//Leçon de stratégie avec Simon Lafrance

Leçon de stratégie avec Simon Lafrance

Il n’est pas nécessaire d’avoir fait ses études à McGill ou à l’UQAM pour briller à l’étranger. Avec de la volonté, il est tout à fait possible d’atteindre des sommets! Alors que l’on pourrait croire qu’il est peu probable d’accéder à une carrière internationale en ayant obtenu un diplôme d’une université régionale, Simon Lafrance prouve le contraire. Diplômé de l’UQAC en science politique et en gestion des ressources humaines, ce stratège participe aujourd’hui à plusieurs campagnes électorales américaines et sa compagnie STRATEGEUM, dont il est le co-fondateur, est établie sur quatre continents.

Par Jessica Normandin

Simon Lafrance. Photo: Courtoisie
Un passage décisif à l’UQAC

Selon Simon Lafrance, c’est en partie grâce à ses études à l’UQAC qu’il est parvenu à s’impliquer dans des campagnes politiques américaines. N’étant pas originaire de la région, c’est par pur hasard qu’il entame sa scolarité à Chicoutimi. Bien qu’il œuvre déjà dans le sérail politique à ce moment, Simon désire obtenir un diplôme. « J’ai suivi ma blonde qui étudiait ici. Je me suis dit : tant qu’à être là, je vais étudier aussi. » Confie le stratège.

En 2010, il a pour projet d’étudier dans une université du Massachusetts et, en parallèle, de participer à la campagne du gouverneur de l’État, Deval Patrick.  En temps normal, ce cursus devait comprendre un cours universitaire afin d’être considéré comme un projet d’étude. L’étudiant, en raison de particularités administratives, a pu être soustrait de cette obligation. Ce qui lui a permis de se concentrer à plein temps sur la campagne du candidat démocrate Patrick. Simon soutient qu’il n’aurait peut-être pas eu cette opportunité s’il n’avait pas complété ses études à l’UQAC. Afin de mettre à bien son projet, un programme sur mesure a dû être élaboré afin qu’il puisse compenser cette portion académique qui a été écartée de son cheminement. Cependant, ces procédures ne se font qu’en personne, par le biais d’une rencontre, ce qui rend le processus plus difficile dans les universités des grands centres où il est moins aisé d’obtenir un rendez-vous.

« Quand les gens disent : « c’est intéressant! Tu as réussi! Tu perces! Tu fais du travail à l’international même si t’es allé à l’UQAC  » ; C’est faux! C’est parce que je suis allé à l’UQAC, entre autre, que j’ai réussi à le faire. »

Ce passage au Massachussetts marque un tournant décisif pour le stratège à qui l’on avait confié de grandes responsabilités. Il devait diriger la division de segmentation de l’électorat et de mobilisation dans les communautés afro-américaine, latino-américaine, asiatique, LGBT ainsi que chez les jeunes. Cette affectation, qui allait de paires avec les formations dont il était muni, soit la gestion des ressources humaines ainsi que la politique, lui aura servi d’entraînement pour la campagne d’Obama à laquelle il a participé en 2012.

Notre entrevue avec Simon Lafrance

Une compagnie sur les rails depuis 2011

STRATEGEUM voit le jour en 2011, fondé par Simon Lafrance et ses associés Philippe Brisson (géographe) et Martin Maltais (professeur d’université). L’entreprise, qui a pour objectif d’effectuer des analyses de situations à partir de réelles données, se spécialise dans l’élaboration de stratégies qui pourront être déclinées ensuite en communication, en lobbying ou en droit. Monsieur Lafrance rapporte que ces trois branches sont généralement mises à profit dans diverses entreprises. Toutefois, l’étape cruciale de l’analyse, qui devrait toujours être effectuée avant tout le reste, est souvent survolée brièvement et basée sur des intuitions. C’est entre autre pour pallier à ce manque qu’a été créé STRATEGEUM.

Bien implanté dans le domaine, STRATEGEUM œuvre maintenant sur quatre continents : l’Afrique, le Moyen-Orient, L’Europe et l’Amérique du Nord. STRATEGEUM, qui se concentrait au départ sur la sphère politique, a maintenant élargie sa clientèle et travaille auprès de diverses entreprises.

Stratégie de réussite pour les futurs diplômés

Le stratège est conscient des efforts qu’il a dû faire pour en arriver où il est à présent. Lorsqu’on lui demande la meilleure stratégie qu’il pourrait conseiller à un étudiant, sa réponse est catégorique : « Essayez des choses! »

Il précise ensuite sa pensée :

«  Le cursus universitaire est bâti pour que ce soit logique pour l’université. Il n’est pas bâti pour que ce soit nécessairement adapté à chacune des personnes. La façon de l’adapter à votre personnalité est d’essayer des trucs. Essayez de convaincre les professeurs avec qui vous êtes de vous aider dans des projets. Essayez de convaincre l’université de vous aider financièrement quand vous avez des dossiers sur lesquels vous voulez avancer. […]  Si des choses que j’essaie fonctionnent, c’est parce que j’en essaye plus. »

Même s’il semble avoir une carrière construite sur une montagne de réussites, Simon Lafrance admet avoir aussi connu son lot d’échecs. Plus souvent qu’autrement, seuls les projets ayant fonctionné sont visibles. De ce fait, l’illusion d’une carrière sans embûches est créée. Une belle leçon de vie qui nous est prodiguée par ce diplômé : derrière le succès, il y a aussi des revers.

La conférence Trump, des affaires à la politique, leçon de stratégie aura lieu le mercredi 25 octobre dès 19h30 à l’auditorium de l’UQAC (P0-5000). Le prix d’entrée est de 5$ pour les étudiants et de 25$ pour les diplômés et les invités. À noter que le cocktail d’accueil débutera à 18h30 au centre social du Pavillon principal.