//Résonance des paroles autochtones

Résonance des paroles autochtones

Du 14 au 16 juin 2017 se déroulera à l’UQAC le premier colloque de la Chaire de recherche sur la parole autochtone (CRPA) intitulé Paroles retrouvées – Paroles exhumées. Voix autochtones dans les écrits de la Nouvelle-France. Nous avons parlé à Luc Vaillancourt, titulaire de la CRPA et professeur au Département des arts et lettres de l’UQAC, afin d’en savoir plus.

Par Jessica Lavoie

La femme de lettres Ilnue Marie-Ambrée Gill est de la programmation du colloque Paroles retrouvées – Paroles exhumées. Photo: Sophie Gagnon-Bergeron

La Chaire de recherche sur la parole autochtone, accréditée en septembre 2016 à l’UQAC, est un projet scientifique qui vise à procéder à une archéologie de la parole autochtone des premiers contacts à aujourd’hui. « On a fondé cette chaire pour couvrir cette période, participer non seulement à la restauration, à la revitalisation, mais aussi à la promotion des cultures autochtones et bien sûr de leur parole d’abord et avant tout », soutient Luc Vaillancourt.

Dans cette optique, le premier colloque de la CRPA se veut un lieu d’échanges et de réflexions pour tenter de développer une histoire de la parole autochtone que la population autochtone pourrait faire sienne.

« [O]n aspire idéalement, au terme de cette aventure, au-delà du colloque qui se tient cette semaine, on aspire à évoluer vers une auto-histoire de la parole autochtone où ce sont les Autochtones eux-mêmes qui prennent le relais de cette enquête. »

Plusieurs grands chercheurs de la France, des États-Unis et du Canada prendront part à cet événement qui se tiendra au Pavillon de la culture des peuples autochtones Rio Tinto de l’UQAC. Ouvert au grand public, le colloque se déroulera sous le thème de la Nouvelle-France.

« On a voulu organiser notre premier colloque autour de la Nouvelle-France. […] Il y a des gens très très intéressants et très importants qui viennent nous visiter et on en est très fier. Ce sont des spécialistes qui vont venir nous entretenir de la parole autochtone dans la littérature de contact autant dans des corpus historiques que dans des corpus diplomatiques, des corpus linguistiques également. On entreprend d’exhumer ces paroles, […] de les dégager des parasitages […] pour les restituer dans leur intégralité aux peuples autochtones. »

Luc Vaillancourt décrit le premier colloque de la chaire de recherche qu’il dirige

En plus d’être ouvert au grand public cette semaine, le colloque, présenté en collaboration avec le Centre des Première Nations Nikanite, sera par la suite accessible sous forme de vidéos sur internet. L’accessibilité à l’information est primordiale pour les membres de la CRPA, comme le souligne Luc Vaillancourt :

« On voudrait que la chaire serve de relais à cette parole, de porte-voix, d’amplificateur et pour y arriver ça prend des outils, comme la capture vidéo, par exemple, qui vont nous permettre de diffuser cette parole et ces échanges et ces présentations sur le web au terme de cet exercice. Et rendre le tout accessible aux communautés des premières nations, mais aussi au grand public en général. »

Mikana, un organisme qui vise à créer des ponts entre les communautés Allochtones et Autochtones, figure aussi parmi la liste des invités du colloque.

« On a trouvé leur approche extrêmement dynamique, extrêmement intéressante. On a voulu travailler avec elles (Widia Larivière et Mélanie Lumsden). Elles vont venir rencontrer les chercheurs pour les sensibiliser aux enjeux de la recherche autochtone, aux préjugés auxquels sont confrontés les Autochtones […]. C’est vraiment un partenaire indispensable pour nous. »

Le titulaire de la CRPA ajoute: « Dès le départ c’était important pour nous d’en faire un projet autochtone au sens où ça ne se fait pas sur les Autochtones, mais ça se fait avec, en collaboration, et par des Autochtones. C’est très différent comme perspective. Et ça implique de prendre en compte dès le début le point de vue de l’autre. »

Luc Vaillancourt explique le partenariat avec Mikana

La parole sera également laissée aux artistes autochtones lors de la soirée de poésie qui aura lieu mercredi le 14 juin à 19h au Pavillon de la culture des peuples autochtones Rio Tinto. Le titulaire de la CRPA invite d’ailleurs chaleureusement toute la communauté à prendre part à cette activité qui rassemblera certain.e.s des plus grand.e.s artistes autochtones: le romancier et conteur Michel Noël, les poétesses Marie-Andrée Gill et Manon Nolin, la romancière Marie-Christine Bernard, le poète Charles Sagalane et le chanteur Nimuk Kanapé.

L’organisateur du colloque parle de la soirée de poésie

Écoutez l’entrevue complète avec Luc Vaillancourt