//Coup de cœur littéraire : La garconnière de Mylène Bouchard

Coup de cœur littéraire : La garconnière de Mylène Bouchard

La chronique de cette semaine porte sur La garçonnière, un roman qui compte parmi mes préférés grâce à son style à la fois sublime et tragique. Mylène Bouchard aborde dans ce roman le sujet des amours impossibles, des amours magnifiques qui ne peuvent exister.

Par Jessica Lavoie

Photo: Joshua Ness/Unsplash

« Une belle nuit, sensuelle, mais contenue. Des forces extérieures empêchaient la relation de s’entrouvrir. De prendre le large. » (Mylène Bouchard, La garçonnière, Saint-Fulgence, La Peuplade, 2009, p. 100)

Née au Lac-Saint-Jean en 1978, Mylène Bouchard est éditrice pour la maison d’édition La Peuplade qu’elle a fondée en 2006 avec Simon Philippe Turcot. Également écrivaine, Mylène Bouchard se fait connaître en 2006 avec son premier roman Ma guerre sera sans toi. Par la suite, elle continue de charmer son lectorat avec La garçonnière, Ciel mon mari (un recueil de fictions) et L’imparfaite amitié, son tout dernier roman paru en janvier 2017. Publié en 2009 et réédité en 2013, La garçonnière raconte l’histoire de Mara et Hubert, deux individus qui s’aiment d’un amour particulier brouillant les limites entre relation amoureuse, amitié et sentiment fraternel. Leur amour indéfinissable, mais puissant, est toutefois voué à l’échec et à l’impossibilité d’exister pleinement. Dans les non-dits, la valse des corps, les mouvements de fuite et de retour, l’espoir, l’indifférence et les incertitudes, se dessine l’histoire de Mara et Hubert, une histoire magnifique, mais désolante.

« Ils s’étaient étreints, longuement. Esquivant le temps. La notion de toutes choses, alentour. Une embrassade hors du monde. C’est la marée montante qui avait mis fin à l’éternité de l’instant. Les pieds mouillés, tout à coup, Hubert et Mara avaient regagné la rive. » (Ibid., p. 103)

L’histoire de Mara et Hubert est celle de la complexité des êtres et de l’amour. Mylène Bouchard rend compte dans ce roman du caractère insaisissable de l’existence. Elle raconte la fragilité des individus, des moments, des instants.

« Mara et Hubert, ce sont deux corps maladroits, quatre mains pleines de pouces, deux corps dont les replis ont été admirés de loin, lorsque l’un finissait par s’assoupir dans la candeur du jour que l’on voulait éternel, sans crépuscule ni nuit. Un jour où il serait à jamais quatre heures de l’après-midi. Ils représentent ce moment exact avant que l’on cogne à la porte, que l’on soit dérangés, envahis, invités quelque part, à sortir, au cinéma, au théâtre, en boîte, pour l’apéro, dans les ruelles de Montréal, la nuit. » (Ibid., p. 72)

Il faut lire La garçonnière pour la profondeur des personnages, la complexité des liens qui les unissent et l’amour, éternel, qu’ils se portent à travers l’étendue de leur vie.

Mylène Bouchard et Simon Philippe Turcot parlent de La Peuplade :

https://www.youtube.com/watch?v=_MgMpOSZSrA