusieurs de mes ami.e.s avaient trouvé l’amour sur Tinder, mais pour ma personne, je n’y croyais absolument pas.

Finalement, j’ai eu un coup de chance et j’ai rencontré quelqu’un d’extraordinaire qui voulait une relation sérieuse. Ça a cliqué tout de suite entre nous, pour diverses raisons, celles qui font qu’il y a une chimie entre deux êtres. Et ça m’a fait réfléchir, je suis revenue sur l’opinion tranchée et sans fondement que j’entretenais vis-à-vis de l’application de rencontre.

Ainsi, bien que je condamne encore l’aspect très superficiel de Tinder, je crois qu’il remplit pourtant la tâche qu’il s’est donné de faire : créer des matchs entre des gens qui, normalement, ne se seraient peut-être jamais rencontrés. Et c’est souvent devant ce côté caché que les gens se fiant à sa mauvaise réputation passent sans s’en rendre compte. Les gens s’y rencontrent et, selon ce qu’ils recherchent, trouvent ce qu’ils veulent. Ce n’est pas Tinder qui organise des histoires d’un soir : ce sont ses utilisateurs, parce que c’est ce qu’ils désirent – et, croyez-moi, je dis cela sans jugement aucun, je l’expose et c’est tout. Il est seulement bon d’ajouter que ceux qui cherchent des histoires plus sérieuses y trouveront aussi leur compte, s’ils cherchent bien et qu’ils posent leurs limites devant ceux qui ne désirent que butiner.

Est-ce que Tinder mérite sa mauvaise réputation? Est-ce que ceux s’y étant rencontrés devraient éprouver un malaise quant à la méthode utilisée? Non, je ne le crois plus. Rencontrer l’amour grâce à la technologie, c’est maintenant, en 2017, aussi normal que de le rencontrer dans un bar ou au travail. Au final, peu importe le médium utilisé : ce sont les partenaires qui créent la relation et qui l’entretiennent, et Tinder n’est qu’un moyen parmi tant d’autres pour trouver la personne qui en vaut le coup.