//Un « Accès libre » aux transports en commun à l’UQAC

Un « Accès libre » aux transports en commun à l’UQAC

Le projet Accès libre est l’une des mesures engagées pour améliorer l’accessibilité et l’efficacité du transport en commun au Saguenay. Initié par la Société de transport du Saguenay (STS), qui a entamé une modernisation en profondeur de ses services, le projet a interpellé MAGE-UQAC. Accès libre pourrait bien changer profondément la perception et les habitudes d’utilisation du transport en commun au Saguenay.

Par Stéphane Boivin

Favoriser l’accessibilité aux transports

L’accessibilité évoque immédiatement la question des tarifs. C’est en tout cas l’un des faits saillants du projet dont Accès libre est le nom de travail. Dans sa forme actuelle, le projet reposerait sur un prélèvement d’une quarantaine de dollars par session sur la facture d’inscription à l’UQAC.

En échange de ce montant, l’ensemble de la communauté étudiante aurait un accès universel à des transports en commun améliorés, à des vélos en libre-service ainsi qu’à la location de voitures électriques.

Le montant avancé est des plus avantageux si on le compare aux tarifs actuels : un laissez-passer mensuel de tarif étudiant coûte actuellement cinquante-cinq dollars.

Vice-président aux affaires institutionnelles à MAGE-UQAC, Simon Trépanier ne croit pas que ce mode de tarification universelle poussera la communauté à abandonner la voiture. Mais il fait valoir que le montant de quarante dollars serait vite profitable, même pour les conducteurs et conductrices :

« Pour ceux dont c’est critique de prendre le transport en commun, ça va rendre la vie incroyablement plus facile. Pour ceux qui ont une voiture, nous on propose de le voir comme un certain changement dans les habitudes de vie; le prendre quand il y a une tempête de neige, quand la voiture est brisée. Si on calcule le prix d’un taxi, on rentre vite dans nos frais avec quarante dollars. »

Accès libre et l’UQAC

MAGE-UQAC s’implique depuis un an dans le développement d’Accès libre. Le projet répond à plusieurs positions de l’association, notamment en ce qui a trait aux saines habitudes de vie et à l’environnement.

Le printemps dernier, un sondage effectué par l’association auprès de ses membres avait révélé que 67,35% des sondés trouvaient acceptable de débourser une quarantaine de dollars par session pour un accès illimité aux transports en commun. Par ailleurs, 72,14% des répondants affirmaient que dans de telles mesures, ils utiliseraient les transports en commun fréquemment ou à l’occasion.

Un projet global

Mais il ne suffit pas de baisser les tarifs pour améliorer les services. La Société de transport du Saguenay (STS) a entrepris de moderniser ses services et de les adapter à la clientèle actuelle.

Cette révision passe aussi par l’implantation de nouveaux pôles dans le réseau. Le projet s’organise autour des grands générateurs d’emplois et de déplacements : institutions de santé ou scolaires, centres commerciaux, lieux de rassemblement populaires.

Accès libre implique donc une refonte des trajets de la STS, qui doivent gagner en efficacité. Des lignes plus directes, une fréquence améliorée, le tout davantage orienté sur les besoins réels, devraient apparaître progressivement. On pourrait voir ces changements s’entamer dès le printemps prochain.

Le terminal temporaire, installé cet automne dans le stationnement du Pavillon principal de l’UQAC, est un premier jalon en ce sens. À terme, on devrait voir apparaître sur le campus, d’ici 2019, une Station UQAC. Celle-ci deviendrait un point névralgique de la réorganisation du réseau. Les plans de cette station devraient être rendus publics au printemps.

Étapes de la réalisation du projet

Lors du Conseil central du 16 novembre, MAGE-UQAC a déposé un avis de motion plaçant le cadre d’une consultation référendaire à propos du prélèvement de quarante dollars. Cette procédure, qui sera soumise à adoption en décembre, déclencherait un référendum prévu pour février 2018.

Parallèlement, la STS effectuera une étude d’impact d’une voie réservée sur le boulevard Talbot au printemps prochain et proposera de nouveaux trajets linéaires en avril.

L’enjeu du transport

Le transport collectif est l’objet de beaucoup d’attention par les temps qui courent, notamment au palier municipal. Cet enjeu s’est imposé dans plusieurs campagnes électorales municipales dans les derniers mois. C’est la première fois que l’on voit ce sujet prendre autant de place, que ce soit dans les grands centres ou en région.

Les transports collectif et actif influent sur nombre d’enjeux cruciaux pour le développement urbain: l’urbanisme, les saines habitudes de vie et l’environnement en sont les dimensions les plus évidentes.

Rendre le transport collectif plus avantageux que « l’auto solo » est sans doute le plus important défi que devront relever les partenaires du projet Accès libre.

Pour Simon Trépanier, le projet est l’occasion pour la communauté universitaire de faire preuve de leadership au cœur d’enjeux importants :

« On emboîte le pas pour montrer aux autres entreprises et aux autres établissements d’enseignement que l’UQAC est un leader, qu’on croit en ce projet-là. »