//De la place pour la relève en santé

De la place pour la relève en santé

La présidente du Syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois (SIISNEQ-CSQ), Nathalie Savard, était de passage au Cercle de presse du Saguenay ce mercredi. Elle y a dressé un portrait inquiétant du réseau de la santé sous l’ère Barrette, touché par de multiples restructurations.

Nathalie Savard, présidente du SIISNEQ-CSQ. Photo: Courtoisie

Selon madame Savard, le réseau de la santé n’a jamais été aussi maltraité qu’en ce moment. La présidente dénonce des coupes de plus de 80 millions de dollars au cours des 7 dernières années dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean seulement. Les effets de la Loi 10, dont l’objectif est de modifier l’organisation et la gouvernance  et qui est entrée en vigueur le 1er avril 2015, seraient loin d’avoir été absorbés par le réseau. Madame Savard affirme que ces bouleversements ont été engagés sans planification stratégiques et imposés à des services des ressources humaines mal outillés pour les appliquer.

Elle dénonce également ce qu’elle identifie comme un double discours de la part du ministre de la santé. Alors qu’il utilise le prétexte de la stabilité des équipes et du volume des patients pour centraliser des services (par exemple la chirurgie de l’œsophage qui ne sera plus offerte dans la région mais à Québec), il demande aux membres du SIINEQ-CSQ plus de mobilité et de souplesse dans leurs affectations. Une situation que madame Savard juge inacceptable.

La relève en santé

Questionnée sur la place réservée à la relève dans le système de santé, Nathalie Savard a tenu un discours plus encourageant. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean ne connaît pas de pénurie de personnel telle qu’on en trouve sur la Côte-Nord et le nord du Québec.

Selon elle il est trop souvent difficile d’offrir des postes intéressants aux diplômé.es de la région. Les décideurs doivent se pencher sur cette problématique importante puisque plusieurs infirmières spécialisées formées par les collèges de la région ainsi que par l’UQAC peinent à se trouver un poste dans la région.

Nathalie Savard à propos de la relève en santé dans la région

« Il va falloir trouver des moyens avec les employeurs pour s’assurer de garder notre relève dans la région.  C’est clair et net, c’est un enjeu bien précis. Ici à l’UQAC, on a déjà formé deux cohortes d’infirmières praticiennes spécialisées. C’est bien, ces gens-là travaillent dans notre région, ont des emplois. On a même été obligés d’embaucher à l’extérieur. Ce programme est en attente mais va repartir ici à Chicoutimi en 2018. Il y a même des discussions pour la formations d’infirmières spécialisées en psychiatrie et santé mentale. On a besoin de ces jeunes-là. On a une possibilité de 24 postes ici dans le CIUSSS et on a 12 postes de comblés. »

À propos du SIISNEQ-CSQ

Le Syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois (SIISNEQCSQ) représente 1 250 membres infirmières et infirmiers, infirmières auxiliaires et infirmiers auxiliaires et inhalothérapeutes œuvrant dans trois réseaux répartis dans les régions du SaguenayLac-Saint-Jean, de la Côte-Nord, de la Basse-Côte-Nord et du Nord-du-Québec.