Ça sent la coupe: Blues des séries

Ça sent la coupe, comédie romantique mettant en vedette Louis-José Houde sur fond de sainte flanelle, prend l’affiche ce vendredi dans les salles québécoises.

Louis-José Houde interprète Max. Photo: Véronique Boncompagni / Films Séville

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Le leadership des femmes noires à l’honneur

L’édition régionale 2017 du Mois de l’Histoire des noir.es se déroule sous le thème du leadership social des femmes noires. C’est dans cette optique qu’une table ronde leur donnant la parole aura lieu ce vendredi 24 février à 17h, à l’Hôtel Chicoutimi. Cette activité ouverte à tous sera également l’occasion de remettre les prix de l’Association des Africain.es du Saguenay-Lac-Saint-Jean (AASL). Parmi les femmes qui s’exprimeront, la Martiniquaise Yanice Retory plaidera l’importance de l’implication sociale et communautaire comme vecteur d’intégration.

Yanice Retory lors de son passage dans nos studios. Photo: CEUC

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Nelly Arcan, ou l’éternelle incomprise

Le 20 janvier dernier sortait au cinéma le film Nelly d’Anne Émond, film librement inspiré de l’œuvre et de la vie de l’écrivaine du même nom. Déjà, un espoir se profilait à l’horizon : si Nelly Arcan avait été incomprise et parfois maltraitée et mal jugée par le public pendant la courte durée de sa vie, on pouvait croire que huit ans après sa mort, une femme réalisant un film biographique sur sa personne pourrait enfin lui rendre l’hommage et la compréhension qui lui revenaient de droit de son vivant. Hélas, Anne Émond est tombée dans le seul piège, pourtant apparent, qui l’attendait dans la réalisation de ce film : mettre de l’avant la prostituée avant tout le reste.

Mylène Mackay interprète Nelly Arcand dans le film d’Anne Émond. Photo: Films Séville

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Le voyage vers un monde meilleur

Je veux écrire pour ceux qui n’ont pas peur de changer de place, de reconstruire une vie ailleurs, de trouver leurs voies loin des racines qui les tiennent au sol. On voyage par désir, désir de voir un paysage nouveau, de connaitre d’autres lieux, d’autres gens… Il y a ceux qui voyagent pour voyager, pour ne pas trop se faire à la routine, pour casser le rythme de leurs vies trop paisibles. Mais il y a aussi ceux qui voyagent parce qu’ils n’ont pas de vie paisible, ceux qui risquent leurs vies pour en trouver une.

Par Amira Ben Rejeb et Imène Benkalaï

D’où je viens, des milliers de personnes rêvent de quitter le sol natal, certaines cherchent plus de liberté loin des pays qui se radicalisent peu à peu, d’autres cherchent à avancer dans la vie, à pouvoir faire la différence, à ajouter un plus à la société dans laquelle ils vivent, et ce, sans qu’on leur dise chaque jour : « Tu ne changeras rien, adapte-toi à la connerie ou quitte le pays ». Il y a quelques jours, un sinistre s’est produit à Québec, l’une des villes les plus paisibles au monde. Je me rappelle que ma mère, en arrivant ici pour la première fois, a dit: «C’est le paradis sur terre! » Mais hélas, il faut croire que même dans ce paradis, le diable a eu le bras long.

Le diable a frappé un dimanche soir, ou plutôt il a envoyé un de ses disciples frapper pour lui… Qui aurait pu prévoir cela ? Tout était calme, la soirée s’écoulait au rythme des murmures des fidèles de la mosquée, la pénombre bleue teintait le lieu saint d’une profonde sérénité… En somme, la paix régnait. Et puis… Le coup est arrivé sans prévenir, les tirs ont fusé, tout n’était que confusion, angoisse et terreur… « Que se passe-t-il ? Pourquoi ? J’ai une douleur lancinante qui me traverse la poitrine… Pourquoi tout est flou ? Je ne vois plus, je, je… »

On dit souvent que les douleurs soudaines sont celles qui font le plus mal, demandez aux fidèles de la grande mosquée de Québec, demandez à leurs familles… Demandez à une femme qui attendait que son mari rentre de la prière, demandez à un enfant qui était prêt à accueillir son papa à l’entrée de leur maison en lui sautant au cou.

Ils sont partis, ils ne sont plus. « Ils… Ils sont… juste partis. Pourquoi sont-ils partis ? Il est où papa ? Maman, pourquoi papa n’est pas rentré hier? Il a dit qu’il viendrait avec moi à l’école ce matin… Il a promis !»

Que pourrait-on leur dire ? Un homme est entré dans la mosquée et a commencé à tirer sur ses concitoyens parce qu’il pensait qu’ils étaient différents, parce qu’il s’est donné le droit d’ôter la vie à autrui. On pourrait se demander : « À qui la faute? »

Était-ce par peur, par haine ou par incompréhension ? Est-ce le climat politique ambiant qui est toxique ? Était-ce à force de voir dans les médias que les « musulmans/Arabes »  sont ses ennemis et qu’ils sont là dans le seul but de lui faire du mal ? Quand, juste à côté, « la tête » du gouvernement du pays voisin prône haut et fort des idées noires et discriminatoires telles la méfiance, l’expulsion et la chasse de tous ceux qui ne rentrent pas dans le standard de l’américain blanc.

Il faut rappeler que les hommes politiques ne sont pas là pour amuser la galerie, ils ont un rôle primordial à jouer afin d’apaiser les tensions, dissiper la méfiance et consolider les valeurs du vivre-ensemble en mesurant chaque mot qu’ils prononcent. À l’instar de Trudeau, le seul homme politique qui a eu le courage et l’intelligence de dire les choses comme elles sont : « ceci est un acte terroriste ». Point. Pas entre guillemets, et pas de « terrorisme inversé », juste du terrorisme. Qu’on se le dise, l’islam est à Daech ce que le christianisme est au Ku Klux Klan.

On peut comprendre qu’un non-musulman puisse avoir peur de voir des valeurs radicalistes s’installer peu à peu, mais la violence n’est certainement pas le moyen de riposter; il faut aller vers l’autre, lui accorder le bénéfice du doute, la chance de s’expliquer et les moyens de s’intégrer. Les musulmans moyens qu’on côtoie chaque jour ne sont pas responsables des horreurs qu’on peut voir à la télévision et qui arrivent à l’autre bout de la Terre, ce sont des personnes qui ont peut-être même fui, justement, ces horreurs-là. Ceux qui ont été lâchement assassinés étaient des citoyens modèles: ils travaillaient, payaient leurs impôts et élevaient leurs enfants en suivant les valeurs du Québec : le vivre-ensemble, l’interculturalisme et la tolérance.

Dans la veillée aux chandelles lundi dernier, on a pu constater que les citoyens étaient solidaires, car près de 300 personnes ne se connaissant pas se sont réunies autour des mêmes valeurs humaines, et ce, pour rappeler qu’eux non plus n’adhéraient pas à cette violence injustifiée. Il y a certainement un Québec avant et un Québec après l’attentat, mais c’est à nous tous, citoyens et hommes de pouvoir, qu’il revient de faire de cet « après attentat » une ère de paix et de solidarité fidèle aux valeurs que le Canada a toujours défendues.