«De la rue» à l’«Amorphisme» au CNE

Le Centre national d’exposition (CNE) présente, jusqu’à la mi-juin, trois expositions issues d’univers artistiques complètement différents.

Par Jessica Lavoie

Une oeuvre de Benny Wilding. Photo: CNE / Johanne Cormier

Les multiples couleurs de la rue

Réalisée par le commissaire Jean-Philippe Cayouette, artiste graffiteur reconnu, l’exposition collective «De la rue» rassemble les œuvres colorées et hétéroclites, faites sur mesure pour l’occasion, de dix artistes professionnels de l’art urbain et du graffiti. L’exposition nous transporte dans un univers unique où les contraintes n’existent pas. Parmi les jeunes artistes qui participent à cette exposition certains sont bacheliers en Art et Design alors que «d’autres sont entièrement autodidactes», comme le souligne Philippe Joncas, responsable du marketing et des communications au CNE. Ils ont toutefois en commun de laisser leur marque un peu partout sur le globe comme artistes urbains. Alex Scaner, Axe, Benny Wilding, Earth crusher, Five 8, Hoar Kor, Jaber, Kasur, OgKatz et Wüna explorent chacun à leur manière le Street Art et contribuent, de ce fait, à rendre à cet art de rue ses lettres de noblesse. Cette forme artistique éclatée mélange couleurs, lignes, formes, tags, publicités, dessins, personnages, critiques sociales, et ce, grâce à différents médiums comme le spray (peinture en aérosol), l’acrylique, des lumières LED, des lampes néon, le crayon de plomb et les crayons de couleur. Réalisées sur bois, sur toiles, sur plexiglass ou sur cartons, Philippe Joncas soutient que «les œuvres exposent dix points de vue différents du même art».

Un portrait de Jean-Paul Riopelle par OgKatz, alias Jean-Philippe Cayouette, commissaire de l’exposition «De la rue». Photo: Courtoisie
Une expérience sensorielle qui soulève la fragilité de notre planète

Dans «La peau du monde : les éléments», Françoise Tounissoux, Montréalaise d’origine française diplômée de l’École des beaux-arts dans les années soixante, utilise les nombreuses transformations subies par les quatre éléments que sont l’eau, l’air, la terre et le feu afin d’exprimer l’état interne de la planète Terre d’un point de vue écologique, philosophique et spirituel. Les œuvres illustrent les différentes textures de la surface terrestre dans le but de montrer l’état de notre planète à travers l’équilibre et le déséquilibre des quatre éléments. Grâce à des projections murales présentant une peinture numérique évolutive (images et sons) et des peintures imprimées sur de l’aluminium, l’artiste souhaite représenter la peau du monde avec ses enjeux et ses problématiques. L’exposition amène le spectateur à réfléchir à la fragilité du monde et de notre époque.

Un artiste saguenéen redéfinit la frontière entre réalisme et figuration

Originaire du Saguenay et diplômé en arts visuels de l’Université Laval en 1979, Marcial Grenon travaille depuis plus de vingt ans sur l’«Amorphisme», définit comme un genre à mi-chemin entre le réalisme, le surréalisme et l’impressionnisme. «Mon travail vise à désamorcer le réalisme ou la figuration sans pour autant verser dans l’abstraction. Alors, je sens que je peux tout me permettre.» (Marcial Grenon, 2017) Dans sa démarche de création, l’artiste dispose ainsi d’une grande liberté, ce qui rend son style unique et difficile à circonscrire. L’exposition permet de découvrir ce genre qu’est l’«Amorphisme» à travers des œuvres figuratives ayant perdu leur sens et leur signification. L’artiste utilise l’acrylique, le pastel, le fusain, les crayons de couleur, de plomb et de feutre pour réaliser ses œuvres exécutées sur tissus et papier. Marcial Grenon nous invite dans un univers intime où se mêlent les corps et la nature.

Pour obtenir plus d’informations concernant les dates des trois expositions et l’horaire du CNE consultez la page Facebook de l’organisme.

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