//La rentrée de la rectrice

La rentrée de la rectrice

Nicole Bouchard a rencontré les représentants des médias mardi matin dans le cadre des activités de la rentrée de l’UQAC. Il s’agissait pour la nouvelle rectrice d’une occasion de rendre compte de son entrée en poste et des dossiers qui l’occupent en ce début d’année.

Par Stéphane Boivin

Nicole Bouchard Photo: Guylain Doyle

Visiblement fébrile en cette première rentrée en tant que cheffe d’établissement, Nicole Bouchard a fait le point sur ses premières semaines à la tête de l’UQAC. « Le cœur de l’université commence à battre quand nos étudiants et les nouveaux professeurs arrivent. (…) Ça nous rappelle que le cœur de notre mission c’est nos étudiantes et nos étudiants. »

Formation de l’équipe de gestion

L’un des premiers objectifs de la rectrice était de monter une nouvelle équipe qui permettrait d’instaurer le changement de culture administrative au sein de l’UQAC. Cet objectif, qu’elle comptait compléter d’ici la fin de l’année, est selon elle déjà rempli à 85%. Une nouvelle équipe que Nicole Bouchard décrit comme équilibrée :

« Je ne croyais pas qu’il nous fallait absolument la parité entre les genres, mais c’est quand même mieux. Je crois profondément à la complémentarité des genres. Ce sont deux premières : une première rectrice mais aussi une première vice-rectrice aux ressources (Martine Rioux). C’est aussi une équipe où il y a un équilibre entre la connaissance du milieu (…) et un regard externe, l’altérité. Celui qui questionne et nous sort de notre zone de confort. C’est une équipe équilibrée avec une expertise et des compétences variées.»

En effet, Martine Rioux et le vice-recteur à l’enseignement, à la recherche et à la création Stéphane Lévesque proviennent tous deux de l’extérieur du réseau de l’Université du Québec.

La situation budgétaire

Alors qu’au printemps dernier l’exercice financier s’avérait périlleux avec un déficit anticipé de plus de deux millions de dollars à la fin de l’année financière, Nicole Bouchard était heureuse d’annoncer que l’UQAC engrange un léger surplus de 111 586$. Ce retournement est dû à l’effort de différents services permettant des économies de 1,4 millions de dollars ainsi qu’à une subvention provinciale inattendue destinée aux institutions régionales à la hauteur de 478 100$

Cet équilibre budgétaire inespéré permet à l’UQAC de recevoir du gouvernement  1,4 millions de dollars en guise de mesure d’assouplissement. Cette somme a permis d’entreprendre des travaux de rénovation et des investissements dans les équipements.

Diversité de la recherche

Nicole Bouchard a insisté sur l’importance de reconnaître la diversité de la recherche. Selon elle, les créneaux de recherche spécifiques à l’UQAC se portent bien, recevant financement et reconnaissance. Le financement global de la recherche à l’UQAC correspond à plus de 14 millions de dollars.

Malgré les contraintes budgétaires au niveau de la gestion, la rectrice souhaite « contrer l’impact, la pression du marché des universités » qui aurait pour conséquence de réduire la mission de l’institution à la seule dimension du marché de l’emploi. Ainsi, les disciplines issues des sciences humaines ou des arts et lettres par exemple, ayant la réputation d’être moins rentables, sont chères à Nicole Bouchard.

« L’aspect économique n’est pas évacué.  Mais ce n’est pas le seul étalon de priorisation. Dans un contexte de rigueur budgétaire, le discours économique devient totalitariste. Nous on souhaite que ce soit au service d’une vision d’équité, d’un décloisonnement de notre vision des départements où l’on est jaugé selon l’argent qu’on rapporte. C’est aussi en fonction de la plus-value de ce qu’on apporte à la région, à la culture, au développement des jeunes. Ils arrivent à une étape de leur vie où tout est à construire. Ce ne sont pas que des têtes que l’on forme. C’est aussi des cœurs, des mains, des gens capables de mettre la main à la pâte dans le monde dans lequel ils vivent. »

Développement durable

Nicole Bouchard souhaite que le développement durable soit une valeur qui traverse l’ensemble des enjeux qui concernent l’UQAC. Cette dimension sera au cœur de la planification stratégique qui s’amorce. Des signes de cette approche sont déjà visibles, par exemple à travers l’implication de l’UQAC dans l’essor du transport en commun au Saguenay.

« Nous passerons de la parole aux actes. Des gestes ont déjà été posés, mais ce n’est qu’un début. Nous aurons des annonces importantes à faire à propos de cette vision d’une université durable. Sans son université, la région aurait connu une toute autre évolution. »

Cette philosophie devrait teinter la tenue d’importants événements au cours de l’année qui commence, dont notamment le Colloque de l’ACFAS en 2018.

L’amélioration de la rétention des étudiant.es dans la région et aux cycles supérieurs, ainsi que le développement d’une offre de formation à distance sont également dans la mire de la nouvelle administration. En ce sens, un spécialiste en pédagogie technologique aurait déjà été embauché pour répondre à cette dimension importante d’une université régionale : l’accessibilité de territoires éloignés à une éducation supérieure.