//Les femmes sont-elles libres?

Les femmes sont-elles libres?

Les femmes détiennent de plus en plus de place et de pouvoir dans notre société : elles ont accès à une éducation supérieure, elles occupent des emplois anciennement réservés aux hommes et elles s’impliquent et performent autant dans leur vie professionnelle et dans la communauté que dans leur vie familiale. Or, paradoxalement, il me semble que la société n’a jamais autant brimé leur liberté d’être elles-mêmes, naturelles et authentiques.

Photo: Samantha Sophia / Unsplash.com

Par Jessica Lavoie


D’abord, la publicité ne cesse de mettre devant nos yeux des images de femmes au physique parfait, ce qui évidemment ne facilite pas l’acceptation de soi. Au fil du temps, chacune d’entre nous finit par enregistrer, volontairement ou pas, ce malheureux stéréotype comme étant la femme idéale, le modèle à suivre. Constamment confrontée à cette définition unique et hermétique de la beauté, il est difficile pour une femme de résister à tous les produits et traitements esthétiques qui existent pour la rendre « plus désirable » : crème antiride, régime minceur, remodelage, cosmétiques de toutes sortes, chirurgies, produits capillaires hors de prix, vêtements et accessoires, pour ne nommer que ceux-ci. Le pouvoir de la publicité est si puissant qu’il parvient à convaincre la gent féminine qu’elle a besoin de ces différents produits et traitements et qu’elle les mérite. Dès l’adolescence, chaque jeune fille doit alors composer avec le cliché de la femme mince, jeune et belle qui lui pend toujours devant les yeux, et lorsqu’elle se regarde dans la glace la comparaison n’est que plus brutale. J’aimerais ajouter que les hommes semblent eux aussi de plus en plus affectés par les nombreux stéréotypes véhiculés par la société, mais comme je dispose de peu d’information concernant le point de vue masculin sur ce sujet, je préfère aborder uniquement celui des femmes.

Ainsi, c’est la société qui indique à la femme ce à quoi elle doit ressembler. En outre, c’est aussi elle qui dicte à la gent féminine comment elle doit agir. Une femme « doit », par exemple, avoir des enfants. Peu importe sa carrière, son implication dans la communauté, ses désirs et ses projets futurs, on ne semble la juger qu’à la réponse qu’elle donnera à la question : « C’est pour quand les enfants? » Malheur à celle qui répond de but en blanc qu’elle n’en veut pas! Son interlocuteur tentera alors de lui faire comprendre que ce n’est qu’une question de temps avant que les choses changent, exactement comme s’il remettait en question les désirs et les décisions de cette personne forcément dénuée de bon sens! Le combat n’est guère plus facile pour celles qui choisissent d’avoir des enfants puisqu’on attend d’elles qu’elles deviennent des « super mom », des « mères parfaites » dont la présence sur les réseaux sociaux est d’ailleurs de plus en plus importante. De même, avant que sa progéniture ait atteint l’âge de deux ans, la mère est assurée de se faire demander pour quelle date est prévu le deuxième enfant. De telles questions peuvent sembler banales en apparence, mais elles ont le pouvoir d’exercer une pression continue sur les femmes qui y sont souvent confrontées. De toute façon, qui sommes-nous pour nous immiscer autant dans l’intimité des individus?

Bref, je crois que le rôle de la femme au sein de la société a grandement évolué, mais le rapport à la maternité a, quant à lui, peu changé. La femme a toujours sur ses épaules la pression de procréer. Peut-être même que celle-ci est pire qu’avant puisqu’elle est devenue insidieuse et qu’elle se fait sentir majoritairement dans les discours féminins.

Les femmes sont-elles libres? Je pose la question parce que je ne connais pas la réponse. Je sais toutefois que le 8 mars est la Journée internationale des femmes et, qu’en cette occasion, on se doit de célébrer tous les progrès que nous avons faits, mais également ceux qu’il nous reste à faire.

Jessica