//Quarante dollars, est-ce réellement trop cher ?

Quarante dollars, est-ce réellement trop cher ?

Depuis un an, le MAGE-UQAC travaille à instaurer un nouveau frais institutionnel obligatoire (FIO) pour le transport en commun. Pourquoi ?

Par Adrien Guibert-Barthez – Collaboration spéciale
Adrien Guibert-Barthez est étudiant à l’UQAC et impliqué dans le comité du OUI en vue de  la consultation sur le frais institutionnel obligatoire relatif au projet Accès libre. Il a été membre de l’exécutif du MAGE-UQAC en 2016-2017. 

Depuis un an, le MAGE-UQAC travaille à instaurer un nouveau frais institutionnel obligatoire (FIO) pour le transport en commun. Pourquoi ?

En tant qu’étudiant, on se rend compte que le mois d’avril était le mois le plus difficile financièrement étant donné qu’on avait grugé tous nos revenus de l’été passé et que les prêts et bourses nous donnent toujours beaucoup moins en fin de session.

Puis, quand on regarde nos dépenses, on remarque que notre voiture nous a coûté quand même pas mal l’année passée. Ça a beau être une Tercel 1998 bleu poudre, les plaques nous coûtent 221$, le permis 83$, l’essence 1650$[1], le changement de pneus et d’huile, les réparations, les assurances, notre contravention sur la rue des Étudiants ou la vignette de stationnement (212$). Bref, vous aurez compris que ça coûte cher.

Loin de moi l’idée de brûler nos chars. Aucun autobus ne fait l’Ascension-de-notre-Seigneur à Chicoutimi les mardis matin. Sauf que rien ne nous empêche de moins utiliser nos voitures.

Disons que t’as un véhicule. Avec Accès Libre, tu vas clairement pouvoir le laisser dans ton entrée les jours de semaine, t’évitant ainsi les frais de stationnement (ou les contraventions) et une bonne partie de l’essence. Ça t’évite de déneiger ton char le matin, de gratter tes vitres (à l’extérieur et à l’intérieur!) ou de tourner en rond dans le stationnement P1.

Au retour, il est possible que tu doives attendre au centre social un peu plus longtemps que si t’étais arrivé en voiture, mais ça va aussi te permettre de rencontrer plus de gens à l’extérieur des cours, même si c’est juste pour vingt minutes (quitte à finalement rester au Baruqac jusqu’à deux heures du matin, debout sur une chaise à faire Saxoman).

Le plus beau dans tout ça? Tu peux même revenir en autobus au lieu de conduire un peu chaud en char (illégal, mais peu coûteux tant que tu ne te fais pas prendre) ou en taxi (légal, mais nettement plus cher).

Au final, ce sera un peu comme une assurance. Une assurance si ton véhicule ne démarre pas le matin ou si tu veux prendre un verre et ne pas conduire.

Si tu vis à l’extérieur de Chicoutimi, tu laisses ton char aux terminus de Jonquière ou La Baie et tu prends le bus, te sauvant du stress de conduite, des frais d’essence et la vignette de stationnement (ou toujours les **** de tickets sur la rue des Étudiants). Pour arriver avant le cours de huit heures, à partir de La Baie ça prend entre vingt-six et trente-deux minutes. À partir de Jonquière, ça prend de vingt-deux (Terminus Ste-Thérèse) à trente-six minutes (terminus Jonquière). Ça, ce sont les chiffres actuels, qui ne vont que s’améliorer avec Accès Libre.

Tu n’as pas de véhicule et tu prends déjà l’autobus ?

Il n’y a évidemment que du positif pour toi dans Accès libre. Le laissez-passer mensuel de la STS coûte en ce moment soixante-six dollars par mois, soit deux-cents-soixante-quatre dollars par session. Avec ce projet, le prix serait réduit à quarante dollars et il y aurait un meilleur réseau (lignes droites plutôt qu’en cercle et une plus grande fréquence).

Tu ne fais que marcher à Chicoutimi ?

J’en doute. En particulier si t’es aux résidences et que tu dois marcher pour faire l’épicerie. Marcher dans Chicoutimi est très difficile en raison du mauvais déneigement des trottoirs (lorsqu’il y en a), des quartiers mal conçus pour les piétons et du manque dangereux de traverses piétonnières.

Pour finir, il faut aussi penser au message qui sera envoyé dans le cas où le Oui serait gagnant. En disant oui, nous disons au gouvernement que nous voulons davantage de transport collectif et actif.

Bref…

[1] Calculé selon une distance annuelle moyenne de 14 300km X 9,8L/100km X 1,18$ (http://oee.nrcan.gc.ca/publications/statistiques/evc08/chapitre2.cfm?attr=0)