//La voix étudiante ne répond plus

La voix étudiante ne répond plus

En début de semaine, l’AVEQ est venue à l’UQAC pour présenter un rapport de recherche sur la couverture de santé des étudiant.es internationaux / internationales. Cette recherche a été initiée à la demande de MAGE-UQAC suite à la situation dramatique vécue par la sénégalaise Awa Cheikh Diop lors de ses études au Saguenay.

Par Stéphane Boivin

Awa Cheikh Diop continue à subir les conséquences d’une grossesse vécue lors de ses études à l’UQAC. Photo: Ici Radio-Canada


Que ce soit pour les étudiant.es d’ici ou d’ailleurs, la problématique des assurances maladie semble hors de contrôle. Au niveau du réseau des Universités du Québec, l’entente est globale avec l’institution Desjardins. Perrine Argilès, présidente du MAGE-UQAC, admet que les instances étudiantes n’ont pas de contrôle sur la négociation ou même le renouvellement de l’entente. Il est même difficile de connaître les détails des couvertures offertes pour lesquelles les membres paient. Pour de nouveaux arrivants, le problème est amplifié par une réglementation obscure quant aux remboursements valides, des besoins variables et la méconnaissance du système de santé. L’AVEQ propose notamment une intégration des étudiant.es internationaux / internationales au régime public de la RAMQ. Une option qui est possible dans certaines provinces canadiennes et quelques pays d’Europe.

Il nous a été difficile, voire impossible, d’obtenir auprès de l’AVEQ des détails sur le financement et la méthodologie de cette recherche qui est basée sur la participation de quelques 52 répondants à travers le Québec. L’ensemble des recommandations provient par ailleurs des commentaires des sondés. Les démarches concrètes auprès des ministères concernées sont apparemment balbutiantes. Il est donc légitime de questionner la portée réelle de la publication d’une recherche somme toute assez mince lorsqu’on la compare à l’importance de sa problématique.

Christopher Giorffy, responsable de la coordination générale à l’AVEQ, n’a pas été en mesure de fournir de réponses à nos questions lors de sa visite, nous référant à son équipe, absente. Des coups de fil aux bureaux de l’AVEQ se sont butés à une boîte vocale anglophone. Des courriels de questions sont restés lettre morte, les réponses promises ne nous parvenant pas. La voix étudiante rate là une belle occasion de démontrer son intérêt pour les régions alors qu’elle sollicite l’affiliation de l’UQAC.

Dans ce contexte, comment ne pas voir dans ce point de presse de l’AVEQ une activité s’intégrant dans la campagne d’affiliation en cours? Cette affiliation est manifestement désirée par MAGE-UQAC, qui a collaboré aux premières heures de l’AVEQ. La loi du nombre, la constitution d’un meilleur rapport de force national semblent en être les principaux intérêts. MAGE-UQAC travaille ouvertement à cette affiliation, contre laquelle aucune opposition ne s’est encore manifestée… si ce n’est le désintérêt quasi-généralisé de la communauté étudiante.

La rapport La Santé à l’étude