//L’UQAC au cœur du projet Accès libre de la STS

L’UQAC au cœur du projet Accès libre de la STS

Le lancement officiel d’Accès libre a eu lieu mercredi au Pavillon sportif de l’UQAC. L’événement a rassemblé les partenaires porteurs de cet ambitieux projet de mobilité urbaine, soit la Société de transport du Saguenay (STS), l’Université du Québec à Chicoutimi, le MAGE-UQAC ainsi que la Ville de Saguenay. À terme, Accès libre fera du campus de Chicoutimi un point névralgique de la réorganisation des transports en commun au Saguenay.

Par Stéphane Boivin

Marc Pettersen, président de la STS, Josée Néron, mairesse de Saguenay, Jean-Luc Roberge, directeur de la STS, Matthieu Cox, président du MAGE-UQAC et Nicole Bouchard, rectrice de l’UQAC. Photo: CEUC

Dans l’édition de décembre du Griffonnier, ainsi que sur CEUC.ca, nous vous avions présenté les grandes lignes de ce projet qui est en gestation depuis plus d’un an. Le lancement officiel d’Accès libre en ce mois de janvier a apporté quelques précisions.

L’événement a également permis d’attirer l’attention du grand public et de marquer le début d’une période de consultation de la communauté étudiante. En effet, celle-ci sera appelée à se prononcer, du cinq au seize février prochains, sur l’établissement d’un frais institutionnel obligatoire (FIO) de quarante dollars par session. Cette cotisation offrirait un accès universel à des transports en commun améliorés ainsi qu’à des moyens de transport actif.

Cinq grands axes

Accès libre se présente aujourd’hui à travers cinq initiatives. Chacune marque un grand changement de cap pour la STS, dont les services avaient peu évolué au cours des dernières décennies. Premièrement, la STS mettra sur pied un nouveau système de trajets autour d’un axe s’articulant le long du boulevard Talbot et incluant plusieurs pôles importants d’emplois et d’éducation. En heure de pointe, le long de ce corridor, le service sera offert à toutes les dix à quinze minutes, comparativement à trente minutes actuellement.

Le campus de l’UQAC hébergera une nouvelle station multimodale qui sera au cœur de ce nouveau corridor. On y trouvera une quinzaine de vélos électriques en libre-service en plus de trois voitures électriques en libre partage qui seront aussi basées à cette station. La nature, l’emplacement sur le campus et l’apparence de la station restent à préciser. La STS veut en faire un lieu social au-delà de sa simple fonction.

Des stationnements incitatifs seront établis dans des lieux stratégiques dans chacun des arrondissements de Saguenay. Le premier d’entre eux sera localisé sur le Boulevard Talbot, près de l’intersection avec l’autoroute qui relie les arrondissements.

Enfin, en plus de la possibilité d’un accès universel offert à la communauté étudiante, Accès libre proposera des navettes gratuites lors de partys universitaires du jeudi.

Un financement assuré

Le lancement de cette semaine vient confirmer la solidité de ce projet. Le président de la STS, Jean-Luc Roberge, a précisé que l’adhésion de la communauté étudiante lors du référendum sur le FIO n’est pas une condition à la réalisation d’Accès libre. Au niveau des infrastructures, le projet se concrétisera donc quelle que soit la décision des étudiantes et étudiants de l’UQAC. Accès libre est en effet déjà financé à raison de 85% par des mesures gouvernementales visant à encourager ce type d’investissement. Le projet global nécessitera des investissements de sept millions de dollars.

Seul.es les étudiant.es fréquentant le campus de Chicoutimi seraient appelés à débourser les quarante dollars par session. Le projet exclu les inscrit.es aux centres hors-campus comme le Pavillon Alouette de Sept-Îles ou l’École NAD de Montréal. On estime donc à environ 5000 étudiant.es concernés par la consultation, et à 200 000$ la somme recueillie par la STS par session.

Selon monsieur Roberge, cette somme n’est pas nécessaire à la viabilité d’Accès libre. Elle servirait plutôt à développer des approches et à bonifier les services en fonction des besoins des utilisateurs.

« Si nous n’avons pas ces sommes, le projet continue, c’est prévu dans les budgets de la STS. Ce projet-là ne peut pas être déficitaire. Les investissements en infrastructures ne sont pas liés aux quarante dollars que les étudiants verseraient. »

L’importance du vote à l’UQAC

Il est donc acquis que la STS entreprend avec Accès libre une refonte de sa philosophie et de ses infrastructures. Il s’agit, pour la Société et ses partenaires, d’initier un changement à long terme dans les habitudes des citoyens, de montrer la voie vers un développement durable et moins orienté vers l’automobile.

Si l’adhésion de la communauté étudiante n’est pas vitale, elle permettrait de montrer l’exemple à l’ensemble de la population. La clientèle étudiante et celle des personnes âgées sont les principales utilisatrices des transports en communs. Les partenaires prennent le pari que la fréquentation des services de la STS augmenterait, même si aucun objectif précis n’a été fixé en ce sens.

Matthieu Cox et Jean-Luc Roberge ont répondu aux questions des journalistes. Photo: CEUC

Du côté du MAGE-UQAC, on croit qu’une réponse positive à la consultation de février placerait la communauté étudiante au centre de ce projet de société, comme l’affirme Matthieu Cox, président de l’association :

« Les étudiants et les étudiantes sont des acteurs de changement. Ils sont souvent au front pour apporter et appuyer des projets visant à mener de l’avant notre société. Nous nous devons d’être un levier de changement, d’être un exemple pour d’autres qui, par la suite, suivront nos traces. »

L’Association fait valoir que ce frais obligatoire sera avantageux même pour ceux et celles qui possèdent un véhicule. L’accès universel pourrait éviter des frais de stationnement, les trajets en taxi lors de soirs de fête ou encore le temps perdu dans les bouchons de circulation. Sans compter l’opportunité de poser quotidiennement des gestes concrets au niveau environnemental.

Pour la rectrice Nicole Bouchard, il n’est pas question d’appliquer de mesures de coercition pour pousser la communauté étudiante à accepter de participer au projet.

« Ce projet est d’abord un projet d’éducation, donc il n’y aura pas de coercition. On va y aller par les convictions et les valeurs partagées. Et je pense que c’est la meilleure façon d’y arriver. »