//Coup de cœur littéraire: Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez

Coup de cœur littéraire: Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez

Pour la chronique littéraire de cette semaine, j’ai choisi de vous parler d’un livre absolument incomparable. Il s’agit du roman Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez.

Par Jessica Lavoie

Photo: Fabian Blank/Unsplash

Gabriel García Márquez est un écrivain colombien né en 1927 et décédé à Mexico en 2014. Romancier, nouvelliste, journaliste et homme politique, il reçoit le Prix Nobel de littérature en 1982. Considéré comme l’un des plus grands auteurs du XXe siècle, Márquez se fait connaître à l’international avec la publication de son roman Cent ans de solitude en 1967. Le poète chilien Pablo Neruda soutient d’ailleurs que ce livre est « le plus grand roman écrit en langue espagnole depuis Don Quichotte ».

Ce roman raconte l’histoire de six générations de la famille Buendia dans le village de Macondo. Épopée familiale qui rend compte des guerres et des événements auxquels font face les Buendia, le livre expose aussi leur gloire et leur déchéance. Sur les nombreux membres de cette famille plane la menace d’une prophétie, d’une fin qui tarde à arriver, mais qui n’y manquera certainement pas.

« Il n’y avait, dans le cœur d’un Buendia, nul mystère qu’elle [Pilar Ternera] ne pût pénétrer, dans la mesure où un siècle de cartes et d’expérience lui avait appris que l’histoire de la famille n’était qu’un engrenage d’inévitables répétitions, une roue tournante qui aurait continué à faire des tours jusqu’à l’éternité, n’eût été l’usure progressive et irrémédiable de son axe. » (Gabriel García Márquez, Cent ans de solitude, France, Éditions du Seuil, (coll. « Points »), 1995, p. 440)

Cent ans de solitude se caractérise également par un réalisme magique. En d’autres termes, le roman est d’abord réaliste, mais sa trame narrative est caractérisée par quelques éléments fantastiques et surnaturels décrits comme allant de soi. Ainsi, il semble naturel que certains personnages côtoient des fantômes et que des enfants naissent avec des queues de cochon…

« Une tante d’Ursula, mariée à un oncle de José Arcadio Buendia, eut un fils qui porta toute sa vie des pantalons flottants aux jambes réunies en une seule, et qui mourut, vidé de tout son sang, après quarante-deux ans d’existence dans le plus pur état de virginité, car il était né et avait grandi pourvu d’une queue cartilagineuse en forme de tire-bouchon avec une touffe de poils au bout. Une queue de cochon qu’au grand jamais il ne laissa voir à aucune femme, et qui lui coûta la vie le jour où un ami boucher s’offrit à la lui couper d’un coup de hachoir. » (Ibid., p. 37)

Dans ce roman de solitude à la temporalité cyclique s’illustre toute la beauté de la littérature. Le style parfois passionné, mais toujours contrôlé de Márquez permet à la magie d’opérer. Nous sommes transportés dès les premières pages dans un univers unique, à la fois merveilleux et terriblement réaliste. Un univers auquel on s’attache pendant près de 500 pages, mais qu’on doit se résoudre à accompagner dans sa déchéance et sa destruction.