//La coopération au cœur du développement régional

La coopération au cœur du développement régional

Les valeurs coopératives représentent un antidote efficace à celles d’une économie productiviste à tendance inhumaine. Le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM) tient, ce soir à l’UQAC, une causerie-spectacle afin d’intéresser la communauté étudiante au modèle d’affaire coopératif. Philôme La France, directeur marketing et du développement au Village-Vacances de Petit-Saguenay sera de la partie. Il nous a parlé de l’approche coopérative sur le terrain.

Par Stéphane Boivin

Philôme La France témoignera de son expérience du développement coopératif. Photo: Ève Breton Roy

Trop souvent perçu comme une alternative marginale, comme un parent pauvre du développement économique, le développement coopératif est pourtant bien vivant et actif. Dans la région, on compte plus de 166 entreprises coopératives. Selon le CQCM, ces organisations génèrent plus de 3400 emplois et un chiffre d’affaires supérieur à 600 millions de dollars.

Un modèle qui rejoint les milléniaux

Les valeurs coopératives rejoignent la génération des milléniaux. Avec plus de 25 000 entrepreneurs qui seront bientôt à la recherche d’une relève, on peut penser que le modèle coopératif a de beaux jours devant lui.

 « Dans le modèle coopératif, on cherche à faire des affaires pour d’autres buts que le simple profit. On cherche à faire du développement communautaire, à améliorer les conditions de vie de nos travailleurs, à répondre à des besoins au-delà du simple marché; des besoins sociaux, communautaires. On le fait avec les gens du milieu. C’est une autre approche de l’entreprenariat et du développement local et régional.
– Philôme La France»

Compliquée, la coopération?

On entend souvent de la part d’élus que les consultations ralentissent les projets, complexifient la gestion. Cette perception se vérifie-t-elle?

« C’est une idée partielle de la coopération. Vouloir tout simplifier, opérationnaliser de la façon la plus efficace possible, n’est pas une bonne façon de travailler. Ça amène beaucoup de pression sur les gens et des décisions rapides qui ne sont pas toujours très réfléchies ni en accord avec les besoins de la communauté ou de l’environnement. Je crois qu’ajouter de la complexité dans nos processus de décision, de prendre le temps de consulter, de travailler en concertation et en collégialité amène des avantages certains. »

Notre entrevue avec Philôme La France

Si Philôme La France admet que le modèle coopératif n’est pas toujours facile à appliquer, il constate que le Québec a beaucoup d’histoire au niveau de l’économie sociale. Les exemples ne manquent pas, particulièrement dans des secteurs dits « dévitalisés », où les initiatives de coopération sont venues palier au désengagement du secteur privé ou même de l’état.

« Beaucoup de ces initiatives fonctionnent toujours. Généralement, l’économie sociale a une plus grande pérennité que l’entreprise privée. Quand il y a des coups durs, souvent les entreprises coopératives ont plus de facilité à s’en remettre. On trouve des solutions, on est créatifs et on se mobilise. »

À l’UQAC ce mardi

Philôme La France fait partie des invités de la soirée organisée par le CQCM ce 26 septembre à l’UQAC. Slam poésie, dégustation de bières et de fromages issus de l’économie sociale et témoignages de l’expérience du modèle coopératif sont au programme. Avec cette activité, le CQCM souhaite offrir une réelle expérience coopérative aux forces vives de la société de demain.

Coopératives d’ici : Notre empreinte sur le monde – Mardi 26 septembre 2017 à 16h30 – Local P0-7000