//En voyage avec Super Mario Odyssey

En voyage avec Super Mario Odyssey

Annoncé lors de la présentation de la Nintendo Switch en janvier dernier, Super Mario Odyssey s’annonçait déjà comme un jeu plein de promesses. Depuis le 27 octobre, ce nouvel opus tant attendu se laisse enfin découvrir. Une fois de plus, la firme japonaise montre son savoir-faire dans le domaine vidéoludique en pondant un chef-d’œuvre qui marquera sans doute les esprits.

Par Jessica Normandin

Une expérience de jeu inédite sur un fond classique

Nous y sommes maintenant habitués : Bowser a, pour une énième fois, capturé la princesse Peach. Il a cependant cette fois-ci un but bien précis : lui passer la bague au doigt! C’est donc à bord d’un vaisseau nommé l’Odyssée que Mario parcourra le monde afin d’empêcher cette union pour le moins absurde. Bien que le scénario soit assez classique, l’expérience de jeu n’en reste pas moins rafraîchissante.

Ce qui retiendra en premier notre attention dans cet opus est très certainement le nouveau compagnon de Mario, un chapeau baptisé Cappy, qui remplace la traditionnelle casquette qu’il a pour habitude de porter.  Grâce à ce nouvel ami, Mario aura accès à une panoplie d’actions inédites, donnant une variété de gameplays au jeu. Il pourra par exemple lancer son chapeau afin de l’utiliser comme plateforme pour atteindre des zones inaccessibles. Mais, surtout, il pourra prendre possession du corps de certains ennemis ou de certains personnages si ceux-ci ne portent pas de couvre-chef. Chaque transformation possède ses propres spécificités, un peu à la manière des costumes disséminés dans les blocs des précédents volets. Et c’est là que l’on voit l’effort d’innovation par rapport aux autres volets de la franchise, où nous n’avions que quelques costumes. Notre protagoniste aura cette fois-ci accès à 52 transformations.

Une difficulté presque absente

Depuis plusieurs années maintenant, on remarque que la difficulté dans les jeux vidéo tend à diminuer. C’est malheureusement le cas de ce Mario, où nous pouvons noter une courbe de difficulté presqu’inexistante. Les niveaux, en ligne droite, se font à une vitesse fulgurante et il est à peine exagéré de dire que l’on peut affronter les boss avec une main dans le dos. Lors de combats nous opposant aux Broodals, une bande de lapins aidant Bowser dans les préparatifs de son mariage, la facilité est ahurissante et on ne peut que souligner la répétitivité de ces affrontements.

Cependant, ces sbires mis à part, d’autres boss, malgré leur facilité, méritent une mention d’honneur. Ces derniers ne manquent pas d’ingéniosité et mettent à profit les différents gameplays apportés par le jeu. À titre d’exemple, nous pourrions citer l’un des tous premiers boss. Avec l’aide de Cappy, nous devons prendre possession de l’une de ses mains afin de le frapper.

Heureusement, le jeu se complexifie grâce à la recherche des lunes éparpillées à travers les divers mondes. Bien que certaines soient très faciles à trouver, la plupart sont bien cachées et demanderont un bon sens de l’observation. Un monde à lui seul peut en compter plus d’une soixantaine, sans compter toutes celles qui se déverrouillent après la fin du jeu. En somme, il nous faudra trouver des centaines de lunes si l’on espère terminer le jeu à 100%.

Une durée de vie honnête

Bien que la trame principale se termine assez rapidement, il faut compter plusieurs dizaines d’heure pour terminer le jeu dans son entièreté. À la manière d’un Mario 64 ou d’un Mario Sunshine, le joueur évoluera dans des mondes ouverts qu’il devra explorer de fond en comble afin d’y collecter des lunes et des pièces. Après avoir affronté le boss final, de nouvelles lunes apparaîtront dans les précédents mondes déjà explorés et de nouveaux mondes seront à découvrir. Bref, on se rend vite compte que la fin du jeu n’est en fait qu’un nouveau départ.

Une direction artistique impeccable

Dès la première bande-annonce de Super Mario Odyssey, les joueurs ont été happés par un environnement auquel ils n’avaient jamais été habitués dans la série : la ville. Il est en effet curieux de voir le plombier évoluer dans un centre-ville rempli de voitures, de gratte-ciels, mais surtout de personnages ayant une apparence des plus normales.

À ce moment, on ne peut que remarquer à quel point notre personnage contraste avec ce qui l’entoure. Bref, nous sentons que Mario n’appartient pas à ce monde. Pourtant, même si l’on pourrait croire que cette démarcation constitue un défaut, on constate qu’elle vient en fait renforcer cette idée d’épopée que nous propose le jeu. Dans Super Mario Odyssey, on a vraiment l’impression de voyager dans des contrées éloignées et d’y découvrir de nouvelles cultures.

En dehors de cette ville, les autres environnements se marient davantage à l’univers habituel de Mario. Toutefois, nous n’avons pas d’impression de déjà-vu par rapport au reste de la série. Chaque monde est original et empreint d’une ambiance envoûtante qui donne envie de les visiter de fond en comble.

Le gyroscope : un obstacle à l’aspect portatif du jeu?

Bien que le jeu soit excellent, un seul point négatif se démarque vraiment du lot : les contrôles. Non pas que la maniabilité soit mauvaise, au contraire. C’est plutôt l’utilisation du gyroscope qui pourra faire grincer les dents de certains. Certains mouvements, nécessaires pour l’obtention de certaines lunes, ne se font que grâce à la fonction gyroscopique ; par exemple, secouer un joy-con lors d’un saut permet de sauter plus haut. Or, il est beaucoup plus aisé d’utiliser le gyroscope si l’on joue avec les joy-cons séparés. C’est d’ailleurs ce que nous conseille le jeu au moment du démarrage.

Loin de poser problème lors d’une session de jeu sur un téléviseur, c’est plutôt l’expérience nomade qui s’en retrouve désavantagée puisqu’il est déconseillé de jouer avec les joy-cons attachés à l’écran.

La Nintendo Switch est une console hybride, mettant de l’avant le mariage entre une plateforme de salon et un appareil portable. De ce fait, il est plutôt dommage de constater que l’un de ses titres phares néglige l’un de concepts essentiels de la console dont il est une exclusivité. Évidemment, il est tout à fait possible de poser l’écran de la console sur une table et de détacher les joy-cons. Cependant, dans un contexte moins confortable comme un transport en commun, cela devient plus compliqué. Malgré ce petit bémol, il faut  tout de même reconnaître que contrairement à d’autres jeux où la fonction gyroscopique est assez hasardeuse, celle de Super Mario Odyssey est facile à prendre en main et très intuitive.

Outre ce problème de joy-con, nous pouvons également noter quelques soucis de caméra et de profondeur. Il arrive souvent que l’on ait du mal à définir les distances réelles qui séparent le personnage des éléments du décor ou des ennemis, ce qui peut provoquer des situations frustrantes pour le joueur. De plus, à l’occasion, le jeu perd de sa fluidité. Heureusement, ces baisses de framerate ne sont pas très fréquentes et ne ruinent pas l’expérience de jeu.

Un pari réussi

Somme toute, Super Mario Odyssey, malgré ses quelques soucis techniques, amène un vent de fraîcheur que nous n’avions plus eu depuis Super Mario Galaxy. Il s’agit là d’une épopée grandiose, d’une invitation au voyage et à la découverte. On ne peut que se réjouir de voir un titre aussi long et prenant débarquer sur la nouvelle console de la firme, qui voit son catalogue s’étoffer au fil des mois. On espère toutefois que Nintendo, dans les jeux à venir, saura mettre à profit l’utilisation du gyroscope sans pour autant brimer l’expérience de jeu en mode portable.