//Réactions mitigées du milieu de l’éducation au Budget Leitao

Réactions mitigées du milieu de l’éducation au Budget Leitao

Les réactions du milieu de l’éducation au budget provincial rendu public hier varient selon les points de vue. Alors que le Bureau de Coopération Universitaire (BCI) ou la Fédération des Commissions Scolaires du Québec (FCSQ) saluent l’effort du gouvernement libéral, certaines associations d’enseignant.es et d’étudiant.es de l’enseignement supérieur dénoncent l’insuffisance des mesures prévues.

Photo: Facebook de Carlos Leitao

Un budget électoraliste

La Fédération Autonome de l’Enseignement (FAE) regroupe huit syndicats et plus de 34 000 enseignants. Elle est sans doute la plus dure à l’endroit du budget Leitao, qu’elle qualifie d’électoraliste à 18 mois des élections. Pour son président Sylvain Malette, « Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, est fait fort pour annoncer aujourd’hui des investissements sans rougir de honte, alors qu’il a contribué à asphyxier le réseau des écoles publiques depuis qu’il a été élu. Les compressions atteignent un milliard 300 millions de dollars en cinq ans et il faudrait aujourd’hui se réjouir d’un réinvestissement de 140 millions pour la réussite éducative ».

La FAE se méfie par ailleurs des ressources supplémentaires annoncées, soit 1500 professeurs, professionnel.les et employé.es de soutien au primaire et au secondaire et 500 professeurs et chargé.es de cours en enseignement supérieur. Selon monsieur Malette, le gouvernement sait qu’une pénurie de main d’œuvre existe et que plusieurs de ces postes prévus dès l’automne ne pourront être comblés.

Du côté de la Fédération Étudiante Collégiale du Québec (FECQ) et de l’Union Étudiante du Québec (UEQ), on arrive aussi au constat que les mesures du présent budget sont dérisoires en comparaison aux coupures des cinq dernières années.

La palme de la formule lapidaire revient à la députée Manon Massé de Québec Solidaire qui a déclaré qu’il « ne faut pas être le Pogo le plus dégelé de la boîte pour comprendre qu’après avoir mis le feu dans la bâtisse, ce n’est pas un coup de peinture et des nouveaux rideaux qui vont changer les choses. »

Par ailleurs, plusieurs instances ont dénoncé le fait qu’une grande partie des investissements annoncés ne seront effectives qu’après les élections provinciales de 2018, ce qui semble confirmer la visée électoraliste de ce budget.

Les institutions plus réceptives

Le BCI, qui rassemble les recteurs et les principaux des établissements universitaires québécois, voit dans l’exercice 2017-2018 « un pas important dans la bonne direction ». Le président de son Conseil d’administration Michel Patry affirme que « Plusieurs des mesures annoncées aujourd’hui nous incitent à croire que le gouvernement du Québec entend rétablir le réseau universitaire parmi ses priorités. Le gouvernement doit poursuivre cet effort de réinvestissement dans les universités, tant pour corriger les compressions passées que pour renforcer ces pivots de l’économie du savoir ».

Un espoir semblable a été exprimé du côté de la FCSQ ou encore de la Fédération des Comités de Parents du Québec (FCPQ), plutôt concernées par les mesures destinées au primaire et au secondaire. Il s’agit d’un axe privilégié par le budget.

D’autre part, le gouvernement annonce la mise sur pied d’un « e-campus » analogue à ce qu’on retrouve, par exemple, en Ontario. Cette initiative, réclamée cette année par la TÉLUQ, permettra un positionnement favorable du Québec dans l’ensemble de la Francophonie.

Au moment d’écrire ces lignes, ni le MAGE-UQAC ni l’Association pour une Voix Étudiante au Québec (AVEQ) n’ont émis de commentaires sur le budget 2017-2018.