//Le leadership des femmes noires à l’honneur

Le leadership des femmes noires à l’honneur

L’édition régionale 2017 du Mois de l’Histoire des noir.es se déroule sous le thème du leadership social des femmes noires. C’est dans cette optique qu’une table ronde leur donnant la parole aura lieu ce vendredi 24 février à 17h, à l’Hôtel Chicoutimi. Cette activité ouverte à tous sera également l’occasion de remettre les prix de l’Association des Africain.es du Saguenay-Lac-Saint-Jean (AASL). Parmi les femmes qui s’exprimeront, la Martiniquaise Yanice Retory plaidera l’importance de l’implication sociale et communautaire comme vecteur d’intégration.

Yanice Retory lors de son passage dans nos studios. Photo: CEUC

Arrivée au Saguenay à l’été 2012 après quelques années d’études en Europe, Yanice Retory a entrepris à l’UQAC une maîtrise en Gestion de projet. Elle travaille présentement à la rédaction de son mémoire. Si sa méconnaissance de la culture québécoise ont pu à l’origine être un obstacle, elle a rapidement cherché à s’impliquer, à rencontrer l’Autre. Ce qu’elle a fait au sein de l’Association des Étudiants Internationaux de l’UQAC, qu’elle a présidé, mais également en tant que bénévole au sein de plusieurs événements culturels régionaux.

« S’impliquer permet de combattre l’isolement, puisqu’on se sent isolé de temps en temps quand on vient d’arriver et qu’on ne connaît personne. Quand je suis arrivée ici je ne mesurais pas l’ampleur de l’importance du réseau, à quel point ça pouvait permettre d’évoluer professionnellement. »

Lors du lancement de la programmation du Mois de l’Histoire des noir.es, Mézimes Christian, président de l’AASL, affirmait que le travail est un levier crucial à l’intégration. Entre la reconnaissance des acquis à l’étranger, l’éligibilité aux programmes et subventions gouvernementales et, il faut bien l’admettre, certaines résistances culturelles, il peut être difficile de trouver sa place professionnellement. Le travail est pourtant le lieu où tout le monde peut s’accomplir au quotidien, dans la rencontre. Ce que confirme Yanice Retory.

Notre entrevue avec Yanice Retory

« En dehors du fait d’informer les gens sur les cultures et les autres, je pense que lu plus gros du travail devrait se faire au niveau des échanges, sans contexte particulier. Augmenter les contacts entre les différentes communautés, tout simplement, fait tomber les a priori d’eux-mêmes. »

Le Mois de l’Histoire des noir.es 2017 rend hommage à Viola Desmond, une femme d’affaire noire canadienne qui a lutté contre la ségrégation qui existait alors au pays, précédant d’une dizaine d’années le mouvement pour les Droits civiques aux États-Unis. Est-ce que ces mouvements sont toujours une inspiration pour la jeune génération actuelle?

« Il ne faut pas oublier ce qui a déjà été fait par rapport aux droits des minorités visibles. Je pense qu’il faut continuer à avancer vers une égalité vraiment présente à 100%. Légalement, l’égalité est là. Mais quand on ne connaît pas l’autre, des a priori peuvent exister. Je n’appellerais pas ça de la discrimination, mais quand on ne connaît pas, on a tendance à se méfier. La « lutte » qu’il devrait y avoir est dans le sens de rapprocher les peuples. La nature humaine a tendance à généraliser à partir de petites expériences. Il faut continuer à lutter contre ça. Ces mouvements sont une inspiration, mais elle est minime par rapport à la situation actuelle. »

Plusieurs autres femmes auront l’occasion d’exprimer leur point de vue sur l’intégration ce vendredi soir. C’est une occasion trop rare de les entendre, de les écouter, qu’il ne faut pas manquer!