//Et si on votait non?

Et si on votait non?

Quelles seraient les conséquences d’une réponse négative au référendum au sujet d’Accès libre?

Par Adrien Guibert-Barthez – Collaboration spéciale
Adrien Guibert-Barthez est étudiant à l’UQAC et impliqué dans le comité du OUI en vue de la consultation sur le frais institutionnel obligatoire relatif au projet Accès libre. Il a été membre de l’exécutif du MAGE-UQAC en 2016-2017. 

Les défenseurs du droit à l’auto-solo seront évidemment satisfaits dans l’immédiat, mais à terme, le seront-ils vraiment ? Un « non » à Accès Libre signifierait plus de congestion et davantage d’émission de gaz à effet de serre. Sans compter plus de problèmes pour la société (dont des problèmes de santé physiques et mentales, une augmentation des coûts de transport, etc.), pour l’UQAC et même pour les automobilistes !

Photo: Scott Webb / Unsplash.com

L’argument principal des personnes s’opposant au projet est qu’ils n’ont pas à payer pour ceux qui prennent l’autobus. Peut-être. C’est effectivement une façon de le voir qui peut se défendre et qui s’inscrit  dans la logique du libéralisme et de l’individualisme.

Le problème, c’est que les personnes qui prennent l’autobus ne prennent pas leur voiture, ne congestionnent pas les rues, n’utilisent pas de stationnement, coûteraient six fois moins cher[1] à la société en plus de réduire leur impact sur le réchauffement climatique.

Source: Equiterre

Si on appliquait la logique de l’utilisateur-payeur à l’automobile, les dépenses des conducteurs pourraient très fortement augmenter. Selon une autre étude, les automobilistes ne paieraient en fait que 33% du coût total de l’utilisation de leur voiture.

« L’idée reçue selon laquelle les frais des utilisateurs, tels les taxes sur l’essence et les frais d’immatriculation, suffiraient à financer le réseau est erronée. Peu importe que vous soyez piéton, cycliste ou automobiliste, chaque famille de quatre personnes au Québec assume 6900 $ par année en dépenses publiques pour le transport automobile », soutient Philippe Cousineau Morin.[2] Toujours tenté par le principe de l’utilisateur-payeur?

Un autre argument amené par les opposants au projet est la réduction des places de stationnement dû à la construction de la station d’autobus. Cet argument encore une fois est vrai, mais témoigne d’une vision à très court terme. Avec l’augmentation de l’offre de transport, une hausse de l’utilisation des transports collectifs et actifs va nécessairement réduire le nombre de voitures venant à l’UQAC et permettre un désengorgement du stationnement. Cette baisse pourrait même se faire ressentir dès la première année de l’instauration d’Accès Libre si l’on se fie à ce qui s’est passé à Sherbrooke.[3]

La proposition de l’UQAC de réduire le prix de la vignette de stationnement en cas d’un verdict positif n’est pas anodine. Si moins de gens viennent en voiture, l’UQAC n’aura pas besoin dans 5 ou 10 ans de payer davantage pour construire et entretenir des stationnements supplémentaires.

Selon la politique gouvernementale d’aujourd’hui, vous pouvez vous attendre à ce que les universités refilent la facture aux étudiants et non au gouvernement. Dans un monde idéal, l’UQAC pourrait même réduire son nombre de place si le nombre de voiture diminue suffisamment. À l’échelle de la ville, on peut appliquer cette même logique et espérer voir les dépenses en infrastructures baisser à plus long terme.

L’UQAC n’est pas le seul établissement à chercher des solutions au problème de stationnement. C’est un problème croissant à Chicoutimi et un véritable trou financier. La direction de l’hôpital de Chicoutimi faisait part, déjà en 2010, que le problème s’imposait depuis plusieurs années.[4]

[1] Voir graphique ci-contre.

[2] https://trajectoire.quebec/communique/avis-medias-couts-du-systeme-de-transport-auto

[3] Voir le texte précédent à ce sujet : Accès libre: Sherbrooke et le cercle vertueux

[4] https://www.lequotidien.com/archives/precieuses-les-vignettes-de-stationnement-a-lhopital-de-chicoutimi-f2bb91c2dd5b31aa0208e2f1f1b68d9c