//Trésors en pixel : Undertale

Trésors en pixel : Undertale

Pour inaugurer cette toute nouvelle chronique, qui traitera principalement de mes coups de cœur vidéoludiques, j’ai décidé de vous parler d’un jeu que j’ai découvert durant les Fêtes : Undertale. Il s’agit d’un jeu qui, dès les premières heures, m’a laissé une impression bien forte.

Par Jessica Normandin

Undertale, Toby Fox

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de cette perle rare émergeant des tréfonds de la production indépendante. Bien que les différentes bandes annonces du jeu semblent le vendre comme étant un RPG classique se déroulant dans un univers mignon, la réalité est tout autre. Nous sommes plutôt projetés au cœur d’une histoire sombre nous confrontant à nos propres habitudes de joueurs.

Une histoire et des personnages bien construits

Undertale tire principalement sa force de son scénario. Malgré les surprises qu’elle nous réserve, l’histoire est à la base assez simple : Suite à une guerre opposant les humains aux monstres, ces derniers se retrouvent scellés sous terre, un monde que l’on appelle l’Underground. Votre personnage, un enfant dont le sexe est indéfini, se retrouve coincé dans ce lieu après être tombé dans une crevasse. Le but : trouver un moyen de remonter à la surface. Pour ce faire, vous devrez soit éliminer vos adversaires, soit sympathiser avec eux.

Il existe plusieurs fins au jeu : celle-ci dépendra des choix fait lors des combats. Chaque ennemi peut être tué ou épargné. Évidemment, épargner un ennemi ne se fait pas en un claquement de doigts. Outre le fait d’attaquer, le joueur peut discuter avec l’ennemi ou poser certaines actions afin de le dissuader de combattre. Par ailleurs, même si les combats se font au tour par tour, ceux-ci ne manque pas de dynamisme : il faut faire preuve de minutie afin d’éviter les attaques de l’adversaire au risque de passer un mauvais quart d’heure.

Bien qu’il puisse sembler amusant d’éliminer ses ennemis pour les plus sadiques d’entre nous, cela ne s’avère pas toujours aussi évident qu’on le croit. La raison étant que les dits «ennemis» sont terriblement attachants! Originaux et dotés d’un sens de l’humour bien dosé, certains d’entre eux parviendront à refréner vos envies meurtrières malgré leur hostilité. D’ailleurs, chacun d’entre eux sait nous entraîner dans des situations des plus loufoques, devant lesquelles nous n’avons aucuns repères.

De plus, certains personnages se feront un malin plaisir de souligner les mauvaises actions que l’on commet et ce, de façon parfois assez inattendue. D’ailleurs, il faut faire attention à ce que l’on fait lors d’une partie : le jeu se souvient d’absolument tout!

Briser les conventions

Bien que le jeu vidéo ait beaucoup  évolué au fil du temps, plusieurs conventions persistent, profondément ancrées dans l’âme des joueurs. Les créateurs d’Undertale sont parfaitement conscients de ces valeurs intouchables et s’en amusent avec une précision déconcertante.

Certaines situations universelles à chaque jeu prennent des tournures que l’on n’aurait pas soupçonnées au départ. Par exemple, ce qui semble être un tutoriel banal visant à expliquer les mécanismes du jeu au joueur peut en fait s’avérer être un piège à son encontre.

Bref, suite à ce genre de sournoiseries, on devient vite plus méfiant envers ce jeu qui semble avoir une capacité à anticiper les décisions que l’on prendra. Toutefois, contrairement à certains jeux comme I wanna be the guy, réputé pour avoir des pièges sadiques, Undertale trompe les joueurs de manière humoristique, intelligente, mais surtout, dans la plupart des cas, non punitive. Ce qui ne rend pas le jeu frustrant.

Malheureusement, il est difficile de présenter un chef d’œuvre comme celui-ci sans commettre la terrible erreur de trop en dire, ce qui serait plutôt fâcheux : Undertale est un jeu qui doit avant tout être découvert par le joueur.