Linguistique à l’UQAC, porte d’entrée vers l’orthophonie

Qu’ont en commun Mélanie Boivin, Catherine Simard, Nadia Bolduc, Karel Potvin, Amélie Labeaume, Sophie-Hélène Chamberland et Marie-Claude Dufour? Elles sont orthophonistes et elles pratiquent avec passion leur profession dans leur région natale, le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Par Jessica Normandin

Photo: Linh Pham / Unsplash.com

Elles pratiquent soit dans le milieu de la santé (hôpital, centre de réadaptation, CLSC, centre de l’audition) soit dans le milieu scolaire, soit en clinique privée. Elles font des interventions soit auprès de jeunes enfants âgés entre 0 et 5 ans, soit auprès de jeunes de 5 à 12 ans, soit auprès d’adolescents, soit auprès d’adultes. Leurs interventions sont variées et touchent des personnes présentant toutes sortes de troubles liés au langage : dysphasie, bégaiement, problèmes de lecture et d’écriture, troubles d’articulation, déglutition atypique, retards de langage, déficiences motrices, difficultés liées à un traumatisme crânien.

Mais n’ont-elles pas autre chose en commun?

Eh oui!! Elles sont toutes passées par le programme de baccalauréat en linguistique et langue française de l’UQAC avant d’accéder à la maîtrise en orthophonie!

C’est d’abord sa passion pour la langue qui a incité Mélanie Boivin à s’inscrire au baccalauréat en linguistique de l’UQAC à la fin des années 90. Mais au fil du temps et au contact d’une cousine aux prises avec un problème de surdité, Mélanie se découvre un intérêt pour l’orthophonie. Par un heureux hasard, elle se rend compte que sa formation en linguistique peut lui ouvrir les portes de l’orthophonie! Orthophoniste depuis 2005, Mélanie confirme que sa formation en linguistique lui a permis d’acquérir des bases solides pour le métier qu’elle pratique maintenant. « Mon principal outil de travail, c’est la langue », précise-t-elle.

Détenant un diplôme d’études collégiales en Art et lettres, Catherine Simard s’est inscrite en linguistique dans l’espoir de travailler en recherche, ce qu’elle a eu la chance de faire dès ses premières années au baccalauréat. Toutefois, ses projets de vies ayant changé, elle examine alors d’autres débouchés à sa formation en linguistique. Un jour,  lors d’un midi-conférence, deux orthophonistes viennent parler de leur parcours en linguistique. C’est le déclic!

L’orthophoniste Catherine Simard a été formée en linguistique à l’UQAC. Photo: Courtoisie

Lorsqu’elle a commencé ses études en linguistique, Nadia Bolduc ne savait pas que l’orthophonie existait. C’est au cours de son baccalauréat qu’elle découvre, par l’entremise de ses collègues de classe et professeurs, que sa formation pouvait la mener vers cette profession. Elle décide donc de faire les cours préalables nécessaires à la maîtrise.

C’est au début de ses études collégiales que Karel Potvin se sent interpellée par la vocation d’orthophoniste. Ne remplissant pas les conditions d’admissibilité requises pour le baccalauréat en orthophonie, elle se tourne d’abord vers le baccalauréat en psychologie. Cependant, c’est en suivant des cours complémentaires obligatoires en linguistique qu’elle se réoriente finalement vers ce programme d’études. Karel considère aujourd’hui que ce changement de parcours lui a été grandement bénéfique.

Bien qu’elle n’ait pas toujours su qu’il s’agirait de sa future vocation, Amélie Labeaume souhaitait, depuis le secondaire, travailler dans le domaine de la santé afin d’aider les gens. Cette envie s’est affinée lors de ses études collégiales, et c’est à ce moment qu’elle décide de se diriger vers l’orthophonie. Elle tente d’abord sa chance au baccalauréat en orthophonie de l’UQAM. Ayant essuyé un refus, elle se tourne vers la linguistique « temporairement », se disant qu’elle retenterait sa chance à l’UQAM l’année suivante. Mais après une année en linguistique, elle avait l’impression d’être restée sur sa faim. Elle décide donc de compléter sa formation.

Découvrez notre portrait de Nadia Bolduc

Alors qu’elle est étudiante au baccalauréat en linguistique de l’UQAC, Sophie-Hélène Chamberland constate que plusieurs de ses collègues de classe souhaitent se diriger vers l’orthophonie après leurs études. Intriguée par leur intérêt pour l’orthophonie, elle finit par envisager ce choix de carrière de façon plus sérieuse. Grâce à la linguistique, Sophie-Hélène considère avoir une base solide en français qui lui procure une approche inédite de langue parlée et écrite.

Découvrez notre portrait d’Amélie Labeaume

Diplômée initialement en musique, Marie-Claude ne détenait pas les préalables pour accéder au baccalauréat en orthophonie. Elle décide donc de s’inscrire au baccalauréat en linguistique dans le but de devenir orthophoniste, un métier dont elle rêve depuis la cinquième secondaire. En cours de route, elle décide finalement de faire ses cours préalables en sciences nature au cégep afin d’aller, par la suite, au baccalauréat en orthophonie à l’UQAM. Bien qu’elle n’ait pas complété sa formation, Marie-Claude Dufour ne regrette pas son passage au baccalauréat en linguistique. Elle le perçoit plutôt comme une préparation à ses futures études en orthophonie. Elle considère que c’est dans le programme de linguistique qu’elle a appris les bases du métier.

Depuis l’hiver 2016, Mélanie Boivin supervise des étudiantes de l’UQAC dans le cadre du cours Activité de formation pratique dans le milieu de l’orthophonie. En plus d’avoir la chance d’observer Mélanie en pleine action, les stagiaires développent du matériel pédagogique susceptible d’aider Mélanie dans sa pratique quotidienne. Les stagiaires acquièrent une expérience de l’orthophonie tout en acquérant des crédits universitaires; Mélanie, de son côté, est en train de constituer une banque d’activités pertinentes qu’elle met à la disposition de toutes ses collègues orthophonistes!

Le programme de linguistique et langue française de l’UQAC peut indéniablement ouvrir les portes de l’orthophonie!

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