//Une boutique de chez nous

Une boutique de chez nous

Notre région est une petite fourmilière où plusieurs personnes s’affairent à mettre sur pied des entreprises, à diriger des projets, à faire rouler notre économie et à faire rayonner notre magnifique patelin. Quoi de plus gratifiant et d’édifiant que d’encourager les gens de chez nous qui travaillent pour nous? Au cœur du centre-ville d’Arvida se trouve la boutique Marie-Josée, que j’adore et qui vaut amplement le déplacement (Arvida, c’est la porte d’à côté). J’ai découvert cette boutique mode comme on découvre une petite mine d’or, le magasin déborde de petites trouvailles, de petits bijoux en matière de vêtements, de sacs à main et de souliers. Quel plaisir de dénicher la perle rare, le morceau original et unique qui vous sied à merveille! Un plaisir qui se voit redoublé quand les curieux vous demanderont : mais où donc avez-vous achetés ce vêtement?

Par Valérie Lefebvre

Émilie Gauthier pose devant son « fashion truck ». Photo: Valérie Lefebvre

J’ai eu la chance dernièrement de faire la connaissance de la copropriétaire de la boutique. En effet, j’ai rencontré Émilie Gauthier par l’entremise d’une amie que nous avons en commun. Heureux hasard que de faire la connaissance de cette jeune entrepreneure qui dirige de front une boutique en constante évolution. Non seulement Marie-Josée est une boutique en ligne, mais aussi une boutique mobile : vous pouvez, par l’entremise du fashion truck, organiser des soirées magasinages entres amies, et ce, où vous le désirez! C’est aussi un blogue mode, où sont postés chaque jour de nouveaux vêtements qui vous remplissent la tête de rêve. Mais c’est surtout une boutique invitante, un service personnalisé avec des marques exclusives et des produits originaux de qualités. Émilie a gentiment accepté de répondre à quelques questions afin de faire la lumière sur le défi colossal d’avoir sa propre entreprise en région.

J’imagine que tu occupes plusieurs fonctions au sein de la compagnie. Comment décrirais-tu ton rôle?

Effectivement, c’est plutôt diversifié comme travail. Premièrement, je suis acheteuse. Pour chaque saison, il y a une période d’achat durant laquelle je vais à Montréal à quelques reprises pour choisir et acheter les vêtements et accessoires de la saison qui suit. Ensuite, je suis gestionnaire de la boutique. Je m’occupe du personnel, de voir au bon fonctionnement de tout ce qui touche la boutique, je fais un peu de comptabilité et surtout, je m’occupe du marketing. Je travaille beaucoup avec les réseaux sociaux pour faire entrer les gens dans la boutique, et ensuite ce sont les conseillères qui s’occupent de la clientèle. Finalement, ce serait peut-être plus simple de dire que la seule chose que je ne fais pas (ou presque), c’est du plancher.

Quels sont les plus grands défis auxquels tu es confrontée? Par exemple, est-ce que c’est difficile de développer un certain réseau quant à la mode en région?

Actuellement, mon plus grand défi est d’ancrer l’habitude de ma clientèle de venir à Arvida. Bien que le Carré Davis soit en pleine effervescence, il faut quand même dire qu’il est plus difficile pour la clientèle de Chicoutimi, par exemple, de penser en premier à venir chez nous. Je suis d’ailleurs impliquée dans la corporation de mon centre-ville afin d’atteindre un niveau d’offre commerciale supérieur. Au niveau de la mode, je dois souligner que nous sommes dans un milieu plutôt ouvert d’esprit et assez fier. Les clientes soulignent constamment que nous avons une offre différente et l’apprécient, je ne pourrais donc pas dire que c’est un problème. Cependant, proposer une offre différente des autres boutiques peut constituer un défi. Il faut constamment se renouveler et toujours être à la recherche de nouveaux produits.

Comment perçois-tu la mode en région? Est-ce que c’est difficile de promouvoir différents styles? Est-ce que la clientèle est variée?

Comme je le disais, je crois que le Saguenay est un beau milieu au niveau mode. Évidemment, il y a encore du travail à faire. Si on porte quelque chose de plus extravagant, c’est inévitable : on va sentir le regard suspicieux des gens sur nous. Par contre, pour ce qui est du fashion plus commercial, les gens de la région sont assez ouverts et consommateurs. Les femmes d’ici sont fières et sont donc de grandes consommatrices de mode. Quand j’ai mis les pieds dans la boutique il y a un peu plus de sept ans, elle s’adressait spécifiquement aux dames. Depuis, j’ai beaucoup travaillé afin d’élargir la clientèle et d’aller chercher la jeune génération, ce qui fait en sorte que la clientèle actuelle se situe entre 15 et 90 ans. Ce qui m’étonne et me fait sourire, c’est de voir que mes dames s’habillent maintenant aussi dans les lignes plus jeunes et inversement.

Quelle fierté de constater la passion et, surtout, le fidèle engagement envers sa clientèle!  Marie-Josée, c’est une boutique de chez nous conçue pour nous, pour vous, les femmes, celles d’hier et d’aujourd’hui.