//Les INUK se mobilisent contre les coupes

Les INUK se mobilisent contre les coupes

En mars dernier, la nouvelle de l’abolition des programmes de soccer féminin et masculin a été annoncée aux athlètes universitaires saguenéen.nes. En réaction à cette annonce, l’ensemble des athlètes associé.es aux INUK, dans tous les sports concernés, ont formé un comité afin de protéger les disciplines restantes et d’éventuellement faire revivre les équipes disparues. Frédérique Poulin et Charles-Olivier Huapaya-Proulx nous parlent des objectifs de ce comité.

Photo: Dan Gold / Unsplash.com

La disparition des équipes de soccer n’est que la dernière d’une longue série. Depuis la naissance des INUK en 2006, la natation, le golf, le badminton, le cheerleading, le basketball et maintenant le soccer ont été abandonnés. À chaque fois, le responsable des sports universitaires Philippe Gagnon a eu la désagréable tâche d’en faire l’annonce aux athlètes ainsi qu’à la communauté. À chaque fois, la raison évoquée fut d’ordre budgétaire. Il fallait recentrer les ressources sur des sports viables économiquement et jouissant d’un bassin d’athlètes suffisant.

Le Comité INUK veut assurer l’avenir

Ainsi, il ne reste que trois équipes défendant les couleurs de l’UQAC dix ans après la création des programmes. Parmi ces formations, les équipes d’athlétisme et de cross-country sont largement composées des mêmes athlètes et entraîneurs. Le volleyball féminin s’ajoute à ces deux équipes survivantes.

Dans ce contexte, on peut comprendre que les membres du Comité INUK s’inquiètent pour l’avenir des sports d’excellence à l’UQAC. Le comité qui a été créé ce printemps suite aux nouvelles abolitions, veut travailler de pair avec la direction afin d’assurer une pérennité aux INUK. Frédérique Poulin affirme que la réaction mature des athlètes des programmes de soccer inspire l’action du comité :

« Lorsqu’il y a eu l’annonce, chaque athlète a fait preuve d’un professionnalisme incroyable. Dans une telle situation, n’importe qui aurait voulu se faire entendre, se lever, voire se révolter. Au contraire, les athlètes des équipes de soccer ont choisi d’adopter une attitude plus centrée sur le travail commun. Comment on peut réagir à une telle situation, et comment on peut y remédier pour ramener les équipes? Cette attitude qu’ils ont choisi d’adopter a changé la donne pour notre cause. Ça nous a permis d’obtenir immédiatement l’appui de la direction, et nous n’aurions pas pu avancer aussi vite si ce n’était pas d’eux. »
Frédérique Poulin

Notre entrevue avec Frédérique Poulin et Charles-Olivier Huapaya-Proulx du Comité INUK

Après cette série noire depuis 2006, plusieurs interrogations sont soulevées. Si l’UQAC n’est pas la seule université à peiner pour conserver ses équipes, force est d’admettre que le modèle saguenéen, avec ses spécificités (bassin d’athlètes et d’entraîneurs limité, autofinancement des équipes), doit être remis en question. Le sport universitaire dépasse l’intérêt des étudiants-athlètes. Il s’agit d’une cause importante pour l’ensemble de la communauté universitaire qui touche à l’appartenance et à la promotion des saines habitudes de vie. Des dimensions qui sont pourtant chères à la direction. Charles-Olivier Huapaya-Proulx explique :

« Ce n’est peut-être pas une notion encore bien ancrée à Chicoutimi. On représente l’Université et celle-ci représente la région. À Québec et à Montréal c’est quelque chose d’extrêmement développé, il n’y a rien qui nous empêche de faire la même chose ici au Saguenay avec les INUK. »
Charles-Olivier Huapaya-Proulx

Frédérique Poulin ajoute :

« On est ici pour pratiquer notre sport, c’est notre passion, pour certains c’est presque toute leur vie. Pour nous, ce n’est pas un jeu, c’est sérieux. Outre ça, ça permet de faire grandir la vie étudiante pour tous les autres membres de l’université. Ça offre une visibilité lorsqu’on va à l’extérieur et ça attire de nouveaux étudiants. C’est aussi toutes les valeurs que le sport transmet, et ce sentiment d’appartenance qu’on essaie d’aller chercher, qui est présent dans les autres universités mais pas assez à l’UQAC. »

Le comité nouvellement formé est en train de se structurer. Ses membres profiteront de la pause estivale pour établir des stratégies afin de valoriser le sport universitaire auprès de la communauté et de la direction et par le fait même assurer la survie des trois équipes restantes.

MAGE-UQAC appui le Comité INUK

Si une partie des cotisations étudiantes est destinée au Pavillon sportif pour les équipements et les lieux, les INUK doivent néanmoins s’autofinancer, une stratégie qui, au regard des faits, ne semble pas viable. Les institutions qui affichent une bonne santé financière au niveau sportif ont été des plus créatives en ce qui concerne les partenariats avec le milieu ainsi qu’au niveau des investissements. Soulignons également que certaines institutions prêtent les couleurs de leurs équipes à leurs équipements sportifs, améliorant la visibilité, la notoriété et l’appartenance générée par les sports universitaires.

Lors du Conseil central tenu le 13 avril dernier, MAGE-UQAC a résolu d’appuyer la démarche du Comité INUK. Dans la foulée de sa position de s’opposer aux différentes mesures d’austérité appliquées au sein de l’université, l’association étudiante a résolu de se positionner officiellement contre la coupe des équipes universitaires de l’UQAC. Par ailleurs, le Conseil exécutif a également résolu d’enquêter sur les budgets du Pavillon sportif, puisque certaines réponses seraient difficiles à obtenir à ce sujet.

David Girard, Vice-président au Affaires étudiantes, parle des positions adoptées par le MAGE-UQAC


David Girard, nouveau Vice-président aux Affaires étudiantes, commente les résolutions adoptées par le MAGE-UQAC.

« Selon plusieurs positions que le MAGE avait déjà, soit des positions contre les coupes et les moyens de financement dans différents volets de l’université ainsi que des considérants venant de l’état d’esprit des étudiants, MAGE-UQAC a pris ces deux résolutions. Une première rencontre a eu lieu entre les représentants du MAGE-UQAC et Mario Ruel (Directeur du service des activités et aménagements sportifs) et Philippe Gagnon. Le dialogue est commencé. On est assez satisfaits du premier contact, la réceptivité est bonne des deux côtés. On devrait pouvoir faire avancer le dossier. »
– David Girard