//Université d’été: La francophonie à l’honneur

Université d’été: La francophonie à l’honneur

C’est hier, le 5 juin 2017, qu’a débuté la 5e édition de l’Université d’été sur la francophonie des Amériques qui a lieu, cette année, à l’Université du Québec à Chicoutimi. Pendant sept jours, l’UQAC sera un lieu d’échanges privilégié entre quarante étudiant(e)s de 2e et 3e cycles et trente conférencier(ère)s. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée hier à la Pulperie de Chicoutimi sous la présidence d’honneur du professeur et historien Gérard Bouchard.

Par Jessica Lavoie

Le professeur Gérard Bouchard lors de la conférence d’ouverture. Photo: CEUC/Jessica Lavoie

En plus de Diane Blais, présidente du Centre de la francophonie des Amériques, et de Stéphane Allaire, doyen de la recherche et de la création de l’UQAC, c’est plus d’une cinquantaine d’invité(e)s qui ont participé à l’inauguration de l’édition 2017 de l’Université d’été sur la francophonie des Amériques. Cet événement a pour mission « de mettre en lien les 33 millions de locuteurs francophones de tout le continent et [de contribuer] à la promotion et à la mise en valeur d’une francophonie porteuse d’avenir », précisait hier Diane Blais.

La formation

Présentée en collaboration avec l’UQAC et l’Université de Moncton au Nouveau-Brunswick, l’Université d’été sur la francophonie des Amériques est un rassemblement pluridisciplinaire d’étudiants, de professionnels et de professeurs-chercheurs provenant des quatre coins du continent : « Ils viennent d’Amérique du Nord : Canada, États-Unis; des Caraïbes : Cuba et Haïti; d’Amérique latine : Argentine, Brésil, Costa-Rica, Guatemala et Guyane française », mentionne la présidente du Centre de la francophonie.

D’une durée de 7 jours (du 5 au 11 juin), la formation de haut niveau se compose de conférences, de cours magistraux, de tables rondes, d’ateliers et d’activités culturelles. En plus de permettre l’obtention de 3 crédits universitaires, l’Université d’été a pour objectif de poser un nouveau regard sur les multiples dimensions de la francophonie des Amériques, comme l’explique Diane Blais :

« Cette Université d’été va vous permettre entre autres de porter un regard scientifique, renouvelé sur la francophonie des Amériques, de briser l’isolement et de créer des liens durables avec les autres francophones d’Amérique. »

Pour sa 5e édition, l’Université d’été sur la francophonie des Amériques se déroule sous le thème de l’innovation. Elle s’attardera, plus précisément, à la question suivante : « Quelle est la démarche systématique à suivre pour guider une collectivité dans son cheminement afin qu’elle progresse dans un esprit d’innovation? » Les participants tenteront donc, dans le cadre de cette formation de 45 heures, de trouver quelle est la meilleure procédure pour guider une collectivité dans son cheminement vers l’innovation.

« L’innovation, c’est notre capacité en tant que francophones et francophiles d’Amérique à trouver des façons nouvelles et, je vais même ajouter, je veux que vous trouviez des façons avant-gardistes, cette semaine, pour mettre en mouvement cette francophonie. [L]’innovation c’est également repenser autrui, c’est s’ouvrir aux différences culturelles et linguistiques et voir au-delà de sa communauté, c’est bâtir un vivre ensemble durable », soutient la présidente du Centre de la francophonie.

La conférence

Le président d’honneur de l’édition 2017 de l’Université d’été, Gérard Bouchard, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les imaginaires collectifs, a prononcé lors de l’événement d’hier une conférence d’ouverture intitulée : « Langue, culture et société : les conditions symboliques de l’innovation ».

Dans cet exposé, le sociologue a rendu compte de l’essor de l’innovation collective sur le territoire du Saguenay–Lac-Saint-Jean de 1880 à 1930. Pour lui, l’innovation est liée à toutes les principales composantes sociales : la langue, la géographie, les rapports de pouvoir, l’économie et le politique. Dans cette histoire de la colonisation du Saguenay–Lac-Saint-Jean, le conférencier a parlé, entre autres, du mode de vie des premiers colons, de la création des premières industries de pâte et papier et de celle de la Pulperie, de l’influence américaine et amérindienne, du colonialisme et, bien sûr, de la langue française que le peuple a su défendre tout au long des décennies.

Cette conférence a non seulement donné l’occasion aux Saguenéen(ne)s d’en apprendre plus sur leur origine, mais elle a aussi permis aux étudiant(e)s et professeur(e)s provenant de l’extérieur du Québec de connaître l’histoire de la population saguenéenne aux côtés de laquelle ils et elles vont passer la semaine. L’expérience de l’Université d’été, qui comprend une visite du site historique de Val Jalbert, de la communauté Ilnue de Mashteuiatsh et une croisière sur le Fjord, devient alors encore plus enrichissante et agréable pour ces visiteurs!

De nombreuses activités ouvertes au public sont prévues cette semaine à l’UQAC.