//Une approche collaborative en santé

Une approche collaborative en santé

C’est le 27 octobre 2017 qu’a eu lieu la première édition de la Journée de collaboration interprofessionnelle en santé et services sociaux de l’UQAC.  Cette activité, qui a pour but l’apprentissage de la collaboration entre différentes disciplines des domaines de la santé et des sciences sociales, est l’occasion pour les étudiants de ces programmes de discuter ensemble à propos de diverses problématiques.

Photo: Aditya Romansa / Unsplash.com

Par Jessica Normandin

Les étudiants de six disciplines ont été conviés à cette journée : ceux de travail social, psychologie, kinésiologie, médecine, science infirmière et physiothérapie. Ces disciplines gagnent à être appliquées en complémentarité. Une tendance lourde qui est de plus en plus présente dans l’enseignement en santé.

Ce concept, qui existe déjà au sein de quelques universités dont celle de Sherbrooke, répond à une lacune qui avait été identifiée dans les programmes universitaires touchant la santé et les sciences sociales. La collaboration peut être enseignée de plusieurs façons.  Cependant il n’existe que très peu d’études sur la question. De ce fait, il est difficile d’établir quelle est la meilleure méthode pouvant être utilisée. Néanmoins, cela n’aura pas empêché les organisateurs de trouver la façon qui leur semblait la plus appropriée.

Déroulement des ateliers

Les étudiants, qui sont divisés en plusieurs petits groupes, doivent faire l’analyse de deux vignettes (chacune représentant une problématique). Lors de la première vignette, ils doivent principalement réfléchir sur leur manière de fonctionner en groupe. À la fin de cette vignette, ils devront discuter ensemble des points qui ont le mieux fonctionné pour qu’ensuite, à la deuxième vignette, ils puissent être en mesure d’aller plus loin dans leur collaboration. Les étudiants doivent donc travailler ensemble afin de pouvoir trouver une solution aux problèmes posés en fonction des contraintes du milieu.

La première vignette est celle d’une dame âgée vivant seule et qui a des problèmes de santé. De plus, elle a des problèmes avec son garçon. La seconde, qui est plutôt un cas de pédiatrie, concerne l’histoire d’une mère de deux jeunes enfants. Celle-ci a un nouveau conjoint en plus d’avoir un enfant qui montre des problèmes de motricité et de langage.

« Ce sont des exemples très réalistes, très concrets, que l’on rencontre régulièrement dans notre pratique. Ça leur permet vraiment, à partir de leur connaissance et de leur expertise, de travailler déjà en collaboration interprofessionnelle. » Souligne Marie Tremblay, enseignante en science infirmière.

Notre entrevue avec Marie Tremblay et Nathalie Bettez

Point de vue des étudiants

À la fin de l’atelier auquel nous avons pu assister, l’animatrice a recueilli les impressions des quelques étudiants présents autour de la table. C’est dans un climat de convivialité que chacun s’est exprimé. Les commentaires furent généralement positifs. Toutefois, une crainte semblait s’être installé avant la séance chez certains d’entre eux, en particulier chez les étudiants de première année. Étant à leur première session, ces derniers avaient peur de ne pas être à la hauteur face aux étudiants de deuxième, troisième et quatrième années. De ce fait, certains soutiennent que de déplacer l’activité à la session d’hiver pourrait la bonifier. Cependant, malgré ces quelques réticences, tous se sont réjouis ne pas s’être senti inférieurs aux autres. Par ailleurs, Nathalie Bettez explique à ce propos :

« Ce qui est bien aussi, c’est que n’importe qui pourrait participer à ce genre de vignette. On n’a pas besoin d’être expert en médecine ou expert en science infirmière. C’est vraiment de voir une personne et comment on peut outiller la famille ou la personne âgée.

Un travail de collaboration

L’organisation de cette journée est signée par plusieurs professionnels du milieu. Le projet a été soutenu notamment par la haute direction de l’UQAC ainsi que par le département des communications. De plus, le Programme de formation médicale à Saguenay a également aidé à la mise en place de cette journée.

En tout, cette première édition a compté 31 facilitateurs afin d’animer les ateliers et plus de 200 étudiants y ont été conviés. Parmi les facilitateurs, certains sont des professeurs des différentes disciplines, mais il y a également des responsables de laboratoire, des coordonnatrices modulaires ainsi que des étudiants au doctorat en psychologie.

« Les gens qui animent ces ateliers-là, ce sont des gens qui sont venus bénévolement, qui croient à cette activité et qui ont accepté de diriger un groupe. » Souligne Marie Tremblay.  De plus, sa collègue Nathalie Bettez, du département de médecine, ajoute :  « Ces professeurs-là ne savaient pas dans quoi ils s’embarquaient! Ils se sont prêtés au jeu, et là ils vivent l’expérience pour la première fois, donc on espère que ça va créer un effet boule de neige et qu’on va avoir les mêmes facilitateurs l’an prochain, voir même des nouveaux. »