//Les candidats au rectorat présentent leur vision

Les candidats au rectorat présentent leur vision

La course au rectorat de l’UQAC met en lice deux candidatures aux parcours fort différents. La professeure et membre du Conseil d’administration de l’université Nicole Bouchard et le doyen des études Étienne Hébert présentaient ce mardi leur vision aux membres de la communauté universitaire.

Nicole Bouchard et Étienne Hébert ont présenté leur vision du rectorat mardi dernier. Photo de gauche: Courtoisie Photo de droite: Jeannot Lévesque.

Ces présentations s’effectuent dans le cadre de la consultation visant à identifier un.e canditat.e convenant au plus grand nombre. Madame Bouchard et monsieur Hébert se sont d’abord présentés en avant midi aux groupes votants. Une présentation ouverte à l’ensemble de la communauté était facultative, mais les deux candidats ont tenu à l’effectuer en après-midi mardi. Ces présentations inaugurent une période de vote qui se terminera le 12 mai prochain.

UQAC en crise

Les deux présentations ont fait état d’une situation de crise à l’intérieur des murs. Cette crise qui a fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois semble se manifester surtout au niveau des relations de travail, des pratiques de gestion et de problèmes de communication qui démobilisent le personnel. Il « semble » en tout cas, puisque ces problématiques se déroulent loin des étudiant.es et des profanes qui ne sont pas membres d’un syndicat ou de l’administration. Est-ce un hasard, d’ailleurs, que ces présentations se déroulent quelques jours après la fin de la session, alors que la communauté étudiante est loin du campus?

Quoi qu’il en soit, cette crise de culture et de leadership donne une importance considérable à la consultation. Selon les échos de corridor en tout cas, les attentes sont grandes. Le choix pourrait s’avérer crucial pour l’avenir de l’institution.

Nicole Bouchard, la fronde et la politique

Forte d’un parcours académique impressionnant et d’une grande expérience au sein du réseau, Nicole Bouchard est associée à une certaine opposition à l’administration sortante. D’entrée de jeu, la candidate s’est positionnée contre la logique néo-libérale qui régirait à la fois la gestion des finances et des programmes universitaires. Il convient selon elle de tempérer l’idée d’une université au service du marché, de l’entreprise et de l’emploi. Une position qui a parue être bien reçue par l’assemblée de plus d’une centaine de personnes.

À travers une vision très détaillée, madame Bouchard a affirmé la dimension politique du rôle de recteur. Elle a présenté des valeurs et des axes d’action mettant de l’avant une gestion plus transparente, une appartenance et une plus grande collégialité. « Jamais sans les autres », a-t-elle répété à plusieurs reprises.

« Nous ne pouvons plus nous permettre d’être divisés. »
– Nicole Bouchard

Avec un déficit de 2 millions pour l’exercice 2016-2017 et un déficit projeté de 3,5 millions pour celui de 2017-2018, on comprend que l’heure est grave à l’UQAC. Pourtant, madame Bouchard remarque qu’aucun plan de redressement n’a été présenté au Conseil d’administration, qui peine par ailleurs à obtenir des réponses à ses interrogations sur la gestion plutôt opaque de l’administration actuelle. Il s’agira d’une priorité pour elle advenant son élection. Elle s’est voulue rassurante envers les employés qui ne peuvent selon elle en faire davantage que les sacrifices consentis ces dernières années.

Étienne Hébert, un parcours atypique

Âgé de 42 ans, l’ancien professeur de psychologie devenu doyen est venu à la gestion universitaire un peu par hasard, de son propre aveux. On peut penser que sa présence dans l’administration actuelle ne joue contre lui alors qu’un vent de changement est souhaité.

Monsieur Hébert a particulièrement insisté sur la nécessité de remettre en question certaines façons de faire et d’implanter une gestion participative, collective. Il a proposé une vision plus inclusive de l’université et des différents courants qui la traversent. À l’instar de Nicole Bouchard, le candidat mise sur la création ou la revitalisation d’espaces de paroles et d’échanges où les opinions et les idées ne risqueraient pas d’être frappées d’anathème.

Souhaitant replacer la mission d’éducation et de développement régional de l’UQAC au cœur des enjeux, Étienne Hébert propose un bilan du plan d’action 2013-2018 qui s’achève afin d’en tirer des enseignements cruciaux pour l’avenir. S’il s’est dit prêt à questionner les façons de faire de l’administration en place, sa critique de celle-ci est apparue moins cinglante que celle exprimée par sa concurrente.

Cette présentation, plus courte que celle de madame Bouchard, n’aura requis qu’une fraction des 50 minutes qui lui étaient imparties. En ce sens, les principes et objectifs énoncés ont paru plus généraux et moins définis. Remarquons cependant une plus grande proximité avec la communauté étudiante, qui fut évoquée à plusieurs reprises. De son côté, Nicole Bouchard a concentré ses réflexions davantage sur les réalités du personnel.

Au moins un consensus

L’exercice de ces présentations publiques fut des plus instructifs et rafraîchissant. Dans un contexte où les informations sont difficiles à obtenir, où les différentes instances impliquées n’affirment pas clairement la nature des problèmes ou des revendications, où plusieurs secteurs de l’université semblent se regarder en chiens de faïence,  les présentations ont permis d’obtenir un portrait essentiel de deux visions de l’avenir et du rectorat.

Les candidatures au rectorat se rejoignent au moins sur un point : l’urgence de rétablir un leadership basé sur le respect et la collaboration, mettant à profit une intelligence collective dans une optique plus transparente.  Chacun souhaite rétablir un climat sain autant dans les activités académiques que dans la gestion administrative de l’institution.