Chocolat: Promenade sur Mars

La formation montréalaise Chocolat débarque au Sous-Bois ce vendredi 3 mars. Le groupe est sans aucun doute l’un des projets les plus stimulants de la scène québécoise actuelle. Il présentera une partie de son dernier album Rencontrer Looloo, un délire psychédélique d’une grande richesse, en plus de pièces plus anciennes de son répertoire. Christophe Lamarche-Ledoux, claviériste et saxophoniste de Chocolat, nous donne un aperçu de cette soirée très attendue.

Chocolat (Christophe Lamarche-Ledoux au centre). Photo: Courtoisie

Sans une once de nostalgie, Rencontrer Looloo renvoie à un âge d’or où le rock était encore considéré comme une forme d’art novatrice, complète et sophistiquée. Par sa présentation et son contenu, l’album n’est pas étranger à l’ère des albums concepts réalisés sans compromis. Un étrange récit de science-fiction fourni une homogénéité à cet ensemble qui aurait pu s’éparpiller. En fait, la grande cohérence de Rencontrer Looloo est un tour de force mystifiant.

« Ce serait difficile de vraiment retracer d’où tout ça est sorti. Ça vient d’une idée de l’histoire mal écrite d’anciennes civilisations perdues, de documentaires douteux sur Netflix ou Esoteric Tube. Ça sonne comme ça entre autre à cause de notre incapacité à faire exactement ce qu’on souhaitait faire, c’est-à-dire du hard-rock un peu à la Black Sabbath ou Iron Maiden.  C’est pas nous autres, mais c’était une tentative et ça a donné autre chose. »

Notre entrevue avec Christophe Lamarche-Ledoux

Si la base musicale et l’univers étrange émanent de Jimmy Hunt, chanteur et guitariste de la formation, Recontrer Looloo est le produit d’un travail collectif où chaque musicien trouve sa place dans un processus organique. On y trouve des hymnes rocks extrêmement accrocheurs (Ah Ouin, Golden Age, Retrouver Looloo), des pièces plus éthérées (Koyaanisqatsi (Apparition), Le faucon, le chacal et le vaisseau spatial) ainsi que quelques ballades mettant en valeur le talent de mélodiste de Hunt. Le tout est truffé de références et de citations sans tomber dans la parodie ou l’imitation.

Le visuel de Rencontrer Looloo est réalisé par l’artiste Jonathan Robert.

« C’est vrai qu’il y a un attachement aux vieux sons, les amplis à lampes et l’enregistrement sur bobines, les imperfections. Mais en bout de ligne il y a plusieurs façons de se rendre là, et ce n’est pas nécessairement avec des guitares à 5000$ construites en 1965. On a une façon un peu vintage de travailler mais on ne cherche pas absolument à utiliser des instruments authentiques. On fait beaucoup de blagues avec ça. Aujourd’hui tu vas dans un magasin de musique et t’as des amplis neufs faits en usine qui ont un look vintage. On est à l’époque de la New Beetle, c’est comme acheter des jeans avec des trous dedans. Le serpent se mord la queue et tout le monde rit. »

Chocolat tourne beaucoup hors-Québec. Ils passeront d’ailleurs le printemps sur les routes de France et de Belgique. Mais le groupe est l’un des rares exemples francophones à atteindre sans trop de difficulté d’autres cultures. Une tournée récente en Amérique latine et une certaine notoriété dans le monde anglophone en font foi. Selon Christophe Lamarche-Ledoux, Chocolat donne dans une niche musicale où l’exotisme et la curiosité motive les auditeurs.

« Chocolat a eu la chance d’échapper à une certaine fermeture du réseau francophone. Le band est souvent étiqueté garage-psych et cette scène-là est très vivante. Beaucoup de groupes à travers le monde font ce genre de musique-là et ça ne tourne pas autour de la langue. Les gens consomment ce style peu importe d’où ça vient. C’est juste fresh et exotique que ça vienne d’ailleurs. »

L’univers de Rencontrer Looloo est indissociable de l’esthétique visuelle signée Jonathan Robert. On lui doit non seulement la pochette mais également le clip époustouflant pour la chanson Ah Ouin. Les fans seront heureux d’apprendre que cette collaboration fidèle devrait se poursuivre au cours des prochains mois avec deux nouveaux clips.

Vendredi soir, la première partie sera assurée par Yokofeu, qui propose un rock qui mélange des éléments progressifs et vaguement électroniques. Mené par un chanteur charismatique, le groupe ne manquera pas de nous ouvrir l’appétit pour le plat de résistance. Est-il besoin de dire qu’on a vraiment hâte de rencontrer Looloo?

Chocolat + Yokofeu @ Le Sous-Bois, vendredi 3 mars, 21h30

Bandcamp Chocolat

Bandcamp Yokofeu

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