//Décoloniser les esprits avec Mikana

Décoloniser les esprits avec Mikana

Widia Larivière et Mélanie Lumsden, les deux cofondatrices de Mikana, un organisme qui cherche à briser les préjugés envers les Autochtones, étaient de passage à l’UQAC dans le cadre du colloque de la Chaire de recherche sur la parole autochtone qui s’est tenu du 14 au 16 juin 2017. On s’est entretenu avec elles afin d’en apprendre davantage au sujet de Mikana.

Par Jessica Lavoie

Widia Larivière animant l’atelier Mikana lors du colloque de la Chaire de recherche sur la parole autochtone le 15 juin 2017. Photo: Jessica Lavoie/CEUC

Fondé en 2015 à Montréal, Mikana a pour mission de « décoloniser les esprits » et de redéfinir les liens entre Autochtones et Allochtones. L’organisme à but non lucratif a comme volonté d’agir concrètement contre le racisme et la discrimination envers les peuples autochtones.

« On s’est rendu compte qu’il y a avait […] encore des préjugés qui touchaient les peuples autochtones, ça avait des impacts sur les réalités sociaux-économiques des peuples autochtones, par exemple l’accès à l’emploi, au logement. […] On a décidé de créer Mikana pour sensibiliser les différents publics sur les réalités autochtones à travers des ateliers, des conférences, des formations et différents projets collaboratifs avec des organismes qui ont les mêmes valeurs que nous, » mentionne Mélanie Lumsden.

Ces ateliers et ces conférences de sensibilisation sont offerts dans les milieux scolaires, communautaires et professionnels. Depuis la création de l’organisme il y a deux ans, les deux cofondatrices ont d’ailleurs animé plus d’une centaine d’activités dans des écoles secondaires, des cégeps, des universités, des organismes et des entreprises. Widia Larivière précise que les réactions sont nombreuses à la suite de leur passage :

« On rencontre des gens qui viennent nous remercier et même des gens qui, par exemple, apprennent l’existence du régime des pensionnats qui nous disent : ‘‘Je ne peux pas croire que je n’ai jamais appris ça dans les livres d’histoire à l’école, c’est […] aujourd’hui que j’apprends ça!’’ »

En plus de chercher à créer des ponts entre Autochtones et Allochtones, Mikana a aussi comme objectif d’intégrer dans son équipe de jeunes ambassadeurs qui pourront raconter leur vécu et ainsi apporter une nouvelle dimension aux ateliers et aux conférences.

« On a une trame narrative qu’on utilise généralement dans les ateliers Mikana, mais par contre on aimerait impliquer davantage de jeunes autochtones parce qu’on croit que chaque jeune autochtone a son propre vécu, ses expériences personnelles et ses connaissances qui sont enrichissante pour les gens en général, » souligne Mélanie Lumsden.

Widia Larivière ajoute : « On trouve que les témoignages de jeunes engagés ça vient aussi humaniser les enjeux en quelque sorte. Donc avec des jeunes qui partagent des témoignages inspirants, je trouve que ça vient valoriser aussi […] la diversité des voix autochtones. »

Écoutez l’entrevue intégrale avec les deux co-fondatrices de Mikana

Si les Autochtones revendiquent leurs droits depuis déjà plusieurs décennies, les deux cofondatrices s’entendent néanmoins pour dire que leur présence semble plus importante sur la scène socio-politique que par les années passées :

« Dernièrement c’est vrai qu’il y a effectivement eu des événements, je pense, qui sont venus remettre cette question-là à l’ordre du jour, si on pense par exemple à la Commission de vérité et réconciliation, le mouvement Idle No More, tous les débats entourant la question des femmes autochtones disparues ou assassinées qui a mené à une enquête. Je pense que ça a créé cette espèce de mouvement dans lequel justement on voit les Autochtones qui militent pour le respect de leurs droits […]. Il y a certaines personnes qui parlent justement d’une espèce de révolution tranquille autochtone qui a lieu en ce moment, » explique Widia Larivière.

Pour plus de renseignements sur Mikana, visitez leur site internet.