//C’est le coeur qui meurt en dernier

C’est le coeur qui meurt en dernier

C’est le cœur qui meurt en dernier, un film québécois réalisé par Alexis Durand-Brault (La petite reine, Ma fille, mon ange) et produit par Richard Lalonde (La petite reine, Last Exit, Elles étaient cinq), prend l’affiche ce 14 avril 2017. Ce long métrage adapté du roman de Robert Lalonde est d’abord, il me semble, un lieu de sensibilité. Devant l’intensité et la justesse des émotions représentées, les mots ne sont souvent pas nécessaires, occupant ainsi qu’une toute petite place dans cette œuvre cinématographique d’une grande beauté.

Par Jessica Lavoie

Paul Doucet et Gabriel Sabourin. Photo: Bertrand Calmeau

Résumé

À 47 ans, Julien Lapierre, éternel mésadapté, vivote encore d’un emploi à l’autre. Il vient toutefois de publier un récit autobiographique intitulé C’est le cœur qui meurt en dernier, qui connaît un grand succès et l’élève au rang d’écrivain reconnu. Dans ce livre, Julien relate ses souvenirs d’enfance et sa relation particulière à sa mère. Il fait également de troublantes révélations au sujet d’une vie familiale qui cache de lourds secrets.

Sa mère, avec qui il a depuis des années coupé les ponts, prisonnière d’une villa pour personnes âgées, ignore encore que son fils a osé raconter l’impensable dans son livre. Sans en être tout à fait consciente, elle cherchera à le revoir, à renouer contact avec lui et à racheter le temps perdu. Elle lui demandera aussi de l’aider à « lever le flye », ne se doutant pas qu’elle fera ainsi revivre les souvenirs enfouis.

Distribution

Ce sont des artistes de renom qui se partagent les rôles de ce film. En plus d’incarner le personnage de Julien, Gabriel Sabourin est également celui qui a signé le scénario du long métrage. Denise Filiatrault interprète la mère de Julien, Madame Lalande, alors qu’elle est âgée de 82 ans. De son côté, Sophie Lorain, la fille de Denise Filiatrault, incarne la mère des souvenirs d’enfance de Julien, celle qui, à cette époque, a 48 ans. La distribution comprend également Paul Doucet, Geneviève Rioux et Céline Bonnier.

Critique

Cette œuvre cinématographique m’a charmée d’abord grâce au jeu exemplaire des acteurs. Ceux-ci incarnent avec brio et intelligence leur personnage. La charge émotive qui traverse le film en entier se retrouve dans leurs regards, leurs gestes, leurs répliques et leurs silences. Ce sont ces quelques personnages qui donnent au long métrage, assez sobre et simpliste, sa couleur et sa vivacité.

Sophie Lorain. Photo: Bertrand Calmeau

J’ai aussi apprécié la chronologie déconstruite du film. Les nombreux retours dans le passé sont faits d’une main de maître. Les transitions entre les différents temps du récit semblent aller de soi et s’opérer de manière naturelle. Loin de nuire à l’histoire comme c’est parfois le cas, les analepses permettent ici de lever progressivement le voile sur les secrets familiaux enfouis dans le passé. Tranquillement, sous les yeux du spectateur, se dessine ainsi l’ampleur du troublant événement à l’origine de la relation particulière qui unit Julien et sa mère.

Un film à voir pour son histoire, mais aussi pour les réflexions qu’il suscite au sujet de l’amour mère-fils, de l’aide à mourir, de l’engagement et de la maladie.